Fusion des territoires de taxi: grogne à l’ouest

La fusion des territoires de taxi de la région de Québec décrétée par le gouvernement soulève la grogne à l’ouest.

«Pour Sainte-Foy au grand complet, il n’y a personne qui était au courant», affirme la directrice générale de Taxi Laurier, Élizabeth Hamel. «Si on avait été avisés, on se serait opposés.»

«Ça s’est fait cavalièrement», poursuit celle qui gère une trentaine de voitures. «On n’a pas été consultés du tout. On l’a appris comme tout le monde dans les médias cette semaine. On s’étonne que ç’a été fait comme ça. […] De l’avoir appris dans les médias, ça m’a jetée à terre.»

Le 17 août, le ministre des Transports a émis un décret qui scelle la fusion. À son entrée en vigueur, le 24 septembre, les taxis de Québec, Sainte-Foy–Sillery, Charlesbourg, Beauport Wendake, Saint-Émile et Val-Bélair pourront franchir les frontières des anciennes villes où ils étaient confinés. Un chauffeur de Wendake, par exemple, pourra ainsi servir des clients au centre-ville s’il le veut.

Élizabeth Hamel déplore la façon dont le regroupement des territoires a été décidé. En tranchant par décret, le ministre ne permet pas le débat, considère-t-elle. «Ça a été fait pour qu’on ne puisse pas donner notre opinion. On a été mis dans l’ignorance.»

Elle juge aussi «spécial» que le gouvernement ait annoncé la nouvelle peu avant la dissolution de l’Assemblée nationale pour la campagne électorale. Cela pourrait réduire la marge de manœuvre d’éventuels contestataires, selon elle.

Le président du Regroupement des propriétaires de taxi de la capitale, Hamid Nadji, s’est aussi senti «torpillé» par l’annonce étatique. Il affirme que la colère est vive. «L’opinion générale de la base de Sainte-Foy, elle est contre ça. C’est la majorité [des taxis] de Sainte-Foy qui sontcontre la fusion avec Québec. La décision a été prise unilatéralement avec la direction de la coop de Québec.»

Vote démocratique

Taxis Coop Québec précise cependant qu’une assemblée générale des coopératives de la région a eu lieu pour discuter du sujet et qu’un vote démocratique a eu lieu. Le porte-parole, Félix Tremblay convient qu’il y avait des dissidents : «C’est vrai que les gens de Sainte-Foy s’étaient opposés, mais ils ont perdu le vote.»

Le président de Taxis Coop Québec et porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, a dès lors évalué qu’il avait les coudées franches pour négocier avec le gouvernement la fusion des territoires au nom de la majorité.

Seule l’entreprise Taxi Laurier n’a pas participé à l’assemblée du RITQ, dit M. Homsy.

Les autres propriétaires de permis, dont les membres de Taxi Coop Sainte-Foy–Sillery, étaient au fait du projet, selon lui. «On n’a rien caché à personne. […] Depuis des années, on demande haut et fort la fusion.»

Abdallah Homsy souligne à ce propos que l’application mobile des taxis de la région fonctionne déjà comme si les territoires étaient fusionnés. Mais que ce projet pilote arrive à son terme et qu’il fallait pérenniser le regroupement pour pouvoir continuer le virage technologique.

Au moment d’envoyer cet article, l’attachée de presse du ministre des Transports André Fortin n’avait pas répondu à nos questions à ce sujet.