Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Ex-préposé aux bénéficiaires en prison pour agression sexuelle sur une jeune patiente vulnérable

Un ex-préposé aux bénéficiaires de l’unité de traumatologie de l’Enfant-Jésus à Québec, Damba Kebe, est condamné à un an de prison pour avoir agressé sexuellement une jeune patiente immobilisée sur son lit d’hôpital.

L’homme de 53 ans a été déclaré coupable au terme d’un procès.

En août 2016, Josiane*, 17 ans, est hospitalisée à l’unité de traumatologie de l’Enfant-Jésus après avoir subi un très grave accident de bateau. 

Après deux semaines dans le coma, elle est consciente, mais doit être attachée à son lit d’hôpital.

Damba Kebe, préposé aux bénéficiaires dans cet hôpital depuis 2011, est chargé de lui prodiguer des soins.

Josiane a témoigné qu’à deux reprises, Kebe l’a agressée sexuellement. La première fois, il l’a embrassée sur la bouche. La seconde, le préposé a inséré son doigt dans son vagin alors qu’il la lavait. Il a ensuite léché son doigt.

La jeune femme était à ce moment incapable de faire usage de la parole ni de bouger. «Elle était complètement prisonnière de son corps», insiste le procureur de la Couronne, Me Michel Bérubé. 

Le juge Jean R. Beaulieu de la Cour du Québec a cru la version de la jeune femme. Celle de l’accusé, qui niait tout geste et affirmait qu’il n’avait jamais été seul avec la patiente, était invraisemblable, a tranché le juge.

Josiane a depuis retrouvé des forces et le fil de sa vie. Trois ans et demi après l’agression, elle est toujours suivie par un psychologue et garde des craintes vives. «Je ne voulais pas être hospitalisée de nouveau, j’avais peur que la situation se reproduise», témoigne Josiane.

Un discrédit sur le travail des préposés

En plus des conséquences sur la victime, le crime de Damba Kebe «jette un discrédit sur le noble travail de ceux qui doivent prendre soin des gens et met une méfiance qui n’a pas de raison d’être», a souligné le procureur de la Couronne.

En raison notamment du contexte «extrêmement préoccupant» de l’agression, le ministère public réclamait une peine de 18 mois, soit le haut des fourchettes de peine pour ce type de crime et de circonstances.

La défense avait plutôt plaidé pour une peine de 90 jours à purger de façon discontinue avec des travaux communautaires et une probation. Selon les spécialistes, Damba Kebe n’a pas de déviance sexuelle identifiée et semble prêt à agir pour se réhabiliter, dit son avocat.

Le juge Jean R. Beaulieu a opté pour une peine de 12 mois, soulignant l’abus de confiance du préposé aux bénéficiaires qui «a profité de la grande dépendance de la victime». 

Damba Kebe a été congédié par l’hôpital de l’Enfant-Jésus. Il travaillait aujourd’hui comme plongeur dans un restaurant.

* Prénom fictif