Adrien Bobin, tailleur de pierre, fait la finition de clé de l'arche, la pierre se trouvant au sommet de l'oeuvre commémorant le 350e du Séminaire de Québec.

Fêtes de la Nouvelle-France: tailler son propre héritage

Adrien Bobin et son équipe taillent, depuis jeudi dans le cadre des Fêtes de la Nouvelle-France, les pierres qui forment l'arche commémorative du 350e du Séminaire de Québec, dont la cour intérieure accueille jusqu'à aujourd'hui ces artisans d'un métier d'une autre époque.
Les gens présents, samedi après-midi, auront compris, dès le premier regard, que M. Bobin n'est pas un personnage, mais bien un authentique tailleur de pierre; ses fortes mains trahissant le Français d'origine qui cumule 12 ans de métier.
Celui qui a ouvert l'atelier Trilobe à l'île d'Orléans il a six ans décrit une carrière liée à l'amour de l'histoire. «Il y a une valeur qui reste dans le temps et qui nous survit. Les pierres vont durer trois-quatre fois, au minimum, plus longtemps que nous, explique-t-il. C'est un héritage qu'on laisse.»
Arche commémorative
L'arche, le legs qui est monté sous les yeux des curieux depuis quelques jours, a en réalité été façonnée par M. Bobin, à son atelier, depuis plus d'un mois et demi. Le tailleur de pierre et son équipe ne font alors que la finition. Ce qui leur permet de répondre aux nombreuses questions.
Le rouquin originaire de Dijon en Bourgogne vit de ses mains grâce à différents travaux tels que la restauration du patrimoine - comme les statues ornant le parlement-, mais également en travaillant la pierre pour des cuisines, pour des salles de bain ou pour des foyers de particuliers. Il donne également des cours pour les débutants et pour les plus avancés. Ces apprentis proviennent souvent de l'école des métiers d'arts ou de la maçonnerie. Il explique la différence entre le sculpteur qui est davantage du côté artistique et le tailleur qui est un technicien s'attardant à la géométrie et à différents calculs pour accomplir son travail et pour le voir perdurer.
Adrien Bobin ne sait pas encore ce qui arrivera de l'arche après les Fêtes de la Nouvelle-France. Aucun lieu n'est encore prévu pour l'accueillir. «Malheureusement, elle va peut-être se retrouver sous la poussière à mon atelier», lance-t-il sans aucune rancune.
Ceux désirant battre le calcaire peuvent rencontrer Martin Aubin, tout juste à côté de l'arche. Il fournit marteau à boucharder, ciseaux et maillet pour travailler la pierre y pour y graver ses initiales.