Le ministère de l’Environnement calme les craintes en soulignant que le «réseau» affecté dessert essentiellement l’ancien garage municipal.

Un tiers des puits d’eau potable contaminés à Stoneham-et-Tewkesbury

Deux des six puits d’eau potable exploités par Stoneham-et-Tewkesbury sont contaminés, dont un par des matières «d’origine fécale». La petite municipalité vient d’ailleurs d’autoriser un emprunt de quelque 800 000 $ afin d’installer des systèmes de chloration.

C’est le ministère de l’Environnement qui exige que les autorités locales interviennent, explique au Soleil le conseiller en communications et porte-parole régional, Frédéric Fournier. Autant au puits du village qu’au puits de la montagne.

C’est au Village que «des contaminations d’origine fécale ont déjà été détectées». M. Fournier calme toutefois les craintes en soulignant que ce «réseau» dessert essentiellement l’ancien garage municipal du cœur de la localité. Selon le dernier relevé ministériel de 2016, environ 120 personnes s’y abreuvent.

Sauf que Stoneham-et-Tewkesbury a l’intention de raccorder ce puits aux autres pour augmenter la capacité de distribution de son aqueduc… «Une fois la mise aux normes par chloration réalisée», s’assurera le ministère de l’Environnement.

Dans la montagne, autour de 1200 habitants seraient touchés. Point de matières fécales, cependant. «[Mais] des résultats d’analyse ont déjà indiqué le dépassement des normes microbiologiques.» Ce qui nécessite une désinfection continuelle.

«Lorsqu’une installation obtient plus d’un résultat d’analyse démontrant la présence de bactéries entérocoques et/ou Escherichia coli (contamination d’origine fécale), il y a alors obligation de procéder à l’installation d’un système de traitement rencontrant les dispositions réglementaires pour l’élimination des micro-organismes [bactéries, virus, parasites]», précise Frédéric Fournier. Il en va de même lorsque les prélèvements témoignent d’autres «résultats microbiologiques hors norme».

L’exploitant du réseau d’eau potable doit alors décaisser pour éliminer le danger. «La chloration est un moyen efficace pour assurer une désinfection», remarque M. Fournier. «Dans certains cas, le rayonnement ultraviolet permet de le faire. Parfois le système de traitement peut être plus complexe, notamment lorsqu’il s’agit d’eau de surface ou d’eau souterraine influencée par des eaux de surface.»

D’autres sources souillées

La mairie de Stoneham-et-Tewkesbury n’est toutefois pas la seule aux prises avec des puits souillés sur son territoire. La municipalité d’environ 8900 âmes, plantée dans la nature du nord de la capitale, compte aussi beaucoup de sources d’eau privées.

Selon les données publiées en ligne, des 2600 «unités de logement», 712 sont désaltérées par la Ville. Une proportion appelée à croître puisque toute personne construisant un nouveau bâtiment à proximité de la tuyauterie à l’obligation de s’y brancher.

Il demeure néanmoins que, en plus des six puits municipaux, 17 autres puits privés alimentent en eau «plus de 21 personnes», le seuil à partir duquel le ministère de l’Environnement suit de près les résultats d’échantillonnage. Ceux-ci desservent des établissements touristiques, des entreprises, des développements domiciliaires.

De ce groupe, «5 réseaux sont chlorés et 2 autres sont dans une démarche pour le devenir ou pour se doter d’un dispositif de traitement autorisé par le ministère», dénombre Frédéric Fournier.

Soulignons que M. Fournier nous a écrit qu’«il n’y a pas de problématique particulière à Stoneham», que d’autres municipalités doivent traiter l’eau de leurs puits. Pourtant, le maire Claude Lebel ne nous a pas rappelés pour discuter du dossier qui a nécessité des votes au conseil municipal pour débloquer les fonds nécessaires aux expertises et travaux.