Les murs anti-crue que veut bâtir la Ville de Québec sur la rivière Lorette, au lieu des temporaires, représentent «une solution à court terme» selon le BAPE, qui précise qu'ils ne régleront pas les inondations à long terme.

Rivière Lorette: timide feu vert à la construction de murs anti-crue

La Ville de Québec obtient un timide feu vert pour la construction de murs anti-crue sur la rivière Lorette, mais ce genre d'infrastructure ne doit pas être vue comme une solution à long terme aux problèmes d'inondations, tranche le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Les murs anti-crue que prévoit bâtir la Ville de Québec sur la rivière Lorette représentent «une solution à court terme pour assurer la sécurité et la quiétude des riverains et pour protéger leur propriété dans la portion de la rivière la plus propice aux inondations» reconnaît le BAPE. Mais les seuls murs ne régleront pas les problèmes d'inondation à long terme.
Le projet de 22 millions $ prévoyant notamment la construction de murs anti-crue en bois, en béton et en palplanches sur une longueur de 3625 mètres doit être accompagné de nouvelles pratiques de gestion des eaux, de conservation des espaces naturelle et des bandes riveraines, peut-on lire dans le rapport du BAPE.
Dans la foulée des inondations massives au Québec au printemps 2017, le BAPE craint que le mur anti-crue soit brandi comme une solution partout dans la province. C'est plutôt «la prévention en matière de planification et de développement du territoire» qui protégera à long terme des inondations et de l'érosion des rives, selon le BAPE.
Dans le cas de la rivière Lorette, le rapport souligne également que la Ville Québec et l'agglomération dans son ensemble devraient davantage impliquer les riverains dans l'identification et la mise en oeuvre de solutions au problème d'inondation. Jusqu'à maintenant, la Ville «a privilégié une approche d'information, plutôt qu'une approche de consultation et de concertation, auprès des riverains touchés par le projet».
Appelé à commenter le rapport du BAPE, Jonatan Julien, vice-président du comité exécutif, a défendu jeudi la solution présentée par la Ville de Québec et sa consultation publique. Comme il n'était pas encore passé au travers du rapport, il n'a toutefois pas voulu s'exprimer sur les conclusions.
Achat de deux terrains
Plus tôt dans la journée, la Ville avait annoncé s'être entendue avec deux propriétaires pour acheter leurs résidences situées sur le bord de la rivière Lorette. Total de la facture : 1,2 M$.
«On regrette beaucoup de devoir quitter, mais les autres alternatives n'étaient pas intéressantes. La maison aurait perdu trop de valeur», explique Jean Trottier, l'un des propriétaires. Sa femme Joelyn Lake avait ému le conseil municipal de Québec en juin dernier, lorsqu'elle a supplié les élus de ne pas démolir sa maison.
Jonatan Julien avait alors expliqué qu'il était difficile de faire autrement, étant donné les méandres de la rivière Lorette et le plan que la Ville de Québec a développé.
M. Trottier souligne que s'ils avaient refusé de quitter leur demeure, le mur anti-crue serait passé beaucoup trop près. «On est mieux de s'en aller», lance-t-il.
La Ville n'a pas eu à se rendre jusqu'à l'expropriation. Elle s'est entendue avec le couple Trottier-Lake et leurs voisins de la rue Blier. Elle offre 450 500 $ pour la résidence évaluée à 274 000 $ et 750 000 $ pour l'autre évaluée à 373 000 $. Ces montants comprennent le capital, les dommages et les intérêts.  Avec Patricia Cloutier et Annie Morin