Le ministre québécois de l'Environnement, Benoit Charette, indique que le projet de loi C-69 ne peut «qu'aggraver la situation» en créant des «dédoublements, alourdissements administratifs et allongements des délais pour les initiateurs de projets».

Évaluations environnementales: le projet de loi fédéral ne peut «qu'aggraver la situation»

Le projet de loi C-69 resserrant les évaluations environnementales au pays crée «de nouvelles pommes de discorde», affirme sans détour le ministre québécois de l'Environnement.

Benoit Charette ne va pas cependant jusqu'à exiger le retrait de cette controversée pièce législative, qui confierait l'évaluation de projets à une nouvelle entité, l'Agence canadienne d'évaluation d'impact.

Il a livré vendredi la position du Québec devant le comité sénatorial de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles, qui sillonne le pays pour recueillir des témoignages, alors qu'une douzaine de manifestants pro-C-69 scandaient des slogans à l'extérieur de la salle d'audience.

Selon le gouvernement du Québec, le projet de loi C-69 ne peut «qu'aggraver la situation» en créant des «dédoublements, alourdissements administratifs et allongements des délais pour les initiateurs de projets».

Le ministre a fait valoir que le Québec peut déjà compter sur le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui a récemment fêté ses 40 ans d'existence, et sur une législation environnementale étoffée et modernisée.

«Simplifions la procédure pour que l'on puisse, de tous les côtés, s'assurer d'une bonne protection environnementale mais aussi d'une efficacité, a plaidé M. Charette. [Ottawa] crée de nouvelles pommes de discorde avec le projet de loi C-69 en ce sens qu'il ne fera qu'aggraver la situation. [...] Pour l'initiateur, c'est réellement un chemin du combattant qu'on lui impose.»

La procédure fédérale mettrait à mal le principe «un projet, une évaluation» si cher au Québec, a-t-il soutenu devant les sénateurs. L'un d'eux, le conservateur Dennis Glen Patterson, a opiné en qualifiant le projet de loi de «colonialiste», ce que M. Charette a soigneusement évité de répéter.

Il a martelé que la plupart des projets relèvent de la compétence constitutionnelle des provinces, et qu'il faut respecter cette compétence. Pensons, par exemple, aux projets de nature locale ou à ceux visant l'exploitation de ressources naturelles. Les projets qui relèvent principalement de la compétence fédérale constituent une exception, selon le ministre.

«Ce dédoublement est tout à fait évitable, et ce, sans affecter la protection de l'environnement ni la consultation publique et autochtone», a-t-il déclaré, en rappelant que dans le cadre d'une évaluation québécoise, les promoteurs doivent quand même se procurer les permis et autorisations nécessaires auprès des autorités fédérales, par exemple en vertu de la Loi sur les pêches.

Pour sa part, la sénatrice indépendante Rosa Galvez a indiqué sa préférence pour une loi qui uniformiserait les évaluations environnementales au pays. Elle a affirmé que la qualité des examens varie grandement d'une province à l'autre, et que, bien que le processus au Québec soit excellent, d'autres ont déjà livré des permis en 48 heures. «On ne peut pas accepter ça», a-t-elle dit.

En mêlée de presse après sa présentation, le ministre Charette a précisé être favorable à la pièce législative, à condition qu'elle soit substantiellement amendée. Il ne souhaite pas qu'elle soit retirée ou abandonnée.

«D'aucune façon notre présentation ce matin vise à retarder l'adoption du projet de loi ou à demander son retrait. On veut s'assurer que ce projet de loi-là soit tout simplement bonifié», a-t-il affirmé.

Le Québec propose deux principaux amendements: que l'on respecte la réglementation québécoise, et qu'elle ne soit pas assujettie à la procédure fédérale pour éviter que les procédures soient encore plus complexes pour les initiateurs. Selon Benoit Charette, il ne s'agit pas là d'une «exception Québec», puisque d'autres provinces ont fait de pareilles revendications.

Les changements proposés dans le projet de loi C-69 incluent une participation du public et des communautés autochtones touchées dès la phase de planification d'un projet, une réduction des délais d'évaluation — de 365 à 300 jours ou de 720 à 600 jours selon la taille du projet — et une étude de leurs impacts à long terme sur l'ensemble de la société, ce qui inclurait les émissions de gaz à effet de serre.

Le comité sénatorial prévoit finaliser son examen du projet de loi en déposant son rapport au Sénat le 9 mai 2019.

***

Amendements proposés par le Québec

1) Le gouvernement du Québec veut que la Loi sur l'évaluation d'impact prévoie la possibilité que seule la procédure d'évaluation québécoise s'applique aux projets relevant principalement de la compétence provinciale. Pensons, par exemple, aux projets de nature locale ou aux projets visant l'exploitation de ressources naturelles.

Selon le Québec, un double examen des projets n'est pas toujours nécessaire: il le devient uniquement lorsqu'un projet relève principalement de la compétence fédérale, ce qui constitue une exception. En effet, les projets dans la province sont, en principe, de compétence provinciale. Le gouvernement du Québec s'est doté d'un régime d'autorisation clair, prévisible, optimisé et conforme aux plus hauts standards en matière de protection de l'environnement. Il possède à la fois les instruments légaux et réglementaires, l'expérience et l'expertise, ainsi que l'autorité constitutionnelle nécessaires à l'évaluation rigoureuse des impacts des projets réalisés sur son territoire.

2) Le gouvernement du Québec demande que la Loi sur l'évaluation d'impact soit claire sur le fait qu'aucun projet de compétence fédérale réalisé en partie ou entièrement sur le territoire d'une province ne peut être soustrait aux lois environnementales provinciales. Le fait qu'un projet de compétence fédérale soit assujetti à la loi canadienne ne peut constituer une raison valable pour ignorer les lois environnementales provinciales.

3) Le gouvernement du Québec souhaite que la Loi sur l'évaluation d'impact respecte les accords sur les revendications territoriales en vigueur. Il juge important qu'elle prévoie expressément de soustraire à son application les projets de compétence provinciale devant être réalisés sur le territoire de la Convention de la Baie James et du Nord québécois et sur le territoire de la Convention du Nord-Est québécois. Cette demande vise à assurer l'application unique des régimes de protection de l'environnement prévus dans ces ententes pour les projets de compétence provinciale. Ces dernières ont démontré leur efficacité et se sont avérées avant-gardistes en ce qui concerne la participation des communautés autochtones au processus d'évaluation environnementale.

Justice et faits divers

Le décès d'un homme de 24 ans au marathon de Montréal soulève des questions

MONTRÉAL — Le décès d'un jeune participant de 24 ans au marathon de Montréal, dimanche, soulève des questions sur les délais d'intervention en cas de problèmes cardiaques.

Le bureau du coroner confirme que Patrick Neely est mort lors de l'épreuve du demi-marathon — un parcours de 21,1 km.

