Les commerçants de l'avenue Maguire devront se passer du parcours 11 dès juin.

Fini, l'autobus 11 sur Maguire: la grogne des commerçants se fait sentir

Moins de deux ans après avoir eu à prioriser et encourager les transports en commun pour pallier le manque de stationnement gratuit dans le secteur, une nouvelle tuile s'abat sur les commerçants de l'avenue Maguire. Dès juin, ils devront se passer du parcours 11, qui cessera d'emprunter la rue Sheppard et l'artère commerciale pour rejoindre le boulevard Laurier.
«Ils disent que le parcours va être plus touristique, mais on a besoin de ces touristes-là!» déplore un employé de la chocolaterie Eddy Laurent rencontré par Le Soleil dimanche.
Le 23 mars dernier, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a annoncé les changements de parcours qu'il prévoyait effectuer au cours de la prochaine année. Parmi ceux-ci, la fusion des parcours 11 - qui relie Sainte-Foy au Vieux-Québec - et 21 - qui dessert la gare fluviale -, pour un «lien direct entre les secteurs du Vieux-Port et de la Pointe-de-Sainte-Foy». Avec cela vient l'élimination de sept arrêts répartis sur le chemin Saint-Louis, sur la rue Sheppard et sur l'avenue Maguire. «Sept arrêts offrant un service de transport de proximité depuis des décennies dans un secteur résidentiel et commercial qui seront éliminés, abandonnant ainsi de nombreux utilisateurs du transport en commun», décrit le conseiller municipal de Saint-Louis-Sillery, Paul Shoiry, dans une lettre ouverte publiée vendredi dans Le Soleil.
«La moitié de mes employés viennent en autobus», confie Julie Lavoie, gérante chez Bagel Maguire Café. Elle craint que la mesure du RTC ne complique la vie de son personnel, mais craint encore davantage un impact sur la clientèle.
«Ça va avoir un impact», certifie quant à elle la propriétaire de chez Picardie, Ginette Larochelle. «Déjà que le stationnement est difficile... C'est une très mauvaise idée!» Elle mentionne que la Société de développement commercial Maguire contestera la décision.
Plusieurs commerces visités par Le Soleil dimanche arboraient une affiche chez eux invitant leur clientèle à faire part de leur mécontentement au RTC.
Un «détour» qui coûte cher
Questionné à ce propos, le président du RTC, Rémy Normand, indique qu'«on est dans la période où on entend les commentaires». «Il ne faut pas prendre panique.»
Il précise par contre que le «détour» actuellement effectué dans le parcours 11 «coûte cher en terme opérationnel», et que la fusion des parcours 11 et 21 viendra avec une desserte plus fréquente.
M. Normand reproche par ailleurs à l'opposition, au premier chef à Paul Shoiry, d'avoir fait part de son mécontentement seulement après que l'annonce du RTC eut été faite. «Ça a été présenté aux élus, et ils n'ont rien dit à ce moment-là», déplore-t-il. «Je suis surpris.»
De son côté, Paul Shoiry réplique n'avoir «jamais été avisé» d'un tel changement au parcours 11. «Ce n'est pas vrai qu'on le savait», ajoute-t-il, accusant Rémy Normand d'être «méprisant» envers les utilisateurs du transport en commun.
Les gens ont jusqu'au 12 avril pour commenter la mesure du RTC, au rtcquebec.ca/ameliorations2017. Deux journées d'information sont également prévues, les 5 et 6 avril.