François Boulay, le maire de Ristigouche

Ristigouche: un «non» définitif du ministre Moreau

Le gouvernement du Québec n'aidera pas Ristigouche-Partie-Sud-Est à payer sa défense en cour contre la firme d'exploration gazière et pétrolière Gastem, qui lui réclame 1,5 million de dollars en dommages. La municipalité en a reçu la confirmation mardi par une lettre du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.
« Par souci d'équité et dans un souci de neutralité, le gouvernement n'intervient pas dans une cause qui fait l'objet de poursuites judiciaires, écrit le ministre [...]. À défaut d'entente hors cour, il est du ressort des tribunaux de disposer du litige qui oppose votre municipalité à Gastem. »
Pour le maire de Ristigouche, François Boulay, ce refus illustre « à quel point le gouvernement du Québec se désintéresse complètement du sort des régions actuellement ». M. Boulay se dit « déçu et insulté » et considère que le ministre Moreau « se comporte comme un ministre de l'Industrie ».
En mars 2013, Gastem se préparait à forer quand Ristigouche a adopté un règlement de protection de son eau potable qui l'en empêchait. La firme a répliqué par une poursuite de 1,5 M$ contre la municipalité de 168 habitants, qui gère un budget annuel de 275 000 $.
L'emplacement visé par Gastem était à une centaine de mètres d'un puits artésien. Le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection [RPEP], adopté par Québec en juillet, prévoit une distance  minimale de 500 mètres. « Si le RPEP avait eu force de loi deux ans avant, jamais [Gastem] n'aurait eu son permis de forage, fait remarquer le maire. Le RPEP nous donne raison. »
Le maire de Ristigouche compte maintenant sur la générosité des citoyens. La campagne Solidarité Ristigouche, lancée fin juillet, a permis d'amasser 112 593 $, soit la moitié des 225 000 $ dont Ristigouche estime avoir besoin pour se défendre. Au total, 2143 donateurs ont contribué jusqu'ici.