Depuis le début de la pandémie, 213 personnes ont contracté la COVID-19 sur la Côte-Nord.
Depuis le début de la pandémie, 213 personnes ont contracté la COVID-19 sur la Côte-Nord.

Fini les transferts, les gens infectés par la COVID devront être traités sur la Côte-Nord

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU – Devant l’ampleur de la deuxième vague de la COVID-19 ailleurs au Québec, la Côte-Nord devra prendre les mesures pour traiter en région les gens infectés par le coronavirus plutôt que de les transférer dans les hôpitaux des grands centres, comme c’est le cas depuis le début de la pandémie.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a en effet demandé au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord d’augmenter sa capacité de rétention de gens atteints de la COVID-19.

«Le ministère nous a interpellé en nous disant qu’il faut être plus autonome, car les hôpitaux des grands centres peuvent devenir rapidement saturés», a indiqué le directeur des services professionnels et de l’enseignement universitaire au CISSS, le docteur Jean-François Labelle.

«C’est un nouveau défi énorme qui nous amène à restructurer notre offre de services», a-t-il fait valoir en ajoutant que depuis le début de la pandémie, une douzaine de Nord-Côtiers ont été hospitalisés à l’extérieur en raison de la COVID-19, principalement dans la région de Québec.

Le docteur Labelle croit que la région pourra répondre à la commande en ce qui concerne les installations nécessaires. On compte présentement huit lits de soins intensifs, quatre à Baie-Comeau et quatre à Sept-Îles, et cette capacité devrait être doublée sous peu. D’ici janvier, on devrait aussi retrouver au moins une quarantaine de lits d’hôpitaux de plus destinés à des gens atteints de la COVID. Actuellement, «les lits COVID sont très peu occupés», de préciser le Dr Labelle.

La principale inquiétude des autorités concerne plutôt les effectifs suffisants pour faire fonctionner ces futurs lits. «L’enjeu le plus décisif concerne les ressources spécialisées pour couvrir les soins intensifs. (…) On demande à tous les gens qui ont de l’expérience en soins infirmiers de lever la main et de nous donner un coup de main», a soutenu le directeur.

Ce dernier assure que le CISSS n’est pas en état de panique en faisant cette demande. On veut plutôt avoir le temps et les ressources pour être prêt si la COVID décide de frapper beaucoup plus fort qu’actuellement dans la région. «On n’est pas confronté à ces besoins-là immédiatement, mais si on attend, on n’aura pas le temps de former les gens.»

Depuis le début de la pandémie, 213 personnes ont contracté la COVID-19 sur la Côte-Nord. On compte actuellement six cas actifs et aucune hospitalisation, ce qui fait en sorte que la région peut conserver son palier d’alerte jaune, l’une des rares au Québec à conserver cette couleur.

Délestage

Le docteur Labelle a aussi souligné au passage que «des décisions déchirantes» devront être prises dans les prochaines semaines et qu’en raison de la situation actuelle, des services pourraient être suspendus temporairement. On sait que Québec a déjà demandé aux CISSS et aux CIUSSS de penser au délestage d’interventions chirurgicales non urgentes.