François Boulay croit qu'une municipalité doit protéger son eau potable, pour le bien commun.

Ristigouche-Sud-est appelle à l'aide pour sa défense contre une pétrolière

Confrontée à une hausse de ses frais de défense dans la poursuite de 1,5 million $ initiée par la firme pétrolière Gastem, la municipalité de Ristigouche-Sud-est, par le biais de son maire François Boulay, demande l'appui financier de toutes les municipalités du Québec, dans une lettre qu'il envoie jeudi.
Depuis août 2013, Gastem poursuit en dommages et intérêt Ristigouche-Sud-est pour l'adoption en mars de la même année d'un règlement interdisant tout forage pétrolier à moins de deux kilomètres des sources d'eau potable du village de 157 habitants dépendant tous de puits artésien.
«Je ne me sens absolument pas gêné de demander l'appui financier du monde municipal. J'interpelle tous les maires et mairesses du Québec. Si Ristigouche-Sud-est perd, l'impact sur la perception et la capacité d'une municipalité de protéger le bien commun sera grave», dit le maire Boulay.
En juillet 2014, Ristigouche-Sud-est a lancé une campagne de financement en vue de recueillir 225 000 $, somme alors présumée pour assurer sa défense et qui se situe maintenant à 328 000 $. Le montant visé par Gastem représente cinq fois et demie le budget annuel du village.
Ristigouche-Sud-est a recueilli 182 473 $ de diverses sources pour assurer sa défense contre Gastem. Il manque 146 000 $ pour arriver à 328 000 $, somme que François Boulay justifie.
«Il s'est passé deux ans entre l'avis de poursuite de Gastem, le 30 août 2013, et le dépôt des dossiers complets à la Cour supérieure, en septembre 2015. Deux autres années s'écoulent avant la tenue du procès, du 5 au 18 septembre prochains. Oui, le temps coûte plus cher et oui, la cause se complexifie. Des choses ont évolué à l'échelle du Québec depuis quatre ans et on doit considérer ces aspects dans la préparation de la cause», ajoute-t-il.
François Boulay fait remarquer «qu'il y a 1273 municipalités au Québec et que si 1000 d'entre elles appuient financièrement Ristigouche-Sud-est, elles n'auront besoin de verser que 146 $ par municipalité pour compléter notre budget de défense. La jurisprudence qui sortira de ce procès est capitale pour le monde municipal», affirme le maire Boulay.
Il se dit encouragé par la demande de dérogation déposée le 8 juin par 230 municipalités québécoises au ministère de l'Environnement afin que le ministre David Heurtel utilise son pouvoir discrétionnaire pour que la zone de protection minimale établie par l'État québécois en cas de forage d'hydrocarbures, 500 mètres, soit haussée à deux kilomètres. Ces villes et villages représentent 3,5 millions de Québécois.
«J'ai le droit de rendre le règlement québécois plus sévère, au nom du bien public. La Ville de Montréal est d'accord avec nous; merci, Denis Coderre», signale François Boulay.
Gastem a vendu ses droits de forage à Ristigouche-Sud-est depuis 2013.