Avant de s'abattre sur l'est du Québec et les provinces de l'Atlantique, la tempête a fait des ravages en Nouvelle-Angleterre.

Une bombe météorologique s'abat sur l'Est

L'hiver n'a vraiment pas dit son dernier mot. Un épais et violent blizzard s'est abattu mercredi sur les provinces de l'Atlantique et les Îles-de-la-Madeleine. La tempête s'est ensuite profilée sur la Gaspésie en soirée et aujourd'hui en matinée, pour poursuivre sa progression vers le Bas-Saint-Laurent.
Ce système est qualifié de «bombe météorologique» par les experts parce qu'il s'agit d'une masse d'air qui se caractérise par une pression très basse en son centre et qui peut notamment occasionner des tornades, des bourrasques, des rafales et des chutes de neige abondantes.
La tempête a débuté sur les Îles-de-la-Madeleine vers midi et, comme une bombe, elle est survenue de façon presque subite. La visibilité était nulle sur la route 199 traversant l'archipel à cause des forts vents et des quelque 50 centimètres de neige prévus.
«On ne voit même pas les poteaux face à la maison», raconte une résidente de l'endroit, Andréa Landry. «On ne voit aucune maison. On reste bien au chaud, en espérant ne pas manquer d'électricité et que des toits ne lèvent pas!» «Les vents doivent sûrement être de 90 km/h, continue Robert Poirier. Heureusement, comme il y a encore des glaces dans le golfe, on n'a pas de grandes marées!»
Les Madelinots avaient prévu le coup en fermant toutes les écoles, les garderies, les commerces et la plupart des établissements. Le centre de santé et de services sociaux a offert l'hébergement gratuit à ses employés des quarts de soirée et de nuit en les logeant dans un hôtel situé tout juste en face, afin de s'assurer qu'ils puissent entrer au travail.
En fin de journée mercredi, quelque 500 foyers du secteur de Havre-Aubert étaient privés d'électricité. À 20h30, il restait 351 clients affectés par la panne.
«Les monteurs de ligne ne peuvent pas accéder au secteur touché à cause de la mauvaise visibilité et du déneigement», faisait savoir Marie-Hélène Truchon d'Hydro-Québec. «Il faut s'assurer de la sécurité de nos employés.»
De plus, la porte-parole signale que la société d'État avait dépêché à l'avance des équipes supplémentaires dans l'archipel.
Ennuis maritimes
Parti mercredi matin de Souris à l'Île-du-Prince-Édouard, le traversier qui assure la liaison vers les Îles-de-la-Madeleine, le CTMA Vacancier, n'a pu accoster au port de Cap-aux-Meules, de peur que le navire ne heurte la structure.
«Il y a des rafales de 60 noeuds», raconte le capitaine du bateau, Bernard Langford, joint en mer par Le Soleil. «On est ancrés à une dizaine de milles au sud du village de Bassin. On va probablement passer la nuit ici. On a ouvert les cabines aux 85 passagers à bord. Certains sont déçus, mais ils n'ont pas le choix de prendre ça avec philosophie. Plusieurs jouent aux cartes et s'amusent.»
Des rafales de vent provoquant de la poudrerie, combinée à des précipitations de 15 à 25 centimètres de neige, ont également rendu la visibilité nulle sur les routes du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Maritimes. Par conséquent, la compagnie Autocars Orléans Express a annulé ses départs vers ces régions.
Avec la collaboration spéciale d'André Bécu