La porte-parole d'Urgences Santé soutient que son service a rapidement répondu à un appel pour un homme qui était en arrêt cardiorespiratoire à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée du demi-marathon. Véronique Tremblay a déclaré que l'appel avait été reçu à 9 h 55 et que les ambulanciers paramédicaux étaient auprès de M. Neely sept minutes plus tard.

Une porte-parole du bureau du coroner a déclaré qu'une enquête serait menée sur les circonstances entourant ce décès.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a précisé qu'il ne commenterait pas ce qui est considéré comme un incident de nature médicale.

Le marathon montréalais de la série internationale «Rock'n'Roll» a connu de graves problèmes logistiques avant même le coup de départ, prévu à 7 h 10 dimanche matin — qui a été retardé de 50 minutes.

«La sécurité du parcours n'était pas assurée à l'heure prévue du départ», ont expliqué les organisateurs dans un message Facebook, dimanche matin. «L'organisation a redéployé des équipes sur les parcours pour garantir la sécurité sur tout le parcours. Notre priorité était de s'assurer que tout soit sécuritaire pour nos coureurs.»

Ce sont finalement les policiers du SPVM qui sont venus à la rescousse pour pallier ce manque de ressources de l'organisation du marathon de Montréal.

Environnement

Urgence climatique : les dirigeants sermonnés par Greta Thunberg à l'ONU

NATIONS UNIES — «Comment osez-vous !» a lancé lundi la jeune militante du climat Greta Thunberg aux dirigeants mondiaux réunis à l’ONU pour revigorer l’accord de Paris sur le climat, et appelés à abandonner les énergies fossiles pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Répondant à l’appel du secrétaire général des Nations unies, 66 Etats ont désormais souscrit au principe d’une neutralité carbone d’ici 2050, a annoncé l’ONU lundi matin en préambule de ce sommet inédit. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Le sommet précède l’Assemblée générale annuelle des Nations unies et une soixantaine de chefs d’États et de gouvernements doivent prendre la parole pour annoncer des engagements renforcés.

Le ton a été donné à l’ouverture par un discours percutant de la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a blâmé sans détour les dirigeants pour leur inaction.

«Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan», a lancé la lycéenne en année sabbatique, la voix tremblante de colère. «Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses».

«Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle? Comment osez-vous!»

Surprise, le président américain Donald Trump, présent à l’ONU pour d’autres événements, est venu s’asseoir quelques minutes dans la salle, alors que les États-Unis avaient décliné de participer. Il a écouté, puis applaudi, le premier ministre indien, Narendra Modi, avant de filer vers un autre événement.

Volonté de ne pas être complètement absent du principal événement du jour ? Goût de la provocation de la part de celui qui a annoncé le retrait avec fracas des États-Unis de l’accord de Paris ? La brève visite du milliardaire républicain a suscité la perplexité.

Manifestations «sympathiques»

Outre les États-Unis, le Brésil et l’Australie ne participent pas au sommet, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, a décrit la croissance effrénée des énergies renouvelables dans son pays.

Sans nommer Greta Thunberg, Emmanuel Macron s’est dit frappé par les discours des jeunes l’ayant précédé. «Aucun responsable ne peut rester sourd à cette exigence de justice entre les générations», a-t-il dit. «On a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses […] et mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger».

Excédant le temps de parole prévu de trois minutes par leader, il a fait applaudir la Russie, qui a ratifié lundi l’accord de Paris, et répété que les dernières centrales au charbon françaises seraient fermées en 2022. Quant à l’Europe, il a appelé à ce que toutes les importations soient «zéro carbone et zéro déforestation».

Dans l’avion vers New York, le président avait jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne.

Zéro carbone

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et finira à au moins +3°C en 2100 dans l’état actuel des engagements.

Les promesses de lundi n’ont pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements climatiques révisés à la hausse.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Élections 2019

Six milliards $ pour les médicaments, la santé mentale et les médecins de famille

HAMILTON — Au treizième jour de la campagne électorale fédérale, le chef libéral tente de recentrer son discours autour de Doug Ford et de l'épouvantail que le premier ministre ontarien impopulaire peut représenter.

Justin Trudeau était de passage à Hamilton lundi matin.

Il a promis, s'il est réélu, de dépenser six milliards $ en trois ans pour instaurer un régime d'assurance médicament national ainsi que pour améliorer l'accès aux médecins de famille et aux services en santé mentale.

Tout ceci requiert des négociations avec les provinces et les territoires, la livraison des soins de santé n'étant pas de compétence fédérale.

«Alors la question devient qui voulez-vous voir négocier avec Doug Ford sur votre santé ?», a lancé le chef libéral, sentant le besoin de nommer le premier ministre conservateur ontarien plus d'une dizaine de fois en 30 minutes.

Le premier ministre ontarien conservateur a multiplié les coupures dans les services depuis son arrivée au pouvoir, méritant une dégringolade spectaculaire dans les mesures de satisfaction des électeurs de sa province.

M. Trudeau a également eu recours, mais dans une moindre mesure, à l'autre conservateur qui lui sert d'épouvantail dans cette campagne : Stephen Harper.

«Les conservateurs proposent la même approche que Stephen Harper avec des baisses d'impôts qui aident les mieux nantis. Ils ne vont pas aller chercher de l'argent chez les grands pollueurs. Ils vont protéger les manufacturiers d'armes. Ils vont continuer d'aider les 1 % les plus riches au lieu d'investir dans la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour s'y joindre», a prédit M. Trudeau.

Il a ainsi reproché aux conservateurs d'Andrew Scheer de proposer les mêmes baisses d'impôts que celles de l'époque Harper.

M. Trudeau a été brièvement chahuté pendant son apparition matinale par quelques jeunes manifestants qui en avaient contre les pipelines.

Élections 2019

Scheer prend des engagements pour faciliter l'accès à la propriété

VAUGHAN, Ont. — Le chef conservateur Andrew Scheer a dévoilé lundi matin un plan qui, selon lui, rendra plus abordable l'achat d'une maison.

M. Scheer affirme qu'il autorisera de nouveau les emprunts hypothécaires sur 30 ans afin de réduire les mensualités, d'alléger ce que l'on appelle le «test de résistance» lors de la demande de prêts hypothécaires et de supprimer complètement le test lors des renouvellements d'hypothèque.

Un gouvernement conservateur mettrait également des biens immobiliers fédéraux excédentaires à la disposition des promoteurs afin d'accroître l'offre de logements et lancerait une enquête sur le blanchiment d'argent dans le secteur immobilier.

En cherchant à augmenter la durée des hypothèques disponibles, M. Scheer infirme une décision prise par le dernier gouvernement conservateur.

À partir de 2008, les conservateurs de Stephen Harper avaient commencé à réduire le taux d'amortissement maximal des prêts hypothécaires assurés, le faisant passer de 40 à 35 ans et, en 2011, à 30 ans.

En 2012, l'ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, l'a réduit à 25 ans, affirmant que cela contribuerait à réduire les paiements d'intérêts et permettrait aux gens de rembourser leur prêt hypothécaire plus rapidement.

