Froid intense: les refuges de Québec se préparent

Alors qu'un froid intense s'installe sur la capitale pour au moins une semaine, peu d'itinérants risquent de passer la nuit dehors. Ou s'ils le font, ce sera «par choix», selon Martin Payeur, directeur général de la Maison Revivre, qui profite toujours de lits vides, prêts à les accueillir. Même constat à la Maison Lauberivière et à l'Armée du Salut, où on se tient quand même sur le qui-vive pour les jours à venir, avec des lits d'urgence prêts à être déployés.
À Lauberivière, dans le quartier Saint-Roch, le directeur, Éric Boulay, soutient avoir toujours une douzaine de lits sur un total de 41 qui ne sont pas occupés à cette période-ci de l'année. «Le passage de - 10 °C à - 30 °C n'a pas beaucoup d'impact chez nous. Les gens se sont déjà trouvé des alternatives pour ne pas coucher dehors au début de l'hiver», dit-il.
À la Maison Revivre, 6 lits sont libres sur les 28 que compte l'établissement. «C'est sûr qu'on ne refusera personne à une température pareille. Par contre, on ne peut pas faire le tour de la ville en autobus pour vérifier si des gens dorment dehors», indique Martin Payeur. 
L'Armée du Salut lance quant à elle un appel à la générosité du public. «On voit des gens arriver ici gelés. Pas de gants, pas de tuque», témoigne l'intervenant Thomas Fréchette. On a donc besoin de renflouer les coffres de bottes, de manteaux, de foulards et de tous types de vêtements chauds, question d'éviter des engelures aux plus démunis.
Lors de notre passage à l'Armée du Salut, deux hommes se reposaient toujours dans leur lit en début d'après-midi, alors que le dortoir n'est normalement pas ouvert de jour. M. Fréchette explique qu'étant donné les nombreux cas de rhume et de grippe, et parce qu'il fait très froid, même le jour, on permet exceptionnellement à ceux qui le désirent de rester au chaud, 24 heures sur 24.
Garder son logement
De nombreuses mesures ont été mises en place ces dernières années pour que les situations de débordement soient chose du passé. Une intervenante du Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ) est chargée de communiquer avec les trois principaux refuges de la ville les soirs de grande demande pour mieux répartir l'achalandage.
À l'Armée du Salut, on travaille aussi avec une accompagnante à domicile, qui aide les plus démunis à gérer leur budget afin qu'ils gardent leur logement.
Selon les chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, publiés en décembre dernier, le taux d'occupation des refuges de Québec est assez bas. Il oscille entre 64 % et 81 %, le mois le plus achalandé de 2014 étant celui de janvier. À Montréal, le taux d'occupation des refuges a plutôt varié entre 81 % et 94 % l'an dernier.