Fausse alarme d’incendie: faut-il évacuer les écoliers?

Une école primaire de Québec. L’alarme incendie est déclenchée, les cloches sonnent. Certaines employées du service de garde et des enseignantes sortent prestement avec des enfants… d’autres non; celles-là restent au chaud avec la marmaille parce qu’on leur aurait dit qu’un jeune turbulent serait coupable d’avoir créé le brouhaha. Question posée par une citoyenne : le personnel des écoles n’a-t-il pas l’obligation d’évacuer avec tous les petits, dès qu’une alarme retentit, en attendant les pompiers?

La lectrice du Soleil ne voulait pas être nommée. Elle voulait cependant partager son questionnement. Surtout son inquiétude à la suite du récent événement. Elle se demande si, pour assurer la sécurité des enfants et leur apprendre la bonne réaction à avoir, il faut évacuer rapidement tout le monde. Peu importe la raison qui pousse la sirène à agresser les tympans des écoliers.

Pour y répondre, commençons par l’explication de l’établissement d’enseignement. La position du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) suivra.

Enfant turbulent

Ce jour-là de décembre, la sirène a crié à l’école Beausoleil de l’avenue Royale, dans le secteur Beauport. «On est dans les dernières journées avant Noël. Donc, dans les écoles, il y a beaucoup de mouvement et d’effervescence!» fait remarquer Martine Chouinard, secrétaire générale de la commission scolaire des Premières-Seigneuries. Un jeune «désorganisé» en a profité pour réaliser un fantasme : tirer sur la languette rouge qui alerte les pompiers!

«C’est sûr que, dans nos façons de faire dans les écoles, quand il y a une alarme de feu qui sonne, oui les élèves évacuent», convient Mme Chouinard. Généralement, tout l’établissement a le temps de sortir avant que la source de l’alarme soit identifiée. 

Mais, cette fois-là, certains ont préféré rester au chaud. Pourquoi?

«Rapidement, la situation a été identifiée puisqu’on a un membre du personnel qui a vu l’élève tirer l’alarme de feu», affirme Martine Chouinard. L’info aurait été relayée, ce qui aurait réduit la motivation du personnel à habiller les troupes pour une balade extérieure. «Le temps que l’enseignant donne l’information à la direction et que la direction commence à annoncer au télévox que c’était une fausse alarme… c’est pour ça que ce ne sont pas tous les enfants qui ont évacué.»

Hors de tout doute

«Nous, dès que l’alarme sonne, on recommande de sortir les gens», énonce cependant clairement Alexandre Lajoie, officier médias et prévention au SPCIQ. Il faut alors attendre les pompiers, attendre que ceux-ci inspectent le bâtiment et autorisent la réintégration.

M. Lajoie souligne qu’un individu qui annule une alarme incendie doit être certain, à 100 %, de son coup. Il devient alors responsable légalement si un malheur se produit. 

Cela étant dit, il est fréquent que des fausses alarmes se produisent, indique le pompier. Des travaux, un enfant, une erreur… les causes sont nombreuses. «Les gens nous “annulent” pendant qu’on est en route.»

Donc, en cas de doute, il faut laisser le champ libre aux pompiers. Par contre, s’il y a une certitude qu’un enfant tannant a déclenché une alarme incendie, il est bien d’avertir les pompiers. «C’est bon à deux niveaux : premièrement on empêche les pompiers de se déplacer en situation d’urgence et risquer de causer un accident […] et, deuxièmement, on évite aux enfants d’aller à l’extérieur par temps froid.»