La décision prise à l'époque visait à réduire le fardeau croissant de la dette des Canadiens.

Selon Statistique Canada, en août, la dette hypothécaire médiane des familles canadiennes ayant contracté un emprunt hypothécaire avait presque doublé de 1999 à 2016, passant de 91 900 $ à 180 000 $ en dollars constants de 2016.

M. Scheer fait campagne lundi dans la banlieue torontoise de Vaughan et à St Catharines, en Ontario.

Élections 2019

Les publicités du Parti vert se tournent vers les nouvelles générations

Le parti vert d'Elizabeth May s'est tourné vers les enfants et la jeunesse pour sa nouvelle campagne publicitaire.

Le parti a lancé une série de publicités — en anglais et en français  — qui montrent des enfants brandissant des pancartes avec des messages incitant à la réflexion.

Dans l'un des messages, des enfants et des bébés tiennent de grandes cartes avec des mots prononcés par leurs parents au fil des ans.

Une affiche indique ainsi que si on ne joue pas bien avec les autres, on n'aura pas d'amis, et le slogan de la publicité note que si les enfants savent comment agir, les dirigeants le devraient aussi.

Le parti affirme que l'idée est de s'attendre que les dirigeants nationaux soient tenus aux mêmes comportements que l'on attend des enfants, tout en créant un lien plus positif avec les électeurs en évitant d'attaquer leurs rivaux.

Dan Turcotte, candidat vert dans la circonscription torontoise de Don Valley-Est, a écrit et dirigé la campagne, avec le soutien de Mme May. Le stratège en communication enseigne la production publicitaire au niveau collégial.

«Les gens en ont assez que les partis politiques se critiquent sans offrir de véritable solution de rechange», a expliqué M. Turcotte, dont la fille apparaît dans une publicité. «Quand j'ai essayé de déterminer comment expliquer cette frustration à mon neveu de quatre ans, cela a été un déclic.»

Dans une deuxième publicité, des adolescents avec des affiches s'adressent sarcastiquement aux leaders qui ignorent la prochaine génération.

Une dernière publicité présente Mme May et un groupe de candidats verts dans le but de dissiper la notion selon laquelle les verts sont un parti à un seul enjeu et à une seule personne.

Environnement

L'ONU déclare l'urgence climatique, les dirigeants mondiaux sous pression

NATIONS UNIES — Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l’ONU lundi pour un sommet sur «l’urgence climatique» censé revigorer l’accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre.

«L’urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner», a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a aussi invité à la tribune la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, symbole de la jeunesse mondiale révoltée contre l’inaction des gouvernements. Elle parlera dès le début du sommet.

Le sommet a lieu à la veille de l’ouverture des débats de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU et entre deux vendredis de grandes grèves de l’école coordonnées mondialement. Antonio Guterres a demandé aux dirigeants d’annoncer des révisions à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Selon un prébilan de l’ONU lundi matin, 66 États ont souscrit à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Emmanuel Macron a convié avec ses homologues chilien et colombien une réunion sur l’Amazonie peu avant l’ouverture du sommet, dans laquelle de nouveaux programmes ont été annoncés pour les forêts tropicales, avec un financement d’environ 500 millions $.

Dans l’avion vers New York, le président français a jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne. «Moi, je bouge», a-t-il dit.

Zéro carbone

Moins de la moitié des 136 chefs d’États et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale participent au sommet climat.

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents; Donald Trump sera dans les murs, mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion.

«Je ne snobe rien du tout», a-t-il dit lundi matin. «Je suis très occupé».

Le Brésil et l’Australie, dont le premier ministre conservateur était à la Maison-Blanche la semaine dernière, ne seront pas là non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et le rythme va s’accélérer.

Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Justice et faits divers

Accident de travail mortel chez ArcelorMittal près de Fermont

BAIE-COMEAU — Un travailleur d’ArcelorMittal, âgé dans la trentaine, est décédé dimanche soir dans un accident de travail aux installations de la minière à Mont-Wright, tout près de Fermont, sur la Côte-Nord.

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui dispose d’informations sommaires pour l’instant, le travailleur décédé se trouvait avec un collègue au sous-sol du département des épaississeurs, aux installations de la mine du Mont-Wright, lorsqu’ils ont été emportés par un soudain coup d’eau.

L’un des deux hommes n’a pas survécu alors que l’autre a subi des blessures dont on ignore la nature pour l’instant. La CNESST confirme toutefois que le second travailleur se trouve hors de danger.

La CNESST Côte-Nord a dépêché deux inspecteurs sur place, afin tout d’abord de sécuriser les lieux de l’accident mortel et ensuite déterminer les causes de ce drame. Plus de détails seront disponibles quand les inspecteurs auront commencé leur enquête à Fermont, qui se trouve à près de 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés sur les lieux en premier, vers 21 h 20 dimanche soir. Ils n’ont pu que constater le décès de l’homme dans la trentaine.

Élections 2019

Sondage Mainstreet: les libéraux écorchés par le «blackface»

L’histoire du blackface de Justin Trudeau fait mal. Les libéraux ont perdu presque 3 % des intentions de vote en trois jours à travers le Canada, laissant passer les conservateurs en tête. Au Québec, par contre, l’affaire a eu peu ou pas d’impact.

C’est ce que révèle le plus récent sondage Mainstreet réalisé du 19 au 21 septembre, soit jeudi, vendredi et samedi, auprès d’un important échantillon de 2124 Canadiens adultes.

«Ce sont nos premières données où on a un échantillonnage complet sondé au moins 24 heures après la sortie publique de Justin Trudeau sur l’histoire du blackface. Et on constate que ça vient égratigner le Parti libéral», affirme le président de la firme pour le Québec, Luc Fortin.

Environnement

Dans la rue pour sauver la planète

Le 27 septembre, des milliers de personnes, principalement des étudiants, se retrouveront dans les rues pour manifester dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Comment tous ces jeunes se préparent pour cet événement d’envergure?

Tout a commencé au début de cette année. Le mouvement Earth Strike avait annoncé une grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plusieurs grandes villes dans le monde, dont Montréal, ont voulu y participer.

La Capitale

100 ans et en pleine forme

Paul Reny conduit régulièrement sa voiture, il marche deux fois par jour et joue régulièrement au golf. Il est aussi équipé d’une mémoire phénoménale, il faut demander à ses proches!

M. Reny fête ses 100 ans cette année. Toute sa famille élargie et des amis ont voulu célébrer sa fête, mais aussi sa forme, au Domaine Cataraqui dimanche. Son épouse, ses frères et sœurs ainsi que ses trois enfants sont malheureusement tous décédés, il est le dernier survivant de sa famille proche. M. Reny a été le président de la Chambre de Commerce et fondateur de la première station de radio, à Chicoutimi. Il reste d’ailleurs impliqué dans l’Association des aînés de Sillery.  

