De juillet 2016 à juin 2017, 62 % de toutes les demandes d’aide à mourir ont été administrées.

Forte hausse des cas d'aide médicale à mourir

L’an dernier, 625 Québécois ont demandé et reçu de l’aide médicale à mourir. Il s’agit de presque trois fois plus de personnes que lors de la première année complète d’application de la loi.

Dans son deuxième rapport annuel, la Commission sur les soins de fin de vie souligne que l’aide médicale à mourir prend de l’ampleur et que la façon dont les intervenants appliquent  la loi s’améliore. De juillet 2016 à juin 2017, 62 % de toutes les demandes d’aide à mourir ont été administrées.

Dans 92 % des cas, cette aide a été administrée conformément aux exigences. Parmi les exigences non respectées, la principale est l’indépendance du deuxième médecin, lorsque celui-ci est le médecin de famille ou le médecin traitant. 

«Ce que ça montre, c’est que ça répond clairement à un besoin. La pratique est mieux connue, il y a moins de tabous et les médecins sont plus confortables», commente la députée du Parti québécois Véronique Hivon. Celle qui a contribué à faire adopter cette loi se dit «rassurée» par ce rapport. 

Même si la hausse se poursuit dans les prochaines années, Mme Hivon n’y verrait pas d’inconvénient, car l’aide médicale à mourir compte encore pour un peu moins de 1 % de tous les décès au Québec. «C’est encore de beaucoup inférieur aux pays comme les Pays-Bas ou la Belgique, qui se situent autour de 3 %.»

Inaptes

Au printemps dernier, les parlementaires québécois s’étaient montrés ouverts à discuter d’un élargissement de l’aide médicale à mourir, afin d’inclure des personnes qui sont inaptes à la demander. Des patients atteints de diverses formes de démence, comme l’Alzheimer par exemple. 

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a annoncé jeudi dans un communiqué qu’il vient de former un groupe d’experts qui aura pour mandat d’examiner cette «question complexe». Une annonce qui survient huit mois trop tard, selon Mme Hivon. «C’est déplorable d’avoir laissé entendre que ces travaux-là étaient en marche.»

Mme Hivon critique également le fait que ce comité d’experts, composé de 13 membres, n’inclut aucun spécialiste de la démence. La députée espère que la question sera débattue de façon sérieuse, et non pas reléguée aux oubliettes. «On n’a jamais senti de la part du ministre [Barrette] une grande volonté de s’y attaquer.»

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Québec première

Comme l’an dernier, la région de Québec est l’endroit dans la province où les patients qui ont recours à l’aide médicale à mourir sont les plus nombreux par rapport à la population. De juillet 2016 à juin 2017, il y a eu 112 cas acceptés à Québec, tandis qu’il y en a eu 114 à Mont­réal. Au cours de la prochaine année, la Commission sur les soins de fin de vie analysera les motifs pour lesquels les demandes d’aide médicale à mourir sont refusées. La députée du Parti québécois Véronique Hivon croit que sans qu’il y ait de refus formel, il peut y avoir une certaine réticence plus marquée dans certaines régions. «Est-ce qu’il y a des poches de résistance à certains endroits? C’est ce qu’il va falloir comprendre», lance-t-elle.