Dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou, 350 supports à vélo ont été installés, un nombre qui semble insuffisant pour certains commerçants.

Garer son vélo à Québec, un vrai casse-tête

Si les cyclistes sont de plus en plus nombreux à Québec, les endroits où ils peuvent se garer ne sont pas légion, et ce, malgré les promesses répétées de la Ville de Québec d'ajouter des stationnements pour véhicules à deux roues dans le centre-ville. Exaspérés, les citoyens et les commerçants multiplient les demandes dans l'espoir d'être un jour exaucés.
Le problème s'est exacerbé depuis le changement des parcomètres à l'automne 2012 puisque les nouveaux panonceaux qui marquent les espaces de stationnement ne permettent plus d'accueillir des vélos. Des voix s'étaient élevées pour que Québec suive l'exemple de Montréal et ajoute des arceaux aux poteaux, une solution rejetée par la municipalité qui n'aime pas voir ses trottoirs encombrés.
Le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron, avait néanmoins assuré au Soleil, au printemps 2013, que pour compenser, davantage de supports seraient installés «dans les prochains mois». Une promesse similaire avait été faite par l'ancien vice-président du comité exécutif, François Picard en... 2010. Et pourtant, les amoureux de bicyclette espèrent toujours l'ajout d'endroits pour laisser leur moyen de transport en toute sécurité. Les commerçants tapent aussi du pied et multiplient les affiches pour que leurs cyclistes n'accrochent pas leur vélo n'importe où, comme sur les clôtures des terrasses.
Attente interminable
Après deux ans d'attente, le propriétaire du Brigantin, rue du Sault-au-Matelot, a pris les grands moyens l'an dernier. Maurice Simard  a intercepté une employée de la Ville, qui avait justement des supports à vélo dans son camion, et a négocié pour qu'elle lui en cède un. Depuis l'été dernier, quatre cyclistes peuvent se garer devant son restaurant. Mais attention, ceux-ci doivent être clients chez lui, précise un petit écriteau installé sur l'installation. «C'est très apprécié», souligne le restaurateur, qui déplore le manque d'équipement municipal pour la clientèle à bicyclette.
À l'approche de la saison estivale, la copropriétaire de La Folle Fourchette, sur la 3e Avenue à Limoilou, a voulu se doter d'un support à vélo. Sophie Grenier-Héroux a cependant vu sa requête refusée. «Ils m'ont dit qu'ils n'en avaient plus!» regrette la nouvelle commerçante, qui n'était pas consciente des difficultés à mettre la main sur ce mobilier urbain.
Le propriétaire de Vélos Roy-O, sur la rue Saint-Jean, a aussi rapidement compris que ce serait plus difficile que prévu. En plus de vouloir un support, il a demandé à la municipalité de retirer un espace de stationnement pour voitures devant son commerce pour l'accueillir, comme cela se fait déjà dans de nombreux arrondissements à Montréal, comme celui de Ville-Marie et de Rosemont-La Petite-Patrie. Le propriétaire de l'Intermarché dans Saint-Roch, Éric Courtemanche Baril, souhaite aussi un tel aménagement devant son épicerie, où deux espaces pour voitures seraient sacrifiés. Les deux hommes soulignent que ces installations permettent de corder beaucoup plus de bécanes et, conséquemment, d'accommoder plus de citoyens qu'un ou deux automobilistes.
En attente du plan directeur
«On pourrait toujours en avoir plus», reconnaît la porte-parole de la Ville de Québec, Audrey Perreault, au sujet des supports à vélo dans La Cité-Limoilou. Au total, 350 sont installés aux quatre coins de l'arrondissement, explique celle qui n'est cependant pas en mesure d'indiquer si ce chiffre est supérieur à l'an dernier. Entre le moment où le printemps se pointe le bout du nez et la Saint-Jean, l'arrondissement reçoit des requêtes tous les jours. «Nous étudions toutes les demandes», assure Mme Perreault, qui ajoute que nombre de critères guide les fonctionnaires, par exemple la nécessité d'ajouter d'autres stationnements dans le secteur en fonction de ceux déjà présents ou si l'espace est adéquat pour en accueillir.
Quant aux cases de stationnement pour automobilistes qui seraient retirées pour laisser la place aux vélos, Mme Perreault indique que la Ville procède présentement à la révision de ces espaces payants puisque beaucoup de demandes sont faites pour accommoder des commerçants qui souhaitent aussi des débarcadères.
Au début du mois de mai, le conseiller municipal responsable des sports et des loisirs, Sylvain Légaré, avait indiqué au Soleil que l'enjeu des espaces de stationnement pour les cyclistes serait abordé lorsque le plan directeur du réseau cyclable serait revu, possiblement à l'automne.
Le directeur général d'Accès Transports Viables, Étienne Grandmont, n'est pas d'accord avec cette stratégie. «A-t-on vraiment besoin d'attendre le plan directeur pour agir?» questionne celui qui affirme que les citoyens décident souvent d'utiliser leur bicyclette lorsqu'ils savent qu'ils peuvent la stationner en toute sécurité. D'autant plus, argue-t-il, que les aménagements pour cyclistes ne font qu'augmenter l'achalandage des commerces des artères de la ville.