L'Union des Municipalités du Québec dénonce le quasi-monopole d'Air Canada sur les vols régionaux.

Gaspé-Cuba, moins cher que Gaspé-Montréal

Aussi cher d'aller aux Îles-de-la-Madeleine qu'à Paris à partir de Québec, Gaspé-Cuba pour 62$ de moins que Gaspé-Montréal... Exaspérée par le prix des vols d'avion à l'intérieur de la province, l'Union des Municipalités du Québec dénonce le quasi-monopole d'Air Canada.
L'Union des Municipalités du Québec (UMQ) avait rassemblé une quinzaine de maires et mairesses, dont Régis Labeaume, mercredi, à Québec, pour un appel collectif au changement dans le monde de transport aérien régional. 
C'est que selon une étude commandée par l'UMQ, les Québécois payent en moyenne 55% plus cher que les habitants des autres provinces canadiennes pour leurs vols régionaux. Dans les mots de Régis Labeaume : «Air Canada pourrait réduire ses prix de moitié au Québec et continuer à faire un profit très raisonnable pour ce domaine-là». 
Si des investissements publics sont aussi nécessaires dans les infrastructures aéroportuaires régionales, 400 millions $ dans les cinq prochaines années selon l'UMQ, c'est surtout le prix des billets et le nombre de vols régionaux qui dérange. Or, ces deux derniers points seraient surtout dus à l'absence de concurrence. «Au Québec, 67% des vols sont opérés par une seule compagnie. Ailleurs au Canada c'est 33%», pointe le maire de Drummondville et V-P de l'UMQ, Alexandre Cusson. 
«Pourquoi un vol Timmins-Toronto coûte deux fois moins cher qu'un vol Montréal-Rouyn-Noranda, alors que c'est la même distance? À Timmins, tu as deux transporteurs réguliers [Porter et Air Canada], alors qu'à Rouyn tu n'en as qu'un», explique pour sa part le maire de Gaspé, Daniel Côté, qui préside le comité de l'UMQ sur le transport aérien régional. De chez lui, il est plus économique de prendre l'avion vers La Havane que vers Montréal, dénonce-t-il. «Ce n'est pas compliqué, je vais prendre des billets pour Cuba toutes les semaines et je vais débarquer à Québec en chemin. Ça n'a juste aucun sens.»
Agir dès maintenant
Certes, un sommet québécois sur le transport aérien régional est prévu en février, mais Alexandre Cusson sème le gouvernement d'agir en amont. «On va être prêt, mais on pense que l'on ne peut pas attendre jusqu'au mois de février pour lancer des idées et échanger sur des solutions possibles. Le statu quo n'est plus acceptable. Le transport aérien est un vecteur de développement économique extrêmement important, qui englobe aussi le développement touristique.»
«Personne n'a été capable de concurrencer Air Canada dans le passé parce qu'ils ont toujours cassé la concurrence. La question est de savoir s'il y a un modèle capable de les concurrencer. Présentement, ils chargent plus cher parce qu'ils savent que l'on est captif. Ils n'ont pas le désir d'élargir leur clientèle», poursuit Régis Labeaume. 
Or, le modèle qui forcerait Air Canada à baisser ses prix en raison de la concurrence en tout respect du libre-marché existe, selon les maires présents à Québec, mercredi. Mais pas question de détailler publiquement ce qu'ils ont en tête pour le moment, outre que des investissements de sociétés d'État seraient possiblement nécessaires.