Dans une lettre qu'elle a fait parvenir à ses homologues provinciaux le 10 avril, la ministre Aglukkaq rappelle qu'Ottawa doit tenir compte des projets de provinces en plus de ses propres mesures pour respecter les exigences en matière de rapports découlant de la rencontre de Lima pour l'action sur le climat.

Réduction des GES: Ottawa veut connaître les intentions des provinces

Même s'il a lui-même failli à fournir ses cibles de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Nations unies avant le 31 mars, le gouvernement fédéral pousse les provinces à lui remettre rapidement leurs données sur le sujet.
Dans des lettres envoyées vendredi à ses homologues provinciaux, la ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, presse les provinces de lui envoyer davantage d'information sur leurs émissions de GES. Celles-ci doivent servir à renforcer les cibles nationales de réduction des GES, actuellement estimées par Ottawa sur la base des chiffres obtenus en 2014.
La ministre Aglukkaq a affirmé que le gouvernement fédéral voulait annoncer ses cibles avant la conférence des Nations unies sur le climat qui doit se tenir en décembre à Paris.
«La contribution devra être de portée nationale et refléter les actions prises par tous les ordres de gouvernement, avec des réductions d'émissions quantifiables après 2020», a-t-elle écrit dans ses lettres aux provinces.
Toutefois, à l'occasion du Sommet des Amériques à Panama, cette fin de semaine, le premier ministre Stephen Harper a plutôt mentionné que l'objectif était de dévoiler les cibles canadiennes de réduction des GES avant la prochaine réunion du G7, prévue en juin en Allemagne.
Le premier ministre a spécifié qu'il désirait connaître les résultats des discussions interprovinciales au sujet de la protection de l'environnement et du développement durable avant de dévoiler les cibles nationales de réduction des GES. La rencontre des provinces se tiendra mardi à Québec.
«Évidemment, nous irons de l'avant avec nos partenaires, pas seulement en annonçant des cibles, comme nous l'avons fait dans le passé, mais aussi en continuant d'appuyer le financement international de la lutte contre les changements climatiques», a dit Stephen Harper à la fin du Sommet des Amériques.
Samedi, le premier ministre a discuté des changements climatiques avec le président américain Barack Obama dans le cadre d'une rencontre privée. Il a toutefois mentionné que M. Obama ne lui avait pas demandé de prendre un engagement concernant les GES.
Les États-Unis se sont récemment engagés formellement à réduire leurs émissions de GES de jusqu'à 28 pour cent au cours de la prochaine décennie.
À une réunion des Nations unies sur le climat à Lima, au Pérou, en décembre, il avait été entendu que les pays «prêts à le faire» devaient s'engager formellement à réduire leurs émissions de GES avant la fin du mois de mars, ce que n'a pas fait le Canada.
Le Japon, l'Australie et la Chine ont également failli à fournir leurs cibles de réduction à temps. La ministre Aglukkaq estime toutefois qu'il ne s'agissait pas d'une date définitive.
Dans ses lettres aux ministres provinciaux de l'Environnement, Leona Aglukkaq a assuré que le Canada demeurait engagé à mettre en oeuvre «une approche réglementaire responsable secteur par secteur» alignée sur celles des principaux compétiteurs économiques du pays, dont les États-Unis.
«Par cette approche, nous avons déjà entrepris des actions concernant deux des plus grandes sources d'émissions canadiennes, les secteurs du transport et la production d'électricité», a écrit la ministre fédérale à son homologue britanno-colombienne Mary Polak.