La ministre de la Famille, Nicole Léger, a annoncé, jeudi, la création de 361 places dans des garderies à 7 $ au Centre-du-Québec.

Garderies à 8 $ dès septembre

Finies les garderies à 7 $. Dès septembre, le gouvernement procède au dégel du tarif des services de garde subventionnés, faisant passer celui-ci à 8 $. L'année suivante, les parents devront payer 9 $ alors qu'à partir de 2016, c'est l'indexation qui fera grimper leur prix.
D'emblée, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a affirmé ne pas craindre la réaction de la population. «La hausse du tarif est introduite dans le budget parce qu'il faut stabiliser le financement de nos services de garde. La part de nos parents à l'origine était de 20 % [...], elle était rendue à 13 %. Avec cette augmentation, nous revenons à des niveaux de 16 %», a-t-il calmement expliqué.
Jeudi, la ministre de la Famille, Nicole Léger, avait déjà mis la table à cette mesure, affirmant que la hausse et l'indexation du tarif étaient des solutions étudiées par son gouvernement pour stabiliser le réseau. L'élue avait même précisé qu'elle veillerait à ce qu'il n'y ait pas de «choc tarifaire» pour épargner les familles les moins bien nanties.
En faisant passer le prix de 7 à 8 $ à l'automne, le gouvernement procède à une hausse de 14 % et de 28 % en 2015 alors que le tarif sera de 9 $. Pour les années suivantes, c'est un taux d'indexation basé sur le revenu disponible par habitant qui guidera l'augmentation. Pour 2016, celui-ci est estimé à 2,3 %, ce qui correspondrait à un tarif de 9,20 $.
M. Marceau s'est défendu de renier une promesse électorale du Parti québécois de ne pas toucher, dans le mandat actuel, à la tarification des services de garde. «Non, ce que nous avions dit, c'est que ça devait se faire au moment où le réseau serait complété, le réseau va être complété dans deux ans, la pleine indexation va être en place à ce moment-là et je crois que c'est raisonnable, ça stabilise le financement de nos services de garde», a soutenu le ministre.
«Trop rapide, trop soudain»
L'opposition n'a pas tardé à réagir à la mesure. «C'est trop rapide, trop soudain», a dénoncé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard qui, au contraire de Mme Léger, parle d'un réel «choc tarifaire». Le chef de l'opposition a rappelé que s'il était porté au pouvoir, le PLQ imposerait plutôt une indexation en fonction du coût de la vie. Le dirigeant de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a de son côté dénoncé la volonté du gouvernement de toucher au portefeuille de la classe moyenne. «Ce n'est plus un enfant une place, c'est un enfant une piastre», a cyniquement illustré le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.
Les syndicats ont aussi vivement critiqué le dégel du tarif des services de garde. «On est très déçus», a affirmé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot. Elle rappelle qu'à l'époque de l'implantation des garderies à 5 $, le montant était symbolique. «Il était même question que ça disparaisse», évoque Mme Chabot, ajoutant que le Parti québécois s'en prenait à une vision où les services à la petite enfance sont prioritaires.
Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, abonde dans le même sens. «C'est toujours les familles de classe moyenne et les démunis qui payent», a-t-il soutenu, ajoutant que la hausse introduisait la notion de tarification des services.