«Honnêtement, à deux, je trouve qu'artistiquement, il y a quelque chose de plus intéressant à faire qu'à un, c'est bizarre», a déclaré mardi matin le maire de Québec Régis Labeaume.

Silos: «C'est quasiment mieux deux qu'un», dit Labeaume

Le maire de Québec n'a pas été choqué par l'apparition dans le paysage du port d'un deuxième silo à granules de bois. Même qu'il trouve ça plus intéressant «artistiquement». «Je suis passé là ce [mardi] matin. C'est quasiment mieux deux qu'un.»
Questionné mardi en marge d'un point de presse, Régis Labeaume a réagi avec philosophie au sujet du deuxième dôme d'une hauteur de 45 mètres qui a été érigé pendant la nuit. «Je pense que dans le fond on le savait. Et un ou deux, ça ne fait pas ben ben de différence quant à moi.»
Il n'est pas question d'un troisième silo, selon ce qu'en sait le maire. «Non, non. Deux, ça va être assez. On nous a parlé de deux.»
Le comité chargé de réfléchir à la façon de mettre en valeur les deux structures prendra plus de temps pour évaluer les options. Il y a quelques jours, le président du comité, John R. Porter, avait confié au Soleil qu'après un peu plus qu'un mois de travaux, le comité constate que l'échéancier initial «est beaucoup trop serré».
Mais pour M. Labeaume, le fait qu'on soit face à un duo rend la chose plus inspirante. «Honnêtement, à deux, je trouve qu'artistiquement, il y a quelque chose de plus intéressant à faire qu'à un, c'est bizarre. On va voir ce qu'ils [les membres du comité] vont nous proposer.»
Quant au chef de l'opposition, Paul Shoiry, il a brièvement commenté le dossier en marge d'un point de presse sur les priorités de son parti pour la campagne québécoise. «Les silos, c'est une erreur et on n'a pas changé d'idée.»
Pour la députée néo-démocrate de Québec, Annick Papillon, l'érection de ce deuxième silo n'est qu'une autre preuve tangible de l'absence de consultation publique sur le développement du port auprès des citoyens et des élus.
«Ç'a été un échec du côté du Port», dit-elle, en référence au fait que la décision d'installer les deux silos s'est prise en vase clos, sans en parler aux autorités municipales ou provinciales.
«Les gens veulent du développement économique, mais ils veulent aussi du Port qu'il soit un bon citoyen corporatif. Il ne faudrait pas refaire les mêmes erreurs», ajoute la députée, qui craint la construction d'un troisième silo, malgré le fait que celui érigé cette semaine doit être le dernier, selon ce qui a été convenu.
Elle rappelle que son parti a mis en ligne une pétition «Pour une consultation publique au Port de Québec». La pétition demande au fédéral d'obliger le Port à tenir des séances de consultations publiques auprès des citoyens et des organismes.
De son côté, Johanne Lapointe, v.-p. développement corporatif et communications chez Arrimage Québec, propriétaire des silos, a indiqué au Soleil que l'entreprise n'émettra aucun commentaire sur ce dossier.
Avec la collaboration de Jean-François Néron