L’assemblée citoyenne, organisée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, a fait salle comble, rassemblant quelque 200 personnes.

Futur centre d’injection supervisé dans Saint-Roch: loin du consensus

Le consensus recherché pour l’implantation du service d’injection supervisé (SIS) dans le quartier Saint-Roch ne semble pas acquis, du moins à en croire la première séance d’information tenue mardi soir, marquée par la division et l’opposition au projet.

L’assemblée citoyenne, organisée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, a fait salle comble, rassemblant quelque 200 personnes au Centre récréatif Saint-Roch. Il s’agissait d’une première «rencontre d’information et d’échanges» depuis l’annonce du site choisi pour le SIS, à l’angle des rues Sainte-Marguerite et Mgr-Gauvreau, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency.

L’organisateur communautaire Marc De Koninck, la médecin-conseil à la Direction régionale de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Nathanaëlle Thériault, et le directeur général de l’organisme Point de Repères, Mario Gagnon, ont dû faire face pendant plus de deux heures à un barrage de critiques et d’interrogations, parsemés de quelques mots d’appuis.

Projet «fixé»

«J’ai l’impression que le projet est déjà fixé, finalisé», a lancé Pierre-André Marquis, architecte œuvrant dans le quartier. Une impression partagée par plusieurs intervenants au micro. «On est supposément en consultation, mais on se sent dans une séance de relations publiques», a ajouté une femme plus tard au courant de la soirée, soulevant des applaudissements nourris.

Même son de cloche provenant d’Olivier Dufour, metteur en scène et propriétaire du Réacteur, rue Saint-Vallier. «Je suis profondément insulté de réaliser à quel point la décision est prise», a-t-il déploré. M. Dufour a évoqué des craintes de sécurité, dont le trafic de drogues.


« Je suis profondément insulté de réaliser à quel point la décision est prise »
Olivier Dufour, propriétaire du Réacteur

Les répliques sont venues surtout de représentants du milieu communautaire, qui ont déploré un vent de «pas dans ma cour» lors de cette soirée.

Les trois porte-étendard du projet de SIS, qui sera géré conjointement par le CIUSSS et Point de Repères, ont répondu essentiellement de la même manière tout au long de la soirée. «Le meilleur choix, c’est vraiment Saint-Roch», a insisté Marc De Koninck, qui a rappelé que des travaux étaient menés depuis 2011.

Ce dernier a concédé que le groupe de travail ne s’attendait pas «à ce qu’il n’y ait pas d’irritants». Mais il a fait valoir qu’il y avait davantage de bénéfices selon toutes les études menées pour des SIS ailleurs dans le monde et au pays, dont à Montréal. «Les résultats sont là quand on est à proximité des utilisateurs [de drogues par injection].» Saint-Roch répondrait à tous «les objectifs».

M. De Koninck a soutenu que les inquiétudes «en amont» ont été les mêmes partout ailleurs, comme l’augmentation de la consommation de drogues par injection ou de la criminalité. «Ces craintes-là ne se sont pas avérées.»

Une nouvelle séance d’information est prévue jeudi soir, 19h30, toujours au Centre récréatif Saint-Roch.

Des assemblées de proximité ou de voisinage seront tenues plus tard cet été, sur invitation, avec notamment les citoyens qui vivent près du futur SIS, dont la date de mise en service n’a pas encore été arrêtée. Les citoyens et les organisations ont par ailleurs la possibilité de déposer un mémoire jusqu’au 7 septembre.