La modulation des frais des garderies subventionnées selon le revenu des parents a été désastreuse pour les garderies subventionnées en milieu familial selon Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec.

Fermetures en série dans les garderies en milieu familial

La modulation des frais de garde a fait mal aux services de garde subventionnés en milieu familial alors que 217 ont dû fermer leurs portes en 2016 uniquement dans les régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches et que le bilan pourrait s'élever à 1000 à l'échelle provinciale.
Jumelée au remboursement anticipé des frais de garderie, qui permet aux parents qui se dirigent vers une garderie privée de se voir rembourser sur une base mensuelle près de 30 $ par jour sur des frais de garde de 35 $, la modulation des frais des garderies subventionnées selon le revenu des parents a été désastreuse pour les garderies subventionnées en milieu familial selon Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec.
«Pour les parents qui choisissent le privé, ça leur coûte de 4 $ à 5 $ par jour plutôt que 7 $ entre autres parce que la modulation des frais de garde ne s'applique pas au privé. Les parents se sont donc rués sur le privé, de sorte que plusieurs services de garde en milieu familial ont dû fermer leurs portes», explique Mme Grenon.
Dans les régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches, le nombre de garderies en milieu familial subventionnées en moins s'élèverait à 217, à 80 en Abitibi et à plus de 20 sur la Côte-Nord. «Nous n'avons pas encore compilé les chiffres de toutes les régions, mais selon moi on atteindra bientôt le cap de 1000 garderies subventionnées en milieu familial en moins au Québec», poursuit-elle.
Elle ajoute que plusieurs responsables de service de garde en milieu familial qui possèdent un permis leur permettant d'accueillir six enfants n'en ont que deux ou trois. 
«Alors elles ferment leurs portes, car elles n'ont pas assez d'enfants. Pourtant, il n'y a pas moins d'enfants au Québec! Elles ferment où elles deviennent des garderies privées sous la pression des parents qui le leur demandent.» L'impact commencerait aussi à se faire sentir sur certains centres de la petite enfance, dont les listes d'attente seraient beaucoup plus courtes que par le passé.
Meilleure qualité
Même si elle avoue qu'il y a de bonnes garderies privées, Valérie Grenon soutient que plusieurs études récentes démontrent que les services des garderies régies et subventionnées sont de meilleure qualité. 
«Au privé, il n'y a pas d'inspection gouvernementale, pas de cours de premiers soins obligatoires, pas de vérification des antécédents judiciaires ni de formation obligatoire comme dans notre réseau. On n'est pas des parcs de balles chez McDonald's!» illustre-t-elle.
Il faut dire que la Fédération est actuellement en plein coeur d'une négociation avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de la convention collective de ses employées, échue depuis le 31 mars 2015. Les négociations ont débuté officiellement cet automne et devraient s'intensifier tout au long de 2017.