Jeudi, M. Sioui participera à une rencontre avec le premier ministre canadien dans Charlevoix. Les maires de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul y seront aussi.

G7: inquiétudes chez les Hurons-Wendat

À deux semaines de la tenue du G7 dans Charlevoix, le grand chef de la nation huronne-wendat s’avoue «inquiet» de ne pas savoir quel rôle sera attribué aux autochtones dans la grande rencontre internationale. «On n’acceptera jamais d’être des acteurs passifs en arrière, des petits indiens de service», prévient Konrad Sioui, à quelques jours d’une rencontre avec le premier ministre du Canada.

Cela fait plusieurs mois que les Premières nations, particulièrement les communautés de Pessamit, Essipit, Mashteuiatsh et Wendake, ont signalé au gouvernement canadien leur intention de participer activement aux discussions du G7.

Leurs représentants ont rencontré le sherpa Peter Boehm précisément sur ce thème. Ils ont conclu qu’ils pourraient pénétrer dans l’enceinte sécurisée du manoir Richelieu, mais ne savent pas encore ce qu’ils vont pouvoir y faire. 

«Je m’attendais à un plan d’action plus précis, plus fixé dans le temps», déplore Konrad Sioui, rencontré mardi lors du lancement d’un chantier archéologique à L’Ancienne-Lorette. «La planification, l’organisation, je ne dis pas qu’elle est défectueuse, mais elle est lourde», ajoute-t-il. «C’est gros, c’est très très gros, peut-être même trop gros. On parle beaucoup beaucoup de sécurité.»

Le grand chef huron-wendat identifie plusieurs façons de favoriser l’inclusion des Premières nations «hôtes» du G7 : cérémonie et mot d’ouverture, présentation de la culture autochtone, stratégies de développement économique des communautés, négociation de partenariats avec les pays participants. 

Jeudi, M. Sioui participera à une rencontre avec le premier ministre canadien dans Charlevoix. Les maires de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul y seront aussi. La veille, Justin Trudeau aura rencontré la population locale. 

Le politicien autochtone a déjà un message à livrer à son interlocuteur : «On va être très très clairs : on n’acceptera jamais d’être des acteurs passifs en arrière, des petits indiens de service qu’on montre comme ça. On va être au front comme d’habitude et on va occuper notre place avec dignité et respect envers les autres. Mais on ne cédera pas notre place à personne, on mérite notre place.»  

Selon le grand chef, il revient au premier ministre Trudeau de trancher en faveur des Premières nations et de préciser le rôle qu’elles auront à jouer les 8 et 9 juin en présence des chefs d’État parmi les plus puissants de la planète et de 3000 dignitaires.