Le port de mer de Gros-Cacouna figure sur la liste de TransCanada comme lieu potentiel.

Terminal pétrolier à Gros-Cacouna: règles d'exploration «très sévères»

Même s'il condamne le projet d'oléoduc de TransCanada, le Groupe de recherche et d'éducation des mammifères marins (GREMM) considère néanmoins l'avis de Pêches et Océans Canada sur les levés sismiques très «restrictif».
Robert Michaud, porte-parole du GREMM, estime que l'avis de Pêches et Océans sur ces tests est «acceptable, très sévère et très restrictif» accompagné de mesures de surveillance. Les quelque 
900 bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent sont devenus un enjeu majeur dans le projet de 700 millions $ de terminal pétrolier de TransCanada au port de Gros-Cacouna, près de Rivière-du-Loup.
M. Michaud s'étonne en revanche qu'on ait accepté d'étudier le projet. 
«Ce qui m'inquiète, c'est qu'on ait accepté d'évaluer ce projet, fragmenté, à la pièce. Il est impossible d'évaluer l'impact de ces tests sans les autres étapes qui vont suivre. On fait du forage après les levés sismiques. Est-ce qu'il y aura une phase d'exploration par drillage avec d'autres conséquences? Je pense que les conditions seront alors encore plus restrictives. Si on applique la rigueur de l'avis de Pêches et Océans sur les levés sismiques aux autres étapes mises ensemble à venir, je pense que la recommandation sera de ne pas aller de l'avant», juge-t-il.
Le GREMM reprend les arguments de Nature-Québec concernant les dangers de l'exposition aux ondes sismiques pour les bélugas, incluant les risques de surdité permanente. «C'est un sujet bien documenté depuis 15 ans. On peut réduire les chances à cette exposition par un bon programme de surveillance sauf que ce n'est pas à 100 % sûr ni à risque zéro. Il y a aussi des réactions comportementales. 
Manifestation à venir
Pour certaines espèces, on a noté que les animaux s'éloignaient de la source du bruit, si elle est répétée et fréquente. Les bélugas sont dans cette partie de l'estuaire pour se nourrir, et en s'éloignant, ils paieraient pour cet éloignement», ajoute-t-il. Le débat se prolongera dimanche à 11h sur l'avenue du Port à Cacouna alors que le mouvement Stop Oléoduc organise une manifestation, deux jours avant le début de l'opération portes ouvertes de TransCanada sur son projet d'oléoduc et de terminal au port de Cacouna.
Rien de garanti pour la suite
Si Pêches et Océans Canada a approuvé les levés sismiques à Cacouna, rien ne garantit que les prochaines étapes des travaux de TransCanada au port de mer pourront aller de l'avant. C'est ce qu'a affirmé Nicole Bouchard, gestionnaire régional du programme des espèces en péril pour le Ministère.
Mme Bouchard croit que les levés réalisés par TransCanada d'ici le 30 avril serviront à l'entreprise lors de l'évaluation environnementale dans le cadre du projet Oléoduc Énergie Est. Mais pour chaque phase de travaux, de nouveaux permis devront être délivrés, assure-t-elle. L'organisme environnemental Nature Québec est revenu à la charge mardi et a dénoncé le fait que le permis délivré pour Cacouna n'avait pas été rendu public par le gouvernement fédéral. La veille, l'organisme avait sonné l'alarme en avançant que TransCanada ne disposait d'aucune autorisation. Une erreur commise «de bonne foi» car aucune trace des permis n'était visible, a affirmé son directeur général, Christian Simard.
Au Ministère, Mme Bouchard a rétorqué mardi que les documents ne sont pas délivrés «en temps réel» sur le site. Le permis, approuvé le 10 avril, est soudainement apparu au registre mardi.  
Avec David Rémillard