Environnement vert plus et Québec solidaire se demandent où le gouvernement du Québec veut en venir avec son interprétation du règlement sur la fracturation hydraulique.

Fracturation hydraulique: interdite ou permise?

CARLETON — Le groupe Environnement vert plus et Québec solidaire pressent l’État québécois de préciser ses orientations quant à la fracturation hydraulique en Gaspésie, en raison de propos récents tenus par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien et par la ministre responsable de la péninsule, Marie-Ève Proulx, à l’effet que la fracturation est interdite dans cette région.

Le ministre Julien a indiqué le 23 octobre qu’il «y a une loi sur les hydrocarbures, il y a un règlement sous-jacent qui a été autorisé le 18 septembre 2018. Le règlement en question est strict. Le règlement en question est rigoureux. Le règlement en question fait en sorte qu’aucune fracturation hydraulique n’est permise».

Il répondait alors à une question de la députée péquiste de la circonscription de Gaspé, Méganne Perry-Mélançon. Le 5 octobre, lors de son passage dans la Baie-des-Chaleurs, la ministre Proulx avait spécifié, à propos de la fracturation que «nous, on l’interdit. Tout projet avec fracturation est refusé».

Incompréhensions

Incrédule devant ces affirmations de membres du cabinet, Pascal Bergeron, d’Environnement vert plus, leur rappelle que le mot «fracturation» apparaît à 65 reprises dans le «règlement sur les activités d’exploration, de production et de stockage d’hydrocarbures en milieu terrestre» et pas pour l’interdire mais pour encadrer la pratique.

L’article 197 du règlement stipule que la fracturation est interdite dans le schiste «seulement, mais pas dans le calcaire où se situe le pétrole des gisements Galt et Bourque […] Les ministres sont-ils ignorants, incompétents ou sont-ils en train de nous mentir carrément?» demande, sidéré, Pascal Bergeron, un opposant à la fracturation.

«On a un gouvernement qui ne comprend pas le règlement, qui ne comprend pas ce qu’il y a dedans […] Il aurait dû y avoir des vérifications. Le dossier de l’énergie devrait être sur le dessus de la pile, pas en-dessous. Le règlement est assez clair», ajoute M. Bergeron.

Il croit que le premier ministre François Legault devrait intervenir. «Ça prend un interlocuteur au courant du dossier. Le premier ministre devrait clarifier la situation et démettre de ses fonctions le ministre Julien.»

De passage en Gaspésie depuis quelques jours, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, abonde dans le même sens que Pascal Bergeron. «Soit que le ministre ne connaît pas son dossier, soit qu’il nous cache quelque chose», dit-elle.

Désinvestir

Environnement vert plus et Québec solidaire partagent un autre point de vue. Il est temps que le bras financier de l’État, Investissement Québec, retire son argent des projets pétroliers gaspésiens de Galt et de Bourque.

«La science nous dit que le Québec n’a jamais été un État pétrolier et en 2019, il ne peut le devenir», souligne-t-elle, ajoutant que le Québec a tout ce qu’il faut en énergies renouvelables pour se passer d’un développement d’hydrocarbures.

Soulignant que les 18 millions $ injectés par Investissement Québec dans Bourque et Galt ne valent maintenant qu’une infime proportion de cette somme, Pascal Bergeron croit qu’un «retrait, ce serait une bonne première conclusion».