Les nouveaux équipements permettront à Exploramer de réduire ses frais de fonctionnement.

Exploramer: une prise d'eau en mer pour la survie de 1000 spécimens marins

MATANE — Un chantier visant à doter Exploramer d'une prise d'eau en mer est en cours et devrait se terminer pour les Fêtes. Comme la Ville de Sainte-Anne-des-Monts a prévu de chlorer l'eau de son aqueduc cet hiver, l'institution muséale pourra, avec l'eau du fleuve qui sera acheminée dans ses aquariums, assurer la survie de 1000 spécimens marins issus de 60 espèces différentes. La directrice de l'établissement de la Haute-Gaspésie, Sandra Gauthier, est catégorique: «Une goutte de chlore tue les poissons en quelques heures».

«Le chlore s'attaque aux branchies, explique-t-elle. Les poissons sont asphyxiés. À plus long terme, ça s'attaque à la peau du poisson. C'est vraiment nocif pour eux.» Avec cette nouvelle installation, l'eau du fleuve sera acheminée directement dans la zone technique des aquariums. «Ça va ressembler à un boyau d'arrosage, décrit Mme Gauthier. Le biologiste qui s'occupe de la collection vivante va pouvoir faire ses changements d'eau tout seul au fur et à mesure qu'il en a besoin.»

Les nouveaux équipements permettront à Exploramer de réduire ses frais de fonctionnement. «L'hiver, on prenait de l'eau de l'aqueduc et on la transformait en eau de mer, raconte Sandra Gauthier. On achetait des palettes de sel de mer qui coûtaient 8 000$ chacune et des nutriments, puis on fabriquait de l'eau de mer. Faire un changement d'eau, ça prenait quatre hommes à tous les mois pendant une journée. De plus, avec le chlore qu'il va y avoir dans l'eau, il aurait fallu acheter des systèmes pour enlever le chlore ou des bassins de décantation et attendre que le chlore s'évapore. Alors qu'à côté, on a l'eau qui est parfaite!»

En mars, Exploramer a reçu une aide financière de 430 000$ de Québec pour la construction de l'annexe technique de la prise d'eau. Jeudi, Patrimoine canadien a annoncé un octroi supplémentaire de 310 871$ pour financer l'achat des systèmes d'équipement de maintien de la vie, tels que des compresseurs et des refroidisseurs. Ce montant permettra aussi la réfection de la toiture du musée et des travaux de fenestration, en plus de la construction d'une chambre-congélateur. 

Ces sommes représentent le quart du financement nécessaire à la pérennité d'Exploramer. «Quand on a fait évaluer le bâtiment par des ingénieurs et des architectes, il y a deux ans, ils avaient estimé qu'il y avait des travaux à faire pour 4 millions$ pour remettre le bâtiment A1», indique la directrice de l'établissement. 

Exploramer souhaite aussi, depuis plusieurs années, changer son bateau qui propose des expéditions éducatives en mer. Il en coûterait 1,6 million$. «C'est un élément rentable, soutient Mme Gauthier. Même avec le vieux qui n'a pas beaucoup de passagers et qui coûte très cher à opérer, on fait un revenu net. Donc, si on avait un plus gros bateau avec plus de passagers, puis moins de coûts d'opération liés à sa vétusté, c'est sûr qu'il serait encore plus rentable.»