Jonatan Julien a beaucoup parlé, jeudi, lors du point de presse tenu une semaine après son départ d’Équipe Labeaume. Mais ses silences et ses refus de répondre à certaines questions sensibles en disaient aussi long.

Future centrale de police: «je n’ai rien à me reprocher» dit Julien

Le conseiller démissionnaire d’Équipe Labeaume, Jonatan Julien, réitère que la conception du projet de construction d’une centrale de police dans Lebourgneuf a été faite dans les règles de l’art.

M. Julien a voulu reprendre point par point, jeudi, la genèse du projet. Premièrement, il indique que c’est une erreur d’évoquer le chiffre initial de 40 millions $ puisqu’il a toujours été question de 50,6 millions $. 

Plus encore, il rappelle que la première somme dévoilée publiquement en novembre 2015 était tirée d’une étape d’avant-projet. «C’était une évaluation préliminaire avec les meilleures données disponibles. Comme on le fait avec tous les grands projets, il y a eu ensuite le programme fonctionnel technique, une étape charnière pour détailler précisément les besoins», explique-t-il. C’est ainsi que la facture a grimpé à près de 73 millions $.

Encore aujourd’hui, il maintient que le terrain, voisin de la Sûreté du Québec, à l’angle du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles «est bien choisi et adéquat», même s’il est jugé trop petit par le maire Labeaume. «Il reste des enjeux avec le stationnement. Mais on peut faire preuve d’imagination. On ne peut rejeter le projet sur cette seule et unique base. On peut optimiser le terrain [stationnement étagé] et il y a une entente possible avec la SQ pour partager des espaces. Je laisse le soin à l’administration de faire ce choix», soutient-il, craignant qu’un changement de lieu entraîne des délais de construction importants.

Si cafouillage il y a eu, conclut-il, c’est dans la communication du dossier auprès de la population.

«Fonds de commerce»

Une semaine après son départ d’Équipe Labeaume, il est revenu sur les raisons qui l’ont mené à vouloir siéger comme indépendant. «Le fonds de commerce de Jonatan Julien c’est sa crédibilité, l’intégrité, sa rigueur. C’est un travailleur acharné qui veut mettre toutes ses compétences au service des citoyens. À partir du moment que quelqu’un attaque ce que je suis publiquement, le lien de confiance est brisé.»

La semaine dernière, Régis Labeaume avait confié : «mon collègue l’a échappé», en lien avec ce que plusieurs considèrent comme une mauvaise évaluation des coûts du projet de centrale, qui est passé à près de 73 millions $, et du manque d’espace du terrain pour répondre aux besoins en stationnement. «Ces discussions-là doivent être derrière des portes closes avec des explications adéquates», renchérit-il.

M. Julien a beaucoup parlé, jeudi, mais ses silences et ses refus de répondre à certaines questions sensibles en disaient aussi long. «Est-ce qu’il y avait un historique de tensions entre vous et M. Labeaume», demande un journaliste. La réponse est venue après un long silence de 10 secondes. «Je ne répondrai pas à cette question.» Il a servi une réponse identique lorsqu’on lui demande si M. Labeaume l’a traité injustement au cours des cinq dernières années.

Comme indépendant, M. Julien profitera de sa «nouvelle liberté». Il n’entend pas s’associer à aucun parti déjà en place ni revenir au sein d’Équipe Labeaume. Et sur la possibilité qu’il se présente aux prochaines élections provinciales? 

Le conseiller de Neufchâtel-Lebourgneuf admet avoir été contacté par des élus provinciaux de tous les partis. Cependant, il ne semble pas avoir été courtisé directement. «Ils appelaient pour demander des nouvelles de moi après ma démission. Ce qui est beau, c’est qu’au-delà de la politique, il y a des amitiés.»