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De tous les cépages, ce sont les grappes de raisins rouges qui sont les plus vulnérables puisqu'elles sont plus hâtives que les vignes de raisins blancs.
De tous les cépages, ce sont les grappes de raisins rouges qui sont les plus vulnérables puisqu'elles sont plus hâtives que les vignes de raisins blancs.

Un hélicoptère pour contrer les ravages du froid sur l’île d’Orléans

Érika Bisaillon
Érika Bisaillon
Le Soleil
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Pour contrecarrer les ravages des froids historiques de la semaine dernière, le Vignoble de Ste-Pétronille a utilisé rien de moins qu’un hélicoptère pour préserver ses plants.

Bien que la technique ne soit pas nouvelle, elle gagne en popularité. Les vignobles et les maraîchers utilisent cette solution quand les températures frôlent le point de congélation, afin d’abaisser l’air chaud. L'hélicoptère sert donc à inverser la tendance naturelle qui veut que l'air froid se dépose au sol et que l'air chaud se place en haute altitude.

L’action de balayage de l’air procure les quelques degrés supplémentaires qui permettent d’éviter l’anéantissement des vignes. Si les résultats semblent probants, la mise en œuvre nécessite toutefois une grande préparation en amont comme l’étude d’un plan de vol : déterminer l’altitude et la manière de faire, la durée et l’horaire du vol en fonction de l’autonomie de l’appareil, les coûts et la gestion de la main d’œuvre…

Auparavant, les vignerons allumaient ni plus ni moins de petits feux sur leur terrain. La technique de l’hélicoptère, dépendamment de la récolte, s’avère ainsi moins dispendieuse. Cette méthode est tout de même légèrement controversée, étant accusée de ne pas être respectueuse de l'environnement.

Au village de Sainte-Pétronille

Louis Denault, propriétaire du Vignoble de Ste-Pétronille, explique que les autorisations de vol ne sont données qu’au lever du jour. Le défi pour ce dernier a donc été de trouver un hélicoptère – et son pilote – disponibles de nuit. Au moment de publier cet article, M. Denault n’avait toujours pas trouvé de pilote nocturne.

Heureusement, il confie que certaines périodes de gel surviennent vers 5h ou 6h du matin. «Lorsque les périodes de gel au sol se produisent vers 4h, le procédé est autrement dit inutile», constate le vigneron, qui en était à sa première expérience avec l’hélicoptère.

L’appareil loué par l’entreprise pétronillaise possède une autonomie de vol de 2 à 2h30 heures. Il faut toutefois aligner ses flûtes, explique M. Denault, puisque le ravitaillement de l’appareil nécessite trente minutes. Un horaire de vol est donc crucial afin de ravitailler l’hélicoptère à temps pour contrer le gel à son point culminant.

L’hélicoptère s’envole lorsque la température au sol frôle 1 degré Celsius et que l’air en altitude est plus chaud. «Ça ne marche pas à tous les coups, car il y a deux sortes de gel : les gels blancs et les gels noirs», indique Louis Denault. L’hélicoptère s’avère inutile lors de gels noirs, car l’air en altitude est aussi froid qu’au sol, voire davantage.

Les thermomètres placés directement sur l’hélicoptère indiqueront la température de l’air selon son altitude, tandis que les thermomètres infrarouges et les sondes météo, placés dans le champ, indiquent la température au sol.

Le Vignoble de Ste-Pétronille se dit satisfait de ses premiers résultats. Lors de son essai, l’hélicoptère a fait grimper la température de 3.7 degrés (passant de 1.4 à 5.1 degrés Celsius), grâce à la présence d’un front d’air chaud en altitude.

Le propriétaire indique que bien qu’il n’ait pas subi de gel cette année, il souhaitait vivement s’initier à la technique. «En 30 ans, on n’a jamais subi de gel au sol de façon significative au printemps sur l’île.

Toutefois, depuis 2 ans, on passe de plus en plus proche. On sait bien que dans un avenir rapproché on y goûtera, parce que les vignes poussent de plus en plus tôt au printemps».

Le coût le plus significatif reste celui de l’appareil : 1000$ par heure de vol. Toutefois, règle générale, un hélicoptère peut protéger jusqu’à 25 hectares de vignes.

Enfin, si le vrombissement de l’appareil est parfois présenté comme la lacune du procédé, Louis Denault assure que son voisinage lui confie ne rien avoir entendu du ballet aérien.