Des lots forestiers comme celui-ci appartenant à François-Hugues Bernier ont été rasés par les vents de 180 km/h causés par les tornades.

Une tornade EF2 déploie des vents de 190 km/h à Saint-Fabien-de-Panet

Deux tornades, dont une de force EF2 ayant déployé des vents d'environ 190 km/h, ont secoué Saint-Fabien-de-Panet et de Saint-Apolline-de-Patton, dans la MRC de Montmagny, durant la nuit du 8 au 9 juillet. Les municipalités l'ont échappé belle, mais plusieurs lots forestiers ont été saccagés.
Les tornades classées EF2 sont rares au Québec. «Ça va arriver une fois tous les quatre ans environ», nous apprend le météorologue André Cantin, d'Environnement Canada. Afin d'en avoir le coeur net, il s'est donc rendu en Chaudière-Appalaches après l'appel de deux propriétaires de boisés ayant découvert une vaste zone ravagée. Il a évalué de visu les récents phénomènes météo: «Selon ce que j'ai pu constater, effectivement, c'est une tornade qui a traversé non seulement leurs deux lots, mais qui a touché quelques lots voisins.»
La cellule orageuse qui a donné vie à la tornade la plus violente, la EF2, est passée juste au-dessus de Saint-Fabien-de-Panet qui s'en tire plutôt bien, finalement. Dans le bois, à l'est, les écureuils ont cependant passé une mauvaise nuit! Sur environ 250 mètres de largeur et au moins 600 mètres de longueur, les arbres sont maintenant couchés, pêle-mêle.
«EF2, c'est des vents de 180 à 220 km/h.» Selon les observations de M. Cantin, celle-ci était dans le bas de cette fourchette. C'est assez pour soulever une voiture, démolir les toitures et, bien sûr, déraciner les arbres.
«Il n'y a plus rien»
Le lot de l'ingénieur forestier François-Hugues Bernier a été le plus endommagé. «C'est une tranchée! C'est comme si on avait décidé de faire un terrain de football là. Il n'y a plus rien.» C'est lui qui a téléphoné chez Environnement Canada pour qu'on constate l'attaque de Dame Nature. C'est aussi lui qui a téléphoné au Soleil dans l'espoir d'avertir les autres possesseurs des terres à bois du secteur.
«Il faut les inviter à aller voir leurs lots boisés», recommande M. Bernier, directeur de la formation continue à l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. Seule une inspection sur place permettrait de quantifier les éventuels dommages.
Les pertes peuvent être importantes. Mais il ne faut pas tenter de récupérer le bois tombé au sol sans machinerie, conseille M. Bernier. Il serait très dangereux pour un bûcheron de s'y aventurer. En coupant un arbre, un autre pourrait se relever subitement, comme une catapulte. «Il ne faut pas intervenir seul, il faut faire appel à des professionnels.» Des programmes d'aide peuvent éponger une bonne partie de la facture.
Plusieurs lots de la région pourraient avoir été touchés. De l'autre côté de Saint-Fabien-de-Panet, le vent a aussi soufflé violemment sans qu'une tornade touche le sol. André Cantin, d'Environnement Canada, y a observé un chablis, un amas d'arbres renversés par les vents sur une distance d'environ 250 mètres.
Et il y a eu l'autre tornade, la EF1, un peu plus au nord, près de Sainte-Apolline-de-Patton. Ici aussi, en pleine nuit, une zone forestière a été touchée. «L'atmosphère était favorable à de très forts vents, à de très fortes rafales, possiblement à des tornades, explique André Cantin. Ça ne serait pas surprenant qu'il y en ait eu à d'autres endroits.»
Il est d'ailleurs difficile de dire combien de tornades touchent le Québec chaque année parce que plusieurs de ces événements survenus dans les bois ne sont jamais observés. «Il y en a, en moyenne, cinq à six tornades par été qui sont documentées. Ce n'est pas impossible qu'il y en ait plus.»