Le programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) existe depuis déjà plus de 40 ans. Il a été créé en 1966 pour répondre à un besoin de main-d'oeuvre des agriculteurs canadiens.

Fréquenter l'école au Mexique grâce au travail de papa à l'île d'Orléans

Des petits Mexicains fréquenteront l'école plus longtemps grâce... au travail de leur père dans les champs de l'île d'Orléans. Selon une recherche menée par une étudiante de l'Université Laval, le séjour des travailleurs mexicains agricoles au Québec leur permet avant tout d'offrir un meilleur avenir à leurs enfants.
Dans le cadre de son mémoire de maîtrise en géographie, Abigaïl Guimont Fitz s'est intéressée aux retombées positives du travail des Mexicains dans les champs du Québec, qui y séjournent par l'intermédiaire du Programme des travailleurs agricoles saisonniers.
«Le programme est critiqué, mais on ne demande pas à ces gens-là ce qu'ils en pensent, affirme-t-elle. J'ai voulu savoir ce que le programme leur apporte à eux, comme individus.»
Pour y arriver, la jeune femme a mené des entrevues avec 30 Mexicains travaillant à l'île d'Orléans, à Saint-Augustin-de-Desmaures, à Saint-Apollinaire et aussi à L'Assomption. Verdict?
«Pour la majorité des travailleurs, c'est un sacrifice qu'ils font pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants. C'est un travail exigeant, ils sont loin de leur famille pendant des mois, mais 90 % d'entre eux m'ont dit qu'ils le faisaient pour permettre à leurs enfants d'aller à l'école et d'avoir une meilleure qualité de vie.»
Au Mexique, le salaire minimum est de moins de 6 $... par jour, comparé à 10,35 $ de l'heure au Québec.
Et encore, en milieu rural, d'où provient une majorité de travailleurs mexicains, certains ne peuvent compter que sur les revenus encore plus maigres de leur production agricole. Les travailleurs interrogés, qui ne sont allés à l'école que quelques années, espèrent que leurs enfants pourront s'instruire davantage et qu'ils n'auront pas à travailler dans les champs, raconte Abigaïl Guimont Fitz.
Le programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) existe depuis déjà plus de 40 ans. Il a été créé en 1966 pour répondre à un besoin de main-d'oeuvre des agriculteurs canadiens. Au départ, les travailleurs provenaient surtout des Antilles.
Le Mexique a été ajouté à la liste des pays participants en 1974 et aujourd'hui, la majorité des travailleurs qui participent à ce programme sont mexicains. On en compte 16 500 sur un total de 24 100, selon les données de 2012 de Citoyenneté et Immigration Canada.