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 «Probablement l’un des cinq plus beaux hivers que l’on ait connus au Québec depuis une vingtaine d’années», mentionne Gilles Brien, météorologue à Environnement Canada.
 «Probablement l’un des cinq plus beaux hivers que l’on ait connus au Québec depuis une vingtaine d’années», mentionne Gilles Brien, météorologue à Environnement Canada.

Temps doux et peu de neige, un hiver historique

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
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À hiver pandémique exceptionnel, bilan météo exceptionnel. L’hiver qui prend fin ce samedi matin, à 10h37 précises, passera à l’histoire comme l’un des plus doux et des moins neigeux. «Probablement l’un des cinq plus beaux hivers que l’on ait connus au Québec depuis une vingtaine d’années», mentionne Gilles Brien, météorologue à Environnement Canada.

Contrairement aux hivers précédents, jamais le mercure n’est tombé jusqu’au seuil psychologique des -30 degrés dans la région de Québec, entre la mi-décembre et la mi-mars. «Les températures moyennes ont été près de trois degrés au-dessus de la normale. C’est très significatif», renchérit son collègue André Cantin.

Il est tombé 167 cm de neige sur la capitale jusqu’à maintenant, alors que la moyenne oscille entre 300 et 310 cm. Il faut remonter à l’hiver 1948-1949 pour observer un ciel aussi avare de neige, avec 165 cm.

«Ce n’est pas unique à la région de Québec. À peu près partout, on est en déficit de neige, mentionne M. Cantin. On a eu un hiver très doux. Plus on va vers le nord, plus l’anomalie est grande, comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a connu des températures de près de 4 degrés supérieurs à la normale. Dans la région de Schefferville, c’est 5-6 degrés, c’est énorme.»

«On n’était pas dans la trajectoire dominante des systèmes [dépressionnaires] cette année, ajoute-t-il. Ils passaient soit très au nord, à la baie James ou au Labrador, soit sur la côte est américaine»

Les amateurs de motoneige peuvent en témoigner. Déjà, faute de neige, des sentiers sont fermés en Estrie, en Chaudière-Appalaches et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le sol commence à poindre à plusieurs endroits, quelques champs sont dénudés.

Le sol commence à poindre à plusieurs endroits, quelques champs sont dénudés.

À Montréal, il ne reste que cinq centimètres au sol, alors qu’il devrait y en avoir trois fois plus. Même situation en Estrie. À Québec, l’épaisseur de neige n’est plus que de 71 cm d’épaisseur, la moitié moins qu’en temps normal.

Traditionnellement, note Gilles Brien, le mois de mars réserve quelques bonnes bordées de neige, qu’on pense à la «tempête du siècle» du 4 mars 1971, ou à celle des 13 et 14 mars 2017, alors que 300 automobilistes étaient demeurés coincés pendant 24 heures dans leur véhicule, sur l’autoroute 13. Rien de tout cela ne semble de dessiner cette année.

«Ce serait un premier printemps sans aucune tempête de 10 ou 15 cm, soit une bordée normale. Habituellement, il y en a toujours trois ou quatre», glisse M. Cantin.

«Ce serait un premier printemps sans aucune tempête de 10 ou 15 cm»

Un beau printemps

L’écran radar des deux météorologues affiche que de bonnes nouvelles pour mars. Le temps doux va persister avec plusieurs journées ensoleillées, de quoi prédire une invasion des terrasses des restaurants. On n’entrevoit pas de chutes de neige significatives. Le printemps s’annonce sous de beaux augures, avec des températures au-dessus des normales jusqu’en juin, «avec un indice de confiance de 70 %», précise M. Brien.

«À partir de jeudi, on est en business, ajoute-t-il. Je crois que le gouvernement a fait un maudit bon move en bougeant l’heure du couvre-feu le soir, parce que le temps doux et le changement d’heure vont inciter beaucoup de monde à aller dehors.»

Peu de pluie non plus à l’horizon.

Peu de pluie non plus à l’horizon, ce qui laisse entrevoir une saison de fonte qui ne devrait pas faire revivre aux riverains les inondations cauchemardesques des dernières années. «Le temps doux va permettre une fonte graduelle des couverts de neige. Il n’y aura pas de pluie qui va s’additionner à ça, donc on ne devrait pas connaître de problèmes majeurs du point de vue de la crue des rivières», conclut André Cantin.