Élections 2019

Prestations des anciens combattants: Scheer veut éliminer les retards

CANOE COVE, Île-du-Prince-Édouard — Le chef conservateur Andrew Scheer a promis dimanche d’appuyer les anciens combattants en créant un régime de pensions fiable et surtout, en éliminant les retards dans leurs demandes de prestations dans un délai de deux ans s’il est élu.

M. Scheer a expliqué qu’un gouvernement conservateur passerait par la voie législative pour veiller à ce que chaque vétéran soit traité avec respect et obtienne des services en temps opportun.

«À tous les vétérans qui ont connu et qui continuent de connaître des difficultés sans le soutien et les prestations qu’ils ont mérités à travers leur service, mon message est le suivant : vous avez été trahis, mais vous méritez mieux», a-t-il lancé en anglais, pendant son annonce réalisée à l’Île-du-Prince-Édouard.

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Actualités

À cheval au service à l'auto du McDo [PHOTO]

Le photographe Patrice Laroche revenait tranquillement au bureau après une assignation à Stoneham.

Quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu un cheval dans la file d’attente du service au volant au restaurant McDonald du coin! Il a pu rapidement capturer le moment, avant que le cowboy ne reparte avec son dîner. Il faut s’éloigner du centre-ville de Québec pour assister à des moments comme celui-là. Patrice se trouvait au bon moment, au bon endroit.  

Données techniques: Nikon D4; zoom 70-200mm; ISO 400; 1/500e s; f.14

Politique

«Fake news»: démêler le vrai du faux

Comment faire pour démêler les vraies des fausses nouvelles? Ces fake news se partagent rapidement sur les réseaux sociaux et mènent à une désinformation de la population. Un nouvel outil de littératie médiatique national vient d’être lancé pour aider les internautes à s’y retrouver.

En pleine campagne électorale, cet outil arrive à point. Selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), 70 % des Canadiens craignent que de fausses informations n’affectent le résultat des élections. Il est aussi calculé que jusqu’à 90 % des citoyens ont, à un moment ou à un autre, déjà cru qu’un faux reportage lu en ligne en était un vrai.

«Essayer de contrer les fake news, c’est une guerre qu’on ne peut pas gagner. Si les journalistes devaient trier les fake news, ils y passeraient toute leur journée. Quand on sait ce qui s’est passé aux États-Unis, on sait qu’il y en a qui jouent avec ça en campagne électorale, c’est trop facile de faire fâcher les gens», indique Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit. 

La campagne se déploie partout au pays. Elle espère donner des compétences numériques aux citoyens. Vrai ou Faux en ligne est l’un des 20 projets de la grande initiative de Patrimoine canadien sur la citoyenneté numérique à laquelle Patrimoine canadien consacre 7 millions $. De cette somme, Médias d’Info Canada a obtenu 484 300 $ pour la campagne. L’outil consiste donc en un site Web, qui regroupe les conseils et astuces pour démêler le vrai du faux.

Quatre questions clé

«L’outil fournit quatre questions clés que les Canadiens peuvent se poser lorsqu’ils voient des nouvelles et des informations douteuses en ligne. Celui qui s’alimente de nouvelles par les médias sociaux, c’est surtout pour lui. Il faut regarder d’autres sources pour valider l’information. Ou bien le temps des publications : des fois on ressuscite de vieilles nouvelles qui ne sont plus d’actualité. Il y a aussi les pièges à clics, des moyens de vendre de la publicité en ligne, ça aussi c’est trompeur.»

Les écoles se muniront également d’outils de littératie numérique. Dans la société actuelle, il devient primordial d’équiper les jeunes le plus tôt possible à filtrer les bonnes des fausses nouvelles, surtout s’ils sont déjà actifs sur les médias sociaux. 

«Les vidéos, les images, les textes déformés... on fait tout ce qu’on peut pour faire valoir ses idées, il faut s’armer contre ça et essayer de se prémunir. Si on fréquente davantage les sources que l’on sait fiables, on est moins susceptibles de se faire attraper. Les journaux sont liés à des codes d’éthique, des codes de déontologie. Les gens peuvent facilement contester pour pointer les erreurs. Je pense que si les gens prennent juste un peu de temps, ils peuvent facilement se dépêtrer pour ne pas se faire manipuler.»

Le dernier conseil de M. Noreau? Si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

SITE WEB: http://vraioufauxenligne.ca 

Élections 2019

Impôts et cellulaires: les libéraux promettent des baisses

BRAMPTON — Justin Trudeau s’est engagé dimanche à baisser les impôts et les factures de cellulaires, tentant de remettre le thème de la classe moyenne à l’avant-plan après que sa campagne eut été monopolisée par la saga des «blackface».

Le chef libéral était de passage à Brampton, en Ontario, dimanche, pour annoncer que, s’il est réélu, il rendra la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour la plupart des Canadiens.

«Avec cette baisse d’impôts, nous sortirons environ 40 000 personnes de la pauvreté - deux fois plus que dans le programme conservateur - et nous rendrons la vie plus abordable pour les Canadiens», a-t-il lancé en point de presse.

Éducation

Plus de 2,3 milliards $ pour rénover les écoles délabrées

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé dimanche un investissement de plus de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation des écoles. Les sommes seront engagées durant l'année financière en cours, mais les commissions scolaires auront jusqu'à trois ans pour mener à bien leurs projets.

Accompagné du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, dans l'Est de l'île de Montréal, le ministre Roberge a promis de remettre en état 60 pour cent des établissements scolaires à travers la province d'ici 2022.

«Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.»

Selon M. Roberge, l'enveloppe consacrée «au maintien des bâtiments et à la résorption du déficit de maintien» est deux fois et demie supérieure à celle qui avait été investie par le gouvernement libéral lors de sa dernière année au pouvoir.

1800 écoles visées

Les projets de rénovation des écoles jugées les plus désuètes seront priorisés.

M. Dubé estime que 60 % des quelque 3000 établissements scolaires du Québec pourront être remis à niveau.

«Ça veut dire qu'il y a 1800 écoles qui vont être touchées et qui sont en ce moment avec un taux de désuétude, c'est-à-dire qu'on dit qu'elles sont vétustes, qu'on a besoin de les améliorer», a souligné le président du Conseil du trésor.

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, était également présente à l'école primaire Montmartre, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, car près de 625 millions $ de cette somme seront accordés aux cinq commissions scolaires de la métropole.

Les montants pour chacune des autres régions du Québec seront dévoilés dans les prochaines semaines par les ministres titulaires.

La liste complète des projets de rénovation par école sera connue l'automne prochain.

Plus tôt cet été, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait annoncé l'injection de 1,7 milliard de dollars pour la construction et l'agrandissement d'écoles.

Une remise à niveau du parc immobilier scolaire figurait parmi les promesses électorales de la formation de François Legault.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.

Insolite

Un combat entre grizzlys capté sur vidéo en Colombie-Britannique [VIDÉO]

Une Canadienne qui circulait sur l’autoroute Stewart-Cassiar entre Stewart et Meziadin Junction, en Colombie-Britannique, a été témoin d’un spectacle rare, un combat entre deux grizzlys.

