Même si Washington a décidé de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, les États-Unis ont signifié leur intention de ne pas s'exclure du jeu des négociations.

Washington continuera de participer aux négociations sur le climat

Les États-Unis ont confirmé par écrit aux Nations Unies leur intention de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, mais continueront à participer aux négociations internationales, a annoncé vendredi le département d'État américain.
Washington participera notamment à la prochaine conférence climatique annuelle de l'ONU, la COP23, qui se tiendra en novembre à Bonn, en Allemagne. «Cette participation inclura les négociations en cours sur les lignes directrices pour mettre en oeuvre l'accord de Paris», a précisé le département d'État dans un communiqué.
«Les États-Unis peuvent s'engager de manière constructive dans ces négociations», mais «un acteur solitaire décidé à se retirer de l'accord de Paris ne sera pas écouté s'il souhaite affaiblir ou saper l'accord d'une manière ou d'une autre», a prévenu Andrew Steer, président du World Resources Institute.
Fidèle à sa promesse électorale, le président américain Donald Trump a annoncé le 1er juin dernier le retrait des États-Unis de cet accord visant à limiter le réchauffement climatique, signé en décembre 2015 par 195 pays dans la capitale française. Il a jugé le texte néfaste pour l'économie américaine, sans toutefois exclure de réintégrer le processus après renégociation, voire de conclure un «nouvel accord qui protège» les États-Unis.
Face à l'immense déception exprimée par les partenaires de Washington, son secrétaire d'État, Rex Tillerson, avait toutefois assuré rapidement que la première puissance économique mondiale allait poursuivre ses efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Ouvert à revenir
Selon les termes de l'accord, la notification officielle du retrait envoyée vendredi à l'ONU ne pourra intervenir que trois ans après son entrée en vigueur, effective depuis le 4 novembre 2016. Donald Trump ne pourra donc dénoncer officiellement l'accord qu'à la fin de 2019.
À ce moment-là, «à moins que les États-Unis ne trouvent des termes permettant leur retour» dans l'accord, ils soumettront à l'ONU «une notification écrite formelle de leur retrait», précise l'administration américaine dans son courrier aux Nations Unies.
Il y a ensuite un préavis d'un an pour pouvoir en sortir réellement ce qui, concrètement, ne peut donc pas intervenir avant fin 2020.
«Comme le président l'a dit, il est ouvert à revenir dans l'accord de Paris si les États-Unis peuvent trouver des termes qui leur soient plus favorables, plus favorables à leur économie, à leurs citoyens et à leurs contribuables», a ajouté la diplomatie américaine.
Les États-Unis sont très isolés sur ce dossier sur la scène internationale. La plupart des grandes puissances ont dénoncé la décision de Donald Trump et plusieurs dirigeants ont dit vouloir lui faire changer d'avis, à l'instar du président français Emmanuel Macron.
«Quelque chose pourrait se passer» sur l'accord climatique, avait d'ailleurs estimé le président américain lors d'une rencontre avec son homologue français mi-juillet à Paris.
Côté américain aussi, un front hétéroclite réunissant des élus, plusieurs États, de nombreuses multinationales ou encore d'influents membres de la société civile s'est montré bien décidé à contrecarrer les éventuels effets du retrait américain, affichant sa détermination à poursuivre les efforts pour réduire les émissions de CO2.