Les causes du suicide chez les aînés, comme dans les autres tranches d'âge, sont multifactorielles.

Faute de fonds, Violence Info n'aidera plus les aînés

Violence Info doit mettre fin à un programme contre la violence envers les aînés qu'elle offrait pourtant depuis 16 ans dans la région de Québec. Une situation liée au mode de financement précaire des organismes communautaires, dénonce la directrice de l'organisme.
C'est avec douleur que Nathalie Igonène doit se résoudre à mettre à pied à compter du 1er avril la personne ressource qui assurait le volet prévention et intervention auprès des aînées victimes de maltraitance. «J'ai pu d'argent pour travailler. On ne peut plus offrir les services», lance-t-elle, visiblement déçue. La somme manquante pour une année s'élève autour de 40 000 $.
La mission initiale de l'organisme est de contrer la violence conjugale. Le volet aîné a été ajouté en 1998. Depuis, il offrait ce service grâce au financement gouvernemental. La dernière entente signée d'une durée de trois ans prend fin.
Au printemps 2013, Mme Igonène apprenait que les fonds dédiés aux projets régionaux contre la violence envers les aînés seraient dorénavant gérés par la Conférence régionale des élus (CRÉ). Mais voilà, depuis un an, aucune entente financière n'est intervenue, notamment avec le Secrétariat aux aînés, pour financer les projets qui seront à l'avenir soumis à la CRÉ.
«Nous avons un projet en stand-by. Sans prétendre qu'il serait financer, on ne peut le présenter parce qu'il n'existe aucun programme d'aide», s'indigne Mme Igonène. Et ses représentations faites depuis 12 mois pour éviter ce cul-de-sac n'ont rien donné.
D'autre part, elle comprend mal pourquoi le Secrétariat aux aînés à voulu transférer cette compétence à la CRÉ. «On ne parle pas d'économie. C'est un filet social. Quand on est devant un phénomène social, c'est au gouvernement de s'en occuper, pas à une instance régionale.»
Le directeur général de la CRÉ, Mario Leblanc, croit que cette nouvelle façon de faire permettra de «rassembler plus de fonds» pour financer les programmes. D'autre part, il dit tout faire pour que «ça aille le plus vite possible», reconnaissant que le contexte électoral a ralenti les négociations.
Pour la directrice de Violence Info, la situation reflète bien l'énergie que doivent déployer les organismes communautaires afin de trouver du financement. « C'est un problème de toujours devoir refaire ses devoirs. Sans compter qu'on perd nos ressources parce qu'il n'y a pas de sécurité d'emploi», déplore-t-elle.
Celle-ci plaide pour un financement récurrent plutôt qu'un financement par projet. Ainsi, les organismes s'assurent une sécurité financière et peuvent faire une meilleur planfication à long terme. Une opinion partagée par Alexandre Bougie du Regroupement des organismes communautaires de la Capitale. Des représentations ont déjà été faites en ce sens.
Stéphanie Ménard, porte-parole au ministère de la Santé, signale qu'il avait été convenu il y a trois ans que l'entente prenant fin ne serait pas reconduite et que Violence Info devait trouver une autre source de financement. Hier, elle ne disposait pas de l'information pour expliquer pourquoi le Secrétariat aux aînés à décidé de transférer la responsabilité de ce programme à la CRÉ.