Cari McGillivray a partagé vendredi sur Facebook la vidéo d’un duel entre les deux animaux. On peut voir les deux grizzlys se faire face et grogner. Ils ont échangé des coups, passant de la route au fossé pour revenir sur l’asphalte. 

«C'était de loin l'une de mes rencontres préférées avec la faune», a écrit Cari McGillivray dans les commentaires.

À la fin de la vidéo, le plus petit des grizzlys abandonne le combat, poursuivi par l’autre animal. Également, au loin sur la route, on peut apercevoir un loup s’arrêter pour observer la scène.

La vidéo a été visionnée plus d’un demi-million de fois depuis vendredi. Elle a été partagée par plus de 21 000 personnes et a reçu de nombreux commentaires et j’aime.

Justice et faits divers

Un cycliste grièvement blessé à Rimouski

Un cycliste de 25 ans lutte pour sa vie après une collision avec une voiture, à Rimouski, dimanche.

L’accident s’est produit vers 4 h 45 à l’intersection du boulevard René-Lepage (route 132) et de la rue Moreau. Selon la Sûreté du Québec, le cycliste, qui circulait sur la piste cyclable le long du fleuve, ne portait pas de casque. Il aurait traversé le boulevard René-Lepage pour tourner à gauche sans prendre le temps de s’assurer qu’il n’y avait pas de danger. 

L'automobiliste, qui roulait en direction ouest, n’a pas pu éviter le cycliste. La conductrice a été transportée à l’hôpital pour y soigner un choc nerveux. L’homme de 25 ans a été grièvement blessé et on craint pour sa vie.

Un enquêteur spécialisé dans les scènes d’accident s’est rendu sur place et une enquête est en cours pour établir les circonstances précises de l’accident.

Actualités

La projection du «Bat-Signal» à Montréal annulée par les policiers

Montréal n'aura eu des airs de Gotham City que pendant quelques minutes samedi soir. La projection du «Bat-Signal» au centre-ville, qui devait avoir lieu à compter de 20h pour souligner le 80e anniversaire du héros Batman de l'univers de DC Comics, a été annulée à la demande des policiers.

Le «Bat-Signal», ce symbole utilisé par les policiers pour convoquer le ténébreux justicier, devait illuminer la Place Dupuis de 20h à minuit. Il n'a finalement été projeté que pendant une très courte période.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé à La Presse canadienne avoir demandé aux organisateurs — ce ne sont pas eux, ont-ils précisé — de reporter, voire d'annuler, la projection afin de ne pas nuire à une opération dans un parc à proximité de l'édifice.

Un homme souffrant de problèmes de santé mentale se trouvait depuis 17h35 «dans une structure» située dans le parc Émilie-Gamelin, qui est adjacent au lieu de la projection.

Il est finalement descendu à 21h50 au terme de négociations avec les policiers et a été arrêté pour méfait public, a précisé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du SPVM. Le parc a été entièrement fermé durant l'opération.

Montréal est le seul endroit au Canada qui devait prendre part à l'événement, qui réunit 12 autres villes à travers le monde.

Symbole international

Le troisième samedi du mois de septembre marque l'anniversaire du personnage, créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en 1939.

Le symbole de chauve-souris a d'abord brillé sur le Fed Square de Melbourne, en Australie et, selon le site Web de DC Comics, il devait également faire son apparition à Tokyo, à Berlin, à Barcelone et à Londres.

Le «Bat-Signal» a également éclairé le ciel new-yorkais, avant d'être projeté une dernière fois sur l'hôtel de ville de Los Angeles.

«Le ''Bat-Signal'' est l'une des images les plus facilement identifiables dans toute l'iconographie des superhéros et il sera remarquable de le voir transcender les frontières, les langues et les cultures pour nous unir à travers une seule expérience», a déclaré Pam Lifford, du studio Warner Bros, dans un communiqué plus tôt cette semaine.

Actualités

Saison de la chasse: la SQ rappelle l'importance de quelques précautions de base

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec (SQ) profite de la saison de la chasse pour rappeler à ceux et celles qui pratiquent cette activité de ne pas oublier de prendre certaines mesures de précaution de base.

La SQ lance cet appel puisque chaque année, les policiers de la Sûreté du Québec doivent intervenir à la suite d'un signalement pour une personne portée disparue en forêt durant la période de la chasse.

Dans les prochains jours, les chasseurs seront de plus en plus nombreux à s'adonner à leur activité favorite dans les milieux isolés.

À la SQ, la sergente Marie-Michèle Moore a rappelé samedi à quel point il est important de fournir l'itinéraire prévu aux proches, ainsi que la date et l'heure du retour.

Même si les conditions météo peuvent sembler favorables, il faut aussi prévoir une trousse de survie contenant notamment des articles de premiers soins de base et des allumettes, puis être en mesure de s'alimenter si un chasseur devait passer plus de temps que prévu en forêt. Des vêtements pour être en mesure de faire face à la pluie ou au froid peuvent aussi s'avérer pratiques.

Évidemment, les cartes et les boussoles sont des outils très utiles pour les chasseurs, mais les moyens de communication comme un téléphone cellulaire et un GPS peuvent s'avérer indispensables.

Ceux qui possèdent un téléphone satellite devraient aussi connaître le numéro de téléphone des services d'urgence de la région où ils se trouveront, rappelle la SQ.

Actualités

Google prétend avoir atteint la «suprématie quantique»

NEW YORK — Le géant informatique américain Google prétend avoir franchi une étape importante désignée sous le nom de "suprématie quantique" en fabriquant une machine aux capacités bien supérieures à celles des ordinateurs classiques les plus puissants, selon le «Financial Times» vendredi.

Ces calculateurs d'un nouveau type sont capables, pour certaines tâches, de les réaliser bien plus rapidement que les machines actuelles car ils peuvent utiliser des propriétés étonnantes des particules permettant d'échapper aux règles de la physique classique.

Une étude des chercheurs de Google décrivant cette innovation, vue par des journalistes du quotidien économique, a été brièvement publiée sur le site de la Nasa cette semaine avant d'en être retirée.

Les chercheurs y affirmeraient que leur processeur est capable de mener une opération en trois minutes et vingt secondes là où il faudrait 10 000 ans au plus avancé des ordinateurs actuels.

Ils auraient atteint ainsi la «suprématie quantique», en démontrant clairement qu'un ordinateur quantique bat en performance un ordinateur classique.

Une étape «essentielle»

Alphabet, la maison mère de Google, n'avait pas dans l'immédiat répondu aux sollicitations de l'AFP.

Selon les chercheurs de l'entreprise californienne, la machine ne peut résoudre qu'un seul calcul à la fois et l'utilisation des machines quantiques pour de réelles applications industrielles ne se fera pas avant plusieurs années.

Mais c'est «une étape essentielle vers l'informatique quantique à grande échelle», écrivent-ils dans l'étude selon le Financial Times.

