La direction de la police de Québec a ouvert une enquête interne à la suite d’images diffusées où un policier portait un extincteur à la sortie de l’homme accusé de tentative de meurtre par le feu sur sa conjointe.

Femme brûlée vive: le SPVQ ouvre une enquête interne

La direction de la police de Québec a ouvert une enquête interne pour comprendre pourquoi un policier portait un extincteur pour escorter l’homme accusé de tentative de meurtre par le feu sur son ex-conjointe.

La photographie diffusée sur le site Internet du Soleil et dans sa version papier a fait réagir. On y voit le policier, tenant un extincteur au moment où l’accusé, Frej Haj Messaoud, sort, menotté, du poste de police du parc Victoria. Sur une autre image parue dans l’édition papier du Soleil, un autre policier semble esquisser un sourire.

Dans un communiqué diffusé lundi, le service de police de la Ville de Québec (SPVQ) dit avoir pris connaissance des images et prendre «la situation au sérieux». 

«Bien que la scène pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une mauvaise blague de la part des policiers, il serait prématuré d’en tirer des conclusions immédiates sans avoir pris le temps de faire une enquête pour établir l’ensemble des faits et des circonstances entourant cet événement. C’est pourquoi une enquête interne, menée par les Affaires internes et normes professionnelles, a été ouverte», précise la direction.

Contradictoires

Dimanche, des versions contradictoires circulaient sur la nécessité de porter un extincteur. 

Un agent du SPVQ avait expliqué au Soleil que l’homme ne s’était pas lavé depuis son arrestation et aurait pu avoir sur lui de l’essence ou toute autre substance inflammable. S’il était advenu qu’un agent utilise son pistolet à impulsion électrique, des flammes auraient pu surgir.

De son côté, la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) explique qu’il ne pouvait «ignorer la possibilité que des gens se soient rassemblés pour faire subir à l’accusé le même sort qui a été réservé à son ex-conjointe. Ainsi, les policiers à la détention ont demandé aux policiers d’apporter un extincteur lorsqu’ils accompagnaient l’accusé à l’extérieur».

La sauvage agression s’est déroulée vendredi soir sur la rue Arago sous les yeux de la mère de la victime et des deux jeunes enfants qu’elle partage avec Messaoud. La femme de 27 ans est dans un état grave, plongée dans un coma artificiel, après avoir été brûlée au visage, au dos et aux mains. 

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BRÈVE COMPARUTION

Frej Haj Messaoud, 39 ans, qui était chauffeur chez Taxi Coop, a formellement comparu lundi au palais de justice pour être accusé de tentative de meurtre et de voies de fait graves sur sa conjointe. 

Durant sa brève présence à la cour, l’accusé gardait les yeux sur la juge ou sur son avocat Me Alex Savoie, représentant du bureau de l’Aide juridique. La procureure de la Couronne Me Sabrina Lambert-Michel a remis à la défense toute la preuve recueillie jusqu’à présent par les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec.

À la demande de la Couronne, la juge Rena Émond a prononcé une ordonnance interdisant à Messaoud de communiquer avec la victime et tous les membres de sa famille à partir du centre de détention. 

Le dossier reviendra à la cour vendredi à l’étape de l’enquête sous remise en liberté. Isabelle Mathieu