Une centaine de citoyens du centre-ville, dont la députée de Taschereau Agnès Maltais, se sont déplacés à la soirée d’information pour y poser des questions en vue du G7 qui aura lieu au mois de juin.

G7: les inquiétudes des citoyens persistent

«On se croiserait au IGA, on aurait une discussion et possiblement que je vous donnerais un conseil.»

Les mots sont d’André Turcotte, qui représentait mercredi soir le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) à la rencontre citoyenne sur le sommet du G7, qui se tiendra les 8 et 9 juin à La Malbaie, mais dont plusieurs activités auront lieu à Québec.

Il répondait à une question de Marie-Andrée Morais, directrice d’un centre de la petite enfance situé à proximité du Centre des congrès de Québec, qui accueillera les quelque 2000 journalistes internationaux.

Mme Morais voulait savoir, à trois semaines de l’évènement, si elle doit fermer ou non son établissement, puisque personne ne lui en donne la consigne. Parce que «des gaz lacrymogènes avec des cocos de 5 ans et moins, même si les fenêtres sont fermées, ce n’est pas facile à gérer», a-t-elle dit. «Le ministère de la Famille me renvoie à la Sécurité publique et la Sécurité publique me renvoie au ministère de la Famille.»

André Turcotte n’était pas à l’épicerie, mercredi soir. Et en tant que membre du Groupe intégré de sécurité (GIS), il n’avait aucune recommandation à faire.

«C’est plate, c’est triste, mais ce soir je ne suis pas en mesure de vous dire fermez, ou ne fermez pas. C’est une décision qui vous revient à vous. Parce que peu importe ce que je vous dirais, si ça n’arrive pas, vous allez me dire : “vous avez dit ça et ce n’est pas ce qui est arrivé”», a-t-il répondu.

La majorité des participants — plus de 300 — à s’être déplacés à l’hôtel Château Laurier, des inquiétudes plein la tête, ont eu droit à des réponses semblables.

«On ne sait pas»

Les résidents ont reçu l’assurance que le GIS était bien préparé, que les ressources seraient mises en place pour contrôler les manifestations qui deviendraient illégales. Mais «on ne sait pas» comment les choses vont évoluer, a-t-on répété. Tout est sur la table et le GIS ne pouvait rien garantir aux citoyens, dont plusieurs ont un souvenir amer du Sommet des Amériques, ou du moins le goût, l’odeur et la sensation des gaz lacrymogènes encore trop frais en mémoire.

Jason Allard, de la Sûreté du Québec, a confirmé que des enquêteurs étaient déjà à pied d’œuvre pour contrecarrer les plans d’éventuels casseurs. «Plusieurs enquêtes sont en cours au moment où on se parle. […] Il y a une vigie qui se fait sur les réseaux sociaux», a-t-il assuré.

Roulette russe

Du côté des commerçants, plusieurs ont l’impression de devoir jouer à la roulette russe. Car comme aucune artère ne sera bloquée en raison spécifiquement du G7 jusqu’à nouvel ordre, ces derniers ne seront pas indemnisés par le programme fédéral s’ils décident de fermer boutique par mesure préventive.

«C’est un petit peu jouer avec le feu comme situation. Dans un cas comme celui-là où vous nous imposez un évènement, qui va peut-être générer de la business dans nos commerces, mais qui va peut-être générer bien des pertes [dégâts, perte de clientèle], moi je pense que vous devriez prendre vos responsabilités», a lancé un commerçant du quartier Saint-Jean-Baptiste, réclamant des clarifications au programme de compensation. 

«Si le pire des scénarios arrive [et qu’il y a des émeutes], tout le monde perd», a convenu plus tard au cours de la soirée Louise Léger, directrice générale du Bureau de gestions des sommets d’Affaires mondiales Canada. Mais elle a aussi fait miroiter de juteux bénéfices. Selon elle, les milliers de visiteurs, qui seront là une dizaine de jours pour certains, «vont vouloir aller dans vos restaurants, aller dans vos commerces et acheter vos œuvres d’art».

Sophie Brainbridge, directrice des services corporatifs au Bureau de gestion des sommets, a fini par prendre le micro pour rassurer les commerçants. En cas de débordement et de grabuge, «le gouvernement va prendre ses responsabilités», a-t-elle affirmé.