S'il existe déjà des prototypes d'ordinateurs quantiques, ces derniers ne peuvent actuellement que réaliser des tâches similaires à celles effectuées par un ordinateur normal, mais plus rapidement.

Des ordinateurs quantiques aboutis pourraient changer la donne dans des domaines tels que la cryptographie, la chimie ou l'intelligence artificielle.

L'entrepreneur de la tech Andrew Yang, en lice pour la primaire démocrate, a salué cette avancée.

«Que Google mette en œuvre l'informatique quantique est une étape importante. Cela signifie, entre autres choses, qu'aucun code n'est indéchiffrable», a-t-il écrit sur Twitter.

Élections 2019

Le coût de la vie est le principal enjeu de la campagne, selon un sondage

OTTAWA — Les données d'un nouveau sondage dressent le portrait d'une population canadienne rongée par l'anxiété et le pessimisme économiques, des résultats qui pourraient expliquer pourquoi l'enjeu du coût de la vie se démarque comme le principal thème de la campagne électorale fédérale.

Toutefois, s'il faut tirer un constat du plus récent coup de sonde mené par Léger, c'est que les électeurs ne savent toujours pas quel parti est le plus susceptible d'apaiser leurs inquiétudes.

Dans son enquête, Léger a demandé aux gens de choisir quelle affirmation correspondait le mieux à leur situation financière personnelle.

Plus d'une personne sur quatre, soit 26 % des répondants, a indiqué que son revenu était adéquat, mais qu'elle avait tout de même de la difficulté à joindre les deux bouts et qu'elle ne s'en sortait pas.

Pour 13 % des répondants, leur revenu est tout simplement trop bas et ils s'enfoncent dans l'endettement.

Chez les 35-54 ans, ce sont 36 % des répondants qui admettent joindre difficilement les deux bouts, même avec un revenu décent, alors que 15 % d'entre eux s'endettent. Il s'agit du taux le plus élevé parmi tous les groupes d'âge interrogés.

Ne cherchez plus pourquoi les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous passé la première semaine de campagne à courtiser les familles, affirme le vice-président de Léger, Christian Bourque.

«Ils ont probablement des données similaires en main qui leur indiquent qu'il y a là une masse de gens pour qui la vie semble plus difficile», explique-t-il.

Le sondage a été mené du 13 au 17 septembre auprès de 1598 électeurs sélectionnés au sein du panel en ligne de Léger. Comme il ne s'agit pas d'un échantillon probabiliste, il est impossible de définir une marge d'erreur.

Élections 2019

Le «blackface» éclipse une annonce du Parti vert sur la décriminalisation des drogues

Même en l'absence du chef libéral Justin Trudeau qui a pris une journée de repos — tout comme le chef conservateur Andrew Scheer, le «blackface» a rattrapé les autres partis et leurs annonces, sauf au Québec.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh, à Toronto, et la chef du Parti vert Elizabeth May, à Winnipeg, ont dû composer avec la controverse entourant la parution de photographies du visage grimé de noir de Justin Trudeau. Le Québec a échappé à la tourmente.

Le chef bloquiste a tenté de profiter de la fenêtre médiatique qu'il disposait pour marteler de nouveau sur le clou de l'environnement.

De l'ombrage aux verts

La controverse a porté ombrage à une importante annonce électorale des verts.

De passage à Winnipeg, Elizabeth May a annoncé que son parti voulait décriminaliser la possession de toutes les drogues actuellement illégales afin de résoudre la crise des opioïdes. Selon elle, il faut que cet enjeu ne soit plus traité «comme un problème criminel», mais comme «un problème de santé».

Mais l'annonce est presque passée inaperçue puisque la chef de la formation a dû passer plus de temps à commenter les photographies de Trudeau que de parler de l'engagement de son parti.

Mme May semblait être plus encline à absoudre M. Trudeau. Un de ses propres candidats vedettes à Terre-Neuve-et-Labrador a reconnu lui-même avoir coloré sa peau dans le passé.

Greg Malone, qui se présente dans la circonscription d'Avalon, a raconté qu'il avait teint sa peau pour interpréter Mahatma Gandhi dans un sketch diffusé pendant un épisode de la série CODCO, une émission humoristique de la CBC dans les années 1980 et 1990. M. Malone en en parlé dans un article publié sur le site internet de la société d'État. Il y soutient que les Blancs doivent faire un plus grand effort pour se placer dans les souliers des minorités visibles.

Actualités

S’élever au-dessus de la maladie... en hydravion!

Hugo Desrochers a combattu une leucémie en 2010. En rémission, il souhaitait s’impliquer auprès d’autres personnes atteintes d’une maladie. Puis il a décidé d’unir ses deux passions, l’aviation et le désir d’aider les enfants, pour créer la fondation Vol d’un survivant à l’autre.

Hugo et son équipe offrent la chance aux enfants malades et à leur famille de faire un tour d’hydravion au-dessus du Lac Saint-Augustin, tout à fait gratuitement. Cette année marque la huitième édition de l’événement.

«C’est comme un petit Rêves d’enfants. La première édition, il y a eu un vol. Après on a grandi, et grandi. L’année passée, il y en a eu 13 et cette année, on est rendu à 34, avec quatre avions pour réaliser les vols.»

En plus de tenir une journée d’activités, où les enfants et leurs familles s’amusent pour ensuite sauter dans un hydravion pour voler au-dessus de la ville, la fondation de M. Desrochers amasse des sous. La somme entière est remise à la Fondation Charles-Bruneau, qui partager leurs valeurs et objectifs.

«Je suis fier de dire que cette journée, c’est notre équipe qui crée l’activité, avec tout plein de bénévoles et de commanditaires. Ça prend quelqu’un du milieu, sinon ce genre d’activité n’existerait pas. La Fondation Charles-Bruneau nous offre un soutien et une notoriété.»

Un cadeau

Samedi en début d’après-midi, M. Desrochers revenait tout juste de compléter un vol avec une famille. Le petit garçon débarquait de l’avion tout heureux, les yeux brillants.

«Les parents disaient qu’il était en traitement de chimiothérapie toute la semaine. Il pensait à son tour d’avion et ça a été sa motivation. Entendre ça, c’est ma paie pour l’année. C’est trippant de voir l’émotion des gens quand on les entre dans l’avion, quand on revient. On sort de l’avion et on est émerveillés.»

L’objectif de cette journée de vol est d’offrir un moment de répit aux familles, de les aider à passer au travers de moments difficiles. Après huit ans, le fondateur et pilote réalise moins de vols qu’avant, il est bien occupé avec l’organisation de la journée, les jeux gonflables ou l’alimentation.

«Au début, je faisais tous les vols, je me suis distancé pour organiser la journée, mais c’est important pour moi de continuer à faire quelques vols pour rester connecté avec ce que j’ai bâti. C’est le plus important.»

Vol d’un survivant à l’autre aura amassé plus de 20 000 $ en dons cette année.

