Facebook: un eldorado pour les spécialistes en marketing

Le «modèle Facebook» pourrait devenir un eldorado pour les publicitaires en manque d'astuces afin de charmer le consommateur de plus en plus perméable à leurs roucoulades.
Vrai que le réseau social recueille beaucoup de données personnelles sur ses utilisateurs, convient le professeur Jean-François Guertin, responsable de la maîtrise en administration, concentration communication marketing, à l'Université de Sherbrooke. «C'est sûr que l'outil, ou le médium, électronique permet l'accumulation de ce genre d'informations. C'est un outil performant qui emmagasine l'information sur l'individu.»
Cette connaissance fine des habitudes, des préférences, du statut social, du lieu de résidence a une grande valeur. Elle permet le «ciblage» des clients potentiels qui seront plus sensibles aux messages. Car l'urbain moyen est exposé à 2000, 3000 publicités chaque jour, dont la majorité ne le touche pas, ne le vise pas. «On se fait une espèce de carapace en tant que consommateur.»
Mais Facebook - comme plusieurs autres sites Web qui nous analysent - pourrait franchir cette chape d'indifférence. Comment? Un exemple : vous marchez sur la Grande Allée, à Québec. Un restaurateur du coin manque de clients. Il fait diffuser une publicité aux utilisateurs qui se trouvent à proximité en leur offrant un rabais à utiliser rapidement. Bon pour le commerce, bon pour le consommateur, remarque M. Guertin.
«Amis» appâts
Mieux, un annonceur utilise votre réseau social, vos amis, pour vous appâter. L'humain a tendance à se regrouper avec des congénères qui partagent des goûts similaires, enseigne l'universitaire. Facebook vous envoie donc un message du type : «Savais-tu que ton ami aime tel livre, telle musique, telle cause?» Vous risquez fort d'y voir de plus près. «Non seulement la publicité est personnalisée, mais elle est aussi dans un réseau de gens qui nous ressemble.»
C'est le paradis du spécialiste en marketing? «Cette dimension sociale s'avère très prometteuse», répond Jean-François Guertin. Les publicitaires s'attendent à améliorer leur «efficacité» grâce aux nouveaux outils.
Le plan d'affaires de Facebook repose d'ailleurs sur la collecte d'un maximum de données sur les habitués et leur revente aux annonceurs. Dans son plus récent rapport trimestriel, l'entreprise déclare des revenus de 1,26 milliard $ dont 1,09 milliard $, 86 %, provient de la publicité.
«Nous pouvons associer votre ville actuelle, vos coordonnées GPS et d'autres informations géographiques pour, par exemple, vous informer et informer vos amis de la proximité de personnes, d'événements ou de bons plans qui pourraient vous intéresser. Nous pouvons également recueillir des données vous concernant pour vous diffuser des publicités mieux adaptées à votre profil», expose justement Facebook dans sa Politique d'utilisation des données.
«Nous pouvons utiliser les informations que nous recevons à votre sujet [...] pour mesurer et comprendre l'efficacité des publicités que nous affichons et pour diffuser des publicités qui vous concernent plus pertinemment.»