Un groupe de citoyens ne comprend pas pourquoi le promoteur souhaite construire un aérodrome à deux km de l'Aéroport Jean-Lesage, où les aéronefs privés peuvent pourtant atterrir.

Frais d'amélioration aéroportuaires: résistance chez les transporteurs

L'aéroport de Québec craint que les transporteurs aériens ne collectent pas les 2 $ d'augmentation des frais d'amélioration aéroportuaires (FAA) devant être imposés sur tous les billets au départ de la capitale à partir du 1er mars. Un différend sur l'utilisation du supplément affecte les relations entre les deux partenaires.
Dans une lettre transmise jeudi aux dirigeants des grands transporteurs aériens et dont Le Soleil a obtenu copie, le président et chef de la direction d'Aéroport de Québec inc. (AQi), la société privée qui gère l'aéroport Jean-Lesage, s'inquiète d'apparences d'obstruction au comité consultatif de l'aéroport (CCA).
Ce comité composé de représentants de l'aéroport et des transporteurs aériens canadiens et américains le fréquentant doit approuver toute hausse des FAA. Or l'an dernier, les Jazz, Air Transat, WestJet, Sunwing, Porter, United, Delta et American Airlines ont refusé par deux fois la hausse de 2 $ proposée pour 2017 car ils s'opposent à l'agrandissement en cours du terminal, jugé démesurément gros et coûteux. 
Ils se préoccupent également que les passagers, qui paient entièrement les FAA inclus dans le prix de leur billet au départ de Québec, soient davantage sollicités. À 33 $ du billet, les frais récoltés actuellement à Québec sont déjà parmi les plus élevés au Canada. 
L'entente entre les parties - la même partout au pays - prévoit que l'aéroport doit attendre 24 mois avant de revenir à la charge en cas de blocage au CCA. La haute direction d'AQi a néanmoins décidé de concrétiser la hausse à partir du 1er mars, mais d'affecter plutôt les 2 $ à la réfection de la piste principale qui sera complétée cet été. Ce transfert irrite les transporteurs, qui l'ont fait savoir à l'aéroport. 
Dans sa plus récente correspondance, Gaëtan Gagné écrit qu'il «semble y avoir un manque de volonté de la part du CCA pour travailler avec nous sur des bases communes pour le développement de notre aéroport». 
Le grand patron cite une lettre envoyée quelques jours auparavant à l'Association du transport aérien du Canada (ATAC), dans laquelle il a fait valoir que son organisation «se considère menacée par les transporteurs aériens qui pourraient décider de ne pas collecter l'augmentation de 2 $ qui a été dûment annoncée à la fois aux transporteurs aériens et au public pour entrer en vigueur le 1er mars 2017». 
Poursuites judiciaires?
Il réitère que «les transporteurs n'ont pas le droit de refuser de collecter les FAA pour des projets approuvés précédemment», une interprétation que ces derniers contestent. 
Suit une menace à peine voilée de procédures judiciaires: «Vous comprendrez facilement que de ne pas collecter les FAA à partir du 1er mars pourrait occasionner de sérieux préjudices à AQi, une situation qu'AQi ne peut accepter.»
En fin de lettre, M. Gagné y va de quelques affirmations au bénéfice de ses lecteurs. Il rappelle les sondages commandés par son équipe au cours des cinq dernières années qui indiquent que 93 % de la population est totalement ou partiellement d'accord avec les investissements en cours à l'aéroport de Québec. Le projet de construction de 225 millions $ permettra de doubler la superficie du terminal et de réaménager la section des arrivées internationales d'ici 2018. 
Hausse graduelle
Le président de l'aéroport de Québec cite également un autre sondage selon lequel «une majorité de la population serait prête à payer un supplément de 7 $ de plus que les FAA actuels pour avoir de meilleures installations». 
Quand Le Soleil a révélé en septembre l'opposition des transporteurs aériens à la hausse des FAA, M. Gagné a admis son intention de les porter graduellement à 38 $ au cours des prochaines années. Il a aussi affirmé pouvoir se passer de la hausse immédiate de 2 $ sans nuire à la santé financière de son organisation avant de revenir à la charge quelques mois plus tard. 
À plusieurs reprises dernièrement, M. Gagné a invité ses partenaires commerciaux à baisser le prix de leurs billets au départ de Québec au lieu de s'en prendre à la gestion de son organisation. Selon lui, les transporteurs craignent la concurrence et la baisse de prix que lui-même espère avec l'ouverture éventuelle du centre de prédédouanement américain.