La Ville de Québec aura à l’oeil les propriétaires d’un frêne. Nul ne pourra abattre un arbre, malade ou pas, ni disposer de ses résidus sans autorisation. Les contrevenants seront mis à l’amende.

Québec règlemente l’abattage des frênes

La Ville de Québec aura à l’oeil les propriétaires d’un frêne. Nul ne pourra abattre un arbre, malade ou pas, ni disposer de ses résidus sans autorisation. Les contrevenants seront mis à l’amende.

En décembre, la Ville annonçait 15 millions $ sur un minimum de 15 ans pour faire face à l’agrile du frêne, dont 700 000 $, dès cette année. On sait déjà que sa disparition est inévitable d’ici 20 ans, à moins de trouver un moyen de contrer l’insecte ravageur. La somme investie permettra d’étaler la mortalité, éviter des coupes massives et voir apparaître des rues dénudées de toute verdure. Principalement, l’injection prévue d’un biopesticide dans 25% des arbres permettra de prolonger leur durée de vie de 10 à 12 ans. 

La tâche est immense. Québec compte 13 000 frênes en alignement de rues et il y en a le double sur les terrains privés. C’est sans compter les frênes dans les parcs et les boisés du territoire.

Parallèlement, le comité exécutif a adopté jeudi un règlement pour contrôler la coupe des arbres et la disposition des résidus afin de contrer la dispersion des foyers d’infestation. Le seul foyer connu situé en haute ville est délimité à l’ouest par le chemin Saint-Louis, à l’angle du boulevard Laurier, jusqu’à la côte de la Fabrique à l’est.

«Le propriétaire d’un frêne, situé dans un foyer d’infestation identifié qui présente des signes ou des symptômes d’infestation à l’agrile du frêne, qui est mort ou dont 30 % et plus des branches sont mortes, doit procéder à son abattage», prévoit le règlement. 

Il est aussi possible d’abattre un arbre sain à l’intérieur comme à l’extérieur du foyer d’infestation, toujours après avoir obtenu un permis délivré gratuitement. «Ça va permettre de documenter la propagation de la maladie», explique Mireille Plamondon du service des communications de la Ville pour expliquer l’obligation d’obtenir un permis.

La coupe est interdite du 1er avril au 30 septembre, époque de l’année où l’insecte est actif. «On veut éviter qu’il s’envole et aille infester d’autres secteurs», précise Mme Plamondon. La coupe d’un frêne durant cette période est possible seulement s’il est dangereux pour la sécurité des personnes ou des biens ou qu’il nuit à un projet de construction autorisé.  Une fois coupé, l’arbre doit être déchiqueté sur place, toujours dans le but d’éviter le transport de bois atteint par la maladie. 

Enfin, l’élagage est autorisé d’avril à septembre seulement si les résidus sont déchiquetés sur place.

Le règlement donne à certains membres du personnel de la division de la foresterie urbaine et de l’horticulture le pouvoir de délivrer des constats d’infraction pouvant varier de 300$ à 4000$.

Mme Plamondon indique que la Ville fournira de plus amples informations aux citoyens au cours des prochaines semaines pour les éduquer au nouveau règlement.