Hôpital de Maria
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Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine: le directeur de la santé publique encore inquiet quant à la chasse

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
MARIA – Le directeur de la santé publique en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, le docteur Yv Bonnier-Viger, exprime encore une inquiétude assez vive quant aux conséquences que pourrait avoir au cours des prochains jours la chasse à l’orignal sur l’incidence de COVID-19 dans la région

Cette chasse est ouverte depuis le début de septembre sur certains territoires gaspésiens mais c’est l’intensification de l’activité en zone publique libre, en vertu de l’ouverture de la saison de prélèvement à la carabine, depuis le 17 octobre, qui maintient l’inquiétude du docteur Bonnier-Viger, insiste-t-il.

«On a des groupes qui se sont communiqués le virus dans des fêtes ou dans des camps de chasse (…) On espère que ça n’arrivera pas trop. C’est vrai que le virus les accompagne jusque dans le fond des bois», indique le médecin, qui souhaite que les chasseurs appliquent un resserrement des mesures de précaution entre maintenant et dimanche, fin de la saison de chasse à l’orignal.

D’autre part, la directrice des soins infirmiers au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, Johanne Méthot, précise que 150 employés de l’hôpital de Gaspé ont subi des tests de dépistage depuis l’éclosion de COVID-19 confirmée dans cet établissement le 20 octobre.

«Il y a aussi eu un resserrement des normes et l’entrée en fonction d’une infirmière en contrôle des infections» indique Mme Méthot pour donner une idée des mesures supplémentaires instaurées pour contrôler cette éclosion qui touche pour le moment moins de cinq employés et moins de cinq patients.

La Direction de la santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine rapporte 22 nouveaux cas d’infection à la COVID-19 jeudi, un autre total élevé après les 24 cas de mercredi. Tous les cas sont situés dans la péninsule. Ces deux journées chargées suivaient pourtant huit jours au cours desquels le bilan était intérieur à 17 cas, et une fois aussi bas que six.

Comme c’est le cas presque tous les jours depuis deux semaines, c’est la MRC de Bonaventure qui écope le plus, avec 15 des 22 cas. Cinq autres cas sont localisés dans la MRC du Rocher-Percé et deux, dans la MRC de la Côte-de-Gaspé.

Le docteur Bonnier-Viger affirme éprouver une « grande préoccupation » pour la MRC de Bonaventure, qui regroupe maintenant 85 des 221 cas actifs en Gaspésie et aux Îles. Cette préoccupation est dirigée vers le secteur de Paspébiac, qui regroupe 42 des 85 cas actifs de la MRC.

«Les gens ont de la difficulté à comprendre que quand ils ont un petit rhume, ça peut être la COVID (…) Ils se réunissent en soirée dans les milieux familiaux (…) Une vie communautaire (qui) est une force se retrouve à être un danger» en contexte de coronavirus, assure le médecin.

Il insiste pour rappeler qu’en zone d’alerte orange, seulement deux familles, les mêmes, peuvent se fréquenter sous le même toit. Le directeur de la santé publique ne voit pas pour autant la hausse des cas de COVID-19 dans Bonaventure justifier un passage vers une alerte maximale, une zone rouge, parce que «c’est concentré dans des familles. Il faut les écouter et leur faire comprendre le danger qu’ils font courir à leurs personnes âgées».

D’autre part, les trois éclosions en milieux de vie de la Gaspésie, c’est-à-dire celles de la Résidence Saint-Joseph, du Manoir Lady Maria et du CHSLD de New Carlisle, trois résidences situées dans la Baie-des-Chaleurs, ne connaissent pas de hausse de cas jeudi, tout comme les hôpitaux de Maria et de Gaspé. Deux personnes de moins sont hospitalisées depuis mercredi. Il en reste 12 dans la région ou à Rimouski.