Politique

La CAQ est un gouvernement de climato-sceptiques, selon Dominic Champagne

Bien campé chez les climatosceptiques, le gouvernement Legault ne répondra pas à l'appel des Nations unies (ONU) qui demande d'arriver à New York la semaine prochaine avec des solutions en vue de combattre les changements climatiques.

C'est la conviction du porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

Il avait pourtant rencontré M. Legault dans la foulée du lancement du Pacte l'an dernier et même adhéré à la Coalition avenir Québec (CAQ) en signe de bonne foi. Mais au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne publiée samedi, il a exprimé sa déception, mais aussi son espoir que la mobilisation force le gouvernement à agir.

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU, mais Dominic Champagne est persuadé qu'ils ne présenteront aucun plan concret.

Depuis Jean Charest, la tradition voulait que le premier ministre aille en personne au Climate Week, puisque le Québec joue en rôle important en diplomatie climatique chez les États fédérés, mais François Legault y envoie plutôt ses ministres.

«ll n'est pas dans sa zone de confort, il n'est pas prêt, il ne débarquera pas là sans avoir l'ombre d'une solution», a déploré M. Champagne.

Un appel de l'ONU

Pourtant l'an dernier le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé un appel à la société civile, ainsi qu'un cri du coeur aux dirigeants du monde entier, comme quoi «il n'y a plus de temps à perdre» devant l'urgence climatique: il exigeait des solutions pour cette année et non plus des discours.

«Le gouvernement Legault demeure dans le camp des climatosceptiques [ceux qui réfutent le consensus scientifique sur les bouleversements climatiques]», a poursuivi M. Champagne.

«C'est légitime de demander [si les caquistes] sont climato-sceptiques, parce que pour l'instant ils agissent et gouvernent comme des climato-sceptiques. Quels gestes ont-ils posés depuis un an? À peu près le néant. [...] Quelle réponse les ministres donnent-ils à l'appel de l'ONU? Quel plan concret? Le gouvernement est dépassé, déphasé par rapport à l'urgence.»

Il reconnait que la CAQ a mis en place des mesures, par exemple pour encourager l'achat d'autos électriques. Cependant, «ces gestes ne sont pas à la hauteur du défi», et «le préjugé favorable» envers des projets comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay «vient annuler toute velléité d'effort du gouvernement».

Le Plan d'action du Québec sur les changements climatiques de 2020-2030 se fait encore attendre, tandis que pour le plan 2013-2020, le Québec est en voie de rater sa cible de réduction de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au seuil de 1990.

«Le gouvernement n'a encore rien à nous soumettre et ce qu'il va nous soumettre, je suis persuadé que ce ne sera pas à la hauteur de la situation, a déclaré M. Champagne. Après ils vont se défendre en disant qu'ils sont pragmatiques et qu'on aura encore besoin du pétrole longtemps.»

Garder espoir

Néanmoins il garde espoir et compte sur la mobilisation populaire pour finir par infléchir le gouvernement, «amadoué par une industrie toute puissante qui a “runné la business” depuis plus d'un siècle». Car au-delà des gestes individuels, il faut des politiques publiques pour répondre à la crise actuelle et se «désintoxiquer du pétrole», estime-t-il.

Le Québec a la chance de compter sur une «potion magique», selon ses mots: l'hydro-électricité. M. Champagne appelle le gouvernement à miser une fois pour toutes sur l'inventivité, les ressources et le génie québécois, pour entreprendre un véritable virage vert.

«On a décidé de devenir “maitres chez nous” et fonder notre modernité sur deux valeurs fondamentales: énergie propre et partage de la richesse liée à l'exploitation de cette énergie. Mais aujourd'hui, les projets qui chatouillent le coeur de notre gouvernement sont basés sur une énergie sale au profit d'intérêts privés, c'est tout le contraire de ce que nous sommes.»

Élections 2019

Un bébé en campagne avec les conservateurs

TORONTO — La petite Georgia Hubick n'a que neuf semaines, mais elle accumule déjà des milliers de kilomètres au compteur.

Georgia suit la campagne électorale des conservateurs avec sa mère, Kenzie Potter, conseillère politique principale du chef Andrew Scheer. En sept jours à peine, la petite a visité près d'une quinzaine de villes et villages dans sept provinces canadiennes, alors que sa mère continue d'exercer ses fonctions.

«Beaucoup de gens la voient descendre de l'autocar et ils sont plutôt surpris, ou bien ils demandent: "tu amènes un bébé en campagne?"», a déclaré Mme Potter, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne lors d'une rare pause électorale, cette semaine à Toronto. «Je ne sais pas trop s'ils trouvent ça exagéré ou sympathique.»

Andrew Scheer et sa femme Jill, eux, trouvent ça éminemment sympathique. «Je ne pourrais plus imaginer la campagne sans elle», dit le chef conservateur.

Entrainer un bébé dans la tourmente d'une campagne électorale est assez inhabituel pour un membre du personnel politique; mais pour M. Scheer et sa femme, qui sont très «famille», ce choix était tout naturel. Les Scheer ont cinq enfants — Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary, âgés de 14, 12, 10, 8 et 3 ans - et le chef conservateur aime bien rappeler en rigolant que pendant toutes ses campagnes électorales depuis 2004, sa femme était soit enceinte, soit nouvelle maman. «C'est Kenzie qui l'a fait cette fois-ci pour perpétuer la tradition», plaisante M. Scheer.

Il reste que Mme Potter, âgée de 37 ans, ne voulait pas dire à son chef qu'elle était enceinte — et qu'elle allait accoucher environ deux mois avant le déclenchement des élections fédérales. «C'est tout ce dont on pouvait rêver : c'est la coupe Stanley pour nous», déclare Mme Potter, la petite Georgia dans les bras, assise sur un canapé dans un hôtel d'aéroport entre M. et Mme Scheer.

Le moment, par contre, était un peu mal choisi: la conseillère avait l'impression de laisser tomber un ami au moment précis où il avait le plus besoin d'elle. Mais elle soutient que M. Scheer l'a immédiatement rassurée en lui rappelant que pour lui, les enfants sont ce qu'il y a de mieux dans la vie, et il l'a aussitôt invitée à emmener Georgia dans l'avion. «Affaire classée.»

Élections 2019

«Blackface»: Singh ne veut pas devenir un instrument de relations publiques

TORONTO — La campagne du chef néo-démocrate Jagmeet Singh n'a pas fait relâche samedi, pendant que ses adversaires libéral et conservateur s'accordaient une journée de repos.

En après-midi, le chef du Nouveau Parti démocratique est revenu une fois de plus sur la controverse dans laquelle s'est embourbé Justin Trudeau au cours des derniers jours, en raison des vieilles images le montrant avec un maquillage auparavant employé pour dénigrer les personnes noires.

L'équipe libérale avait rapidement contacté les néo-démocrates pour organiser un entretien avec Jagmeet Singh, la seule personne racisée à diriger l'un des principaux partis fédéraux.

M. Singh a précisé samedi que la rencontre n'avait pas encore eu lieu. Il a dit avoir accepté l'invitation, mais à condition que leurs échanges demeurent privés.

