À la mi-décembre, la route 132 a été arrachée par la mer en quatre endroits et fermée deux jours entre Tourelle et Manche-d'Épée.

Québec va lutter contre l'érosion

Lors de l'assermentation de Pierre Moreau, les premiers mots du premier ministre Philippe Couillard ont été pour l'Est-du-Québec, ébranlé par des tempêtes dévastatrices au cours du dernier mois. Un signal que Québec commence à prendre le problème de l'érosion au sérieux, se réjouissent des élus gaspésiens.
«On a tous été touchés par les images de destruction importante», a déclaré M. Couillard à la suite de la cérémonie. «Le gouvernement est au travail pour faciliter le traitement des demandes, répondre aux besoins et planifier les prochaines étapes.»
Sur l'érosion côtière, «nos équipes travaillent [...] pour trouver de nouvelles pistes de solution à plus long terme», a ajouté le premier ministre.
Pour Dario Jean, maire de Marsoui en Haute-Gaspésie, c'est le signal que le gouvernement «commence à prendre les élus de la Gaspésie au sérieux».
La menace de l'érosion côtière est évoquée depuis plus de 10 ans sur la péninsule. «Avant, c'était une fois de temps en temps. Aujourd'hui, c'est devenu récurrent, dit M. Jean. Il faut se préparer. La route 132 en Haute-Gaspésie, il va falloir la déplacer ou la protéger.»
À la mi-décembre, la 132 a été arrachée par la mer en quatre endroits et fermée deux jours entre Tourelle et Manche-d'Épée, une section qui inclut Marsoui. «Ce n'est pas rien, d'être isolés par un bris de route. Ça aurait pu avoir de graves conséquences», dit M. Jean.
Selon la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, la déclaration du premier ministre «vient confirmer l'excellente écoute» obtenue depuis les hautes marées conjuguées à de forts vents qui ont ravagé Percé le 30 décembre. 
Mme Minassian se réjouit d'entendre M. Couillard parler de «nous soutenir dans les prochaines étapes». «Il faut voir si l'action va suivre», dit-elle. La préfète exige une «voie rapide» pour trouver le bon modèle de protection contre l'érosion à Percé. Il reste «très peu de temps» avant le prochain hiver de tempêtes, argue-t-elle.
Intervention «pratiquement un mois» plus tard
«Que lui [Philippe Couillard] prenne les choses en main est une bonne nouvelle», dit le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre. «Ça montre que nos revendications de la semaine dernière ont porté fruit.»
Le député, appuyé par le Conseil national du Parti québécois, réclame une cellule de crise interministérielle pour garantir la sécurité des gens de l'Est-du-Québec en cas de catastrophe.
Du même souffle, M. Lelièvre relève que le premier ministre intervient «pratiquement un mois» après les premiers dommages survenus à la mi-décembre.
 «Je vais être encore plus actif pour surveiller les résultats», ajoute le député. Sans un ministre responsable de concerter les actions sur l'érosion, il craint que chaque ministère retourne travailler en silo.