Le naloxone est un antidote utilisé pour les surdoses d’opioïdes comme le fentanyl.

Fentanyl: la police de Québec administre une première dose de naloxone

La police de Québec a administré pour la première fois de la naloxone à une femme dans la trentaine qui aurait consommé du fentanyl, mercredi soir.

Vers 20h30, les policiers ont reçu un appel pour du «désordre» dans un appartement de la rue Pinguet, dans Sainte-Foy. Sur place, les policiers ont constaté que la femme de 34 ans était inconsciente et en difficulté respiratoire. Elle aurait consommé du fentanyl, un opioïde environ 100 fois plus puissant que la morphine. 

Les policiers lui ont donné une dose de naloxone, un antidote utilisé pour les surdoses d’opioïdes. «Elle a repris conscience et sa respiration s’est grandement améliorée», relate Étienne Doyon, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)

La trentenaire a été transportée à l’hôpital par les paramédicaux. «Le médecin traitant a confirmé que la naloxone a été bénéfique pour la dame», souligne M. Doyon. 

La femme a reçu son congé d’hôpital tard dans la nuit. Comme elle faisait l’objet de 13 mandats d’arrestation pour des infractions mineures, elle a été conduite dans une cellule de la centrale de police du parc Victoria, où elle reste détenue.

Accès libéralisé

Depuis octobre, les policiers de Québec peuvent administrer de la naloxone. Le SPVQ a décidé de mettre ce médicament à leur disposition dans la foulée de la crise du fentanyl qui sévit au Canada. Celle-ci est liée à des centaines de morts l’an dernier. 

Devant cette crise de santé publique, le gouvernement Couillard a décidé à l’automne de libéraliser l’accès à la naloxone en permettant notamment aux policiers de l’administrer et à la population de s’en procurer gratuitement dans les pharmacies.

La naloxone est administrée par voie intranasale par les policiers «dans des situations urgentes où une surdose d’opioïdes est suspectée et où l’intervention des ambulanciers n’est pas imminente», avait précisé le SPVQ en octobre. 

En Colombie-Britannique, où la crise fait le plus de ravages, le fentanyl serait lié à la mort de 1442 personnes par surdose seulement en 2017, a rapporté le bureau du coroner de la province, mercredi. 

La consommation de fentanyl est moins répandue au Québec que dans les provinces de l’ouest. À Québec, au moins six personnes ont perdu la vie à la suite d’une intoxication au fentanyl depuis 2015.