«Je ne veux pas être instrumentalisé pour exonérer M. Trudeau, a-t-il fait valoir. Je ne veux pas être impliqué dans un exercice de relations publiques.»

M. Singh a expliqué sa position en point de presse à Toronto, à l'issue d'une table-ronde avec de jeunes leaders communautaires racisés. «Je veux utiliser ma tribune pour amplifier vos voix», leur a-t-il lancé.

Des participants ont relevé que cette saga de blackface ne devrait pas être analysée comme un cas isolé de racisme au sein du Parti libéral du Canada, évoquant notamment les relents colonialistes de leur politique étrangère.

M. Singh a saisi l'occasion pour présenter les engagements du NPD en matière de lutte au racisme systémique. Il propose notamment d'interdire les pratiques policières discriminatoires au sein de la Gendarmerie royale du Canada, comme les contrôles d'identité de routine.

Il s'engage aussi à tenir les réseaux sociaux responsables d'éliminer les contenus haineux et extrémistes sur leurs plateformes.

Le NPD veut également s'attaquer aux disparités salariales liées à l'origine ethnique, de même qu'à la surreprésentation chronique des personnes noires et autochtones dans la population carcérale fédérale par le biais d'une approche collaborative avec les communautés concernées.

Actualités

Près de 500 employés de la Sépaq en grève, perturbant les activités de chasse

MONTRÉAL — Près de 500 employés de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) sont en grève depuis minuit samedi, perturbant ainsi les activités de chasse.

Toutes les 13 réserves fauniques et l'Auberge Port-Menier sont touchées par ce débrayage. Ces endroits demeurent ouverts au public, mais certains services pourraient être affectés. Par exemple, les chasseurs ont accès au territoire et à leur zone de chasse, mais ils pourraient être affectés dans les services de restauration, de ménage ou de guide. Dans ces cas, des remboursements ont été prévus, a expliqué le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

Mais avant même d'amorcer le débrayage, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les employés de la Sépaq en grève, a toutefois accusé l'employeur d'avoir planifié le recours à des «briseurs de grève potentiels». Une mise en demeure a donc été envoyée à la Sépaq, vendredi à midi, a indiqué le président général du SFPQ, Christian Daigle, en entrevue à La Presse canadienne samedi matin. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a été mis en copie sur le document.

«On a des informations comme quoi des gens auraient été embauchés comme guides de chasse, qui n'ont pas l'accréditation et qui ne sont pas du personnel d'encadrement, raconte M. Daigle. On sait qu'il y a des gens qui sont arrivés de l'île d'Anticosti, qui ne sont pas des gens de la Sépaq [...] pour accomplir les tâches de nos membres. Il y a également des agents de conservation de la faune qui se sont fait demander de patrouiller sur le territoire de la Sépaq alors que ce n'est pas leur mandat principal.»

Du côté de l'employeur, on conteste la perception du syndicat. Joint au téléphone samedi, le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin, a assuré qu'aucun briseur de grève ne se trouve aux endroits touchés par la grève.

«Il n'y a que des employés-cadres, reconnus comme tels au sens du Code du travail, qui font du travail d'employés syndiqués qui sont en grève présentement», a affirmé M. Boivin.

«Le plan de contingence qui a été mis en place par la Sépaq pour s'assurer de garder l'accès au territoire respecte le Code du travail», selon le porte-parole de la Sépaq, ce que met en doute le syndicat.

«Présentement, tout cadre à la Sépaq ne peut pas accomplir les tâches dans les réserves fauniques parce que ça prend quelqu'un qui a les accréditations, qui fait déjà partie de l'équipe de la réserve faunique, rétorque M. Daigle. Un cadre dans un parc national n'a pas le droit d'aller dans une réserve faunique pour faire le travail, tout comme un cadre embauché après le 1er janvier 2019, donc après le début des négociations.»

Le débrayage amorcé par les syndiqués des réserves fauniques va se poursuivre jusqu'à jeudi matin, à moins d'une entente. D'autres moyens de pression ne sont pas exclus non plus de la part des 2000 autres employés syndiqués de la Sépaq, selon M. Daigle.

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des employés de la Sépaq sont interrompues depuis mercredi soir, les positions des parties semblant irréconciliables.

Des demandes jugées «déraisonnables»

Plus tôt cet été, les deux parties semblaient pourtant près de s'entendre. En fait, une entente de principe avait même été conclue dans les heures précédant les vacances de la construction, mais celle-ci a été rejetée par les syndiqués qui estiment que leurs conditions salariales ne reflètent pas le coût de la vie. L'entente de principe rejetée prévoyait des augmentations d'un peu plus de 5 % sur cinq ans.

«Les nouvelles demandes viennent augmenter de 50 % le coût de ce qui avait été convenu à l'entente de principe qui était intervenue en juillet, déplore M. Boivin. Ces demandes ont été jugées irréalistes et déraisonnables par la partie patronale.»

C'est ce qui explique, selon lui, que les négociations soient rompues et qu'il n'y ait pas de date de retour prévue à la table de négociation présentement, même si un conciliateur est toujours impliqué dans le dossier.

Du côté syndical, Christian Daigle reconnaît que c'est le volet salarial qui est au coeur du litige. Il ne comprend pas que l'employeur n'a pas modifié son offre depuis le rejet de l'entente de principe, d'autant plus qu'il estime que cela va à l'encontre de ce que souhaite le premier ministre François Legault, lui-même.

«C'est pourtant ce que le premier ministre Legault disait lorsqu'il a dit que les syndiqués devraient s'attendre à avoir le coût de la vie et pas nécessairement plus», en référence à la prochaine ronde de négociations dans le secteur public.

«Si M. Legault offre le coût de la vie pour les employés de l'État, et bien nos membres en font partie», martèle le président du SFPQ qui souligne que la moyenne salariale se situe entre 16$ et 17$ de l'heure pour les employés de la Sépaq.

«Eux qualifient ça de déraisonnable! À travers les dernières conventions collectives, les membres se sont appauvris parce qu'il y a eu l'austérité libérale, la crise économique. Aujourd'hui, le gouvernement du Québec nage dans les surplus budgétaires», ajoute-t-il.

Il a justement été question des surplus budgétaires dans les couloirs de l'Assemblée nationale, jeudi, mais le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, répétait qu'il souhaitait toujours une entente qui respecte la capacité à payer des contribuables québécois.

«Il faut faire attention avec les surplus. Vous savez, il y a d'autres négociations qui s'en viennent, soulignait le ministre en mêlée de presse. On a des gens dans les zecs ou dans d'autres milieux qui nous demandent de respecter leur capacité de payer et si on vient déstabiliser tout le système, à un moment donné ça ne marchera plus.»

La Sépaq compte environ 3000 employés, dont quelque 2500 travailleurs syndiqués avec le SFPQ, et plusieurs employés saisonniers. Tous ces travailleurs sont encadrés par neuf conventions collectives qui font l'objet des négociations actuelles.