Le maire Régis Labeaume est maintenant convaincu que les gouvernements provincial et fédéral trouveront une solution au financement, trois semaines après leur avoir exprimé l’urgence de s’entendre pour éviter des retards dans la réalisation du projet de 3 milliards $.

Financement du tramway: Labeaume passe en mode zen

Changement de ton à l’hôtel de ville de Québec sur le financement du tramway. Le maire Régis Labeaume est maintenant convaincu que les gouvernements provincial et fédéral trouveront une solution au financement, trois semaines après leur avoir exprimé l’urgence de s’entendre pour éviter des retards dans la réalisation du projet de 3 milliards $.

Le 7 mars, Le Soleil écrivait que Régis Labeaume semblait nerveux. «Nerveux de ne pas pouvoir poursuivre la gigantesque entreprise du tramway afin de respecter l’échéancier annonçant la construction dès 2021.»

Lundi, le maire paraissait confiant. Confiant que Québec et Ottawa cessent leur querelle sur le financement du réseau structurant de transport en commun. «On est bien organisé. Ça ne change rien au plan de match. On pense toujours deux ou trois coups d’avance», a lancé un maire plutôt zen, sourire en coin, en répondant à la question d’un journaliste.

«Je vous dis juste que tout le monde est mal à l’aise avec sa position. Tout le monde est campé sur sa position, mais il semble bien qu’il va falloir qu’ils trouvent une voie pour s’entendre. Politiquement, ça va devenir un petit peu compliqué», a lancé le maire pour justifier ce changement de ton.

«Et en même temps, tout le monde sait qu’effectivement, comme tous les projets s’en vont à Montréal, il ne peut pas y avoir une iniquité aussi manifeste que celle-là. Voilà mon analyse politique : c’est qu’ils doivent régler et qu’ils vont régler.»

M. Labeaume fait référence à la formule de financement du transport en commun en vertu de l’entente fédérale-provinciale en vigueur. Elle favorise les grandes villes qui peuvent déjà compter sur des systèmes de transport en commun, comme Montréal, puisque l’argent est distribué selon l’achalandage des transports en commun. La métropole accapare ainsi la majeure partie des 5,2 milliards $ disponibles, laissant 412 millions $ à Québec et des miettes aux autres villes. Le gouvernement Legault demande de changer la formule, ce que refuse de faire Ottawa.

Fonds disponibles ailleurs

Le fédéral soutient que des fonds sont disponibles dans d’autres enveloppes transférées au provincial pour lui permettre de respecter sa promesse de financer le projet à hauteur de 1,2 milliard $. De son côté, le gouvernement Legault prétend le contraire. Entre les deux, c’est un dialogue de sourds.

D’autre part, le maire Labeaume s’est montré peu inquiet du récent discours du chef de l’opposition officielle à Ottawa, le conservateur Andrew Scheer. Jeudi, il a affirmé devant un parterre de gens d’affaires de Québec que sa priorité, s’il devenait premier ministre, était la construction d’un troisième lien. Il est resté très flou quant à ses intentions de financer un projet de tramway s’il devait devenir premier ministre du pays à l’automne. «Les gens veulent gagner les élections», a-t-il brièvement commenté.