Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit, suggère que si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

«Fake news»: démêler le vrai du faux

Comment faire pour démêler les vraies des fausses nouvelles? Ces fake news se partagent rapidement sur les réseaux sociaux et mènent à une désinformation de la population. Un nouvel outil de littératie médiatique national vient d’être lancé pour aider les internautes à s’y retrouver.

En pleine campagne électorale, cet outil arrive à point. Selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), 70 % des Canadiens craignent que de fausses informations n’affectent le résultat des élections. Il est aussi calculé que jusqu’à 90 % des citoyens ont, à un moment ou à un autre, déjà cru qu’un faux reportage lu en ligne en était un vrai.

«Essayer de contrer les fake news, c’est une guerre qu’on ne peut pas gagner. Si les journalistes devaient trier les fake news, ils y passeraient toute leur journée. Quand on sait ce qui s’est passé aux États-Unis, on sait qu’il y en a qui jouent avec ça en campagne électorale, c’est trop facile de faire fâcher les gens», indique Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit. 

La campagne se déploie partout au pays. Elle espère donner des compétences numériques aux citoyens. Vrai ou Faux en ligne est l’un des 20 projets de la grande initiative de Patrimoine canadien sur la citoyenneté numérique à laquelle Patrimoine canadien consacre 7 millions $. De cette somme, Médias d’Info Canada a obtenu 484 300 $ pour la campagne. L’outil consiste donc en un site Web, qui regroupe les conseils et astuces pour démêler le vrai du faux.

Quatre questions clé

«L’outil fournit quatre questions clés que les Canadiens peuvent se poser lorsqu’ils voient des nouvelles et des informations douteuses en ligne. Celui qui s’alimente de nouvelles par les médias sociaux, c’est surtout pour lui. Il faut regarder d’autres sources pour valider l’information. Ou bien le temps des publications : des fois on ressuscite de vieilles nouvelles qui ne sont plus d’actualité. Il y a aussi les pièges à clics, des moyens de vendre de la publicité en ligne, ça aussi c’est trompeur.»

Les écoles se muniront également d’outils de littératie numérique. Dans la société actuelle, il devient primordial d’équiper les jeunes le plus tôt possible à filtrer les bonnes des fausses nouvelles, surtout s’ils sont déjà actifs sur les médias sociaux. 

«Les vidéos, les images, les textes déformés... on fait tout ce qu’on peut pour faire valoir ses idées, il faut s’armer contre ça et essayer de se prémunir. Si on fréquente davantage les sources que l’on sait fiables, on est moins susceptibles de se faire attraper. Les journaux sont liés à des codes d’éthique, des codes de déontologie. Les gens peuvent facilement contester pour pointer les erreurs. Je pense que si les gens prennent juste un peu de temps, ils peuvent facilement se dépêtrer pour ne pas se faire manipuler.»

Le dernier conseil de M. Noreau? Si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

SITE WEB: http://vraioufauxenligne.ca