Sur la rue Saint-Joseph, plusieurs des poubelles installées lors du projet-pilote ont perdu leur lustre. En plus de la rouille qui commence à ronger le métal, elles sont fréquemment la cible des vandales. Plusieurs d'entre elles sont décorées de graffitis. - Photos Le Soleil, Patrice Laroche

Prototypes de poubelles: un an de plus sur les trottoirs de Québec

Déjà que la Ville de Québec cherche depuis plus de trois ans un modèle de poubelles dont l'apparence et le format conviendront à l'environnement historique du Vieux-Québec, voilà maintenant qu'elle prolonge d'un an le projet-pilote mené sur 10 prototypes, a appris Le Soleil.
<p>Le prototype de poubelle n'a pas fait l'unanimité auprès des commerçants. Le format serait notamment trop petit et les gens auraient du mal à distinguer le réceptacle des déchets de celui des matières recyclables. </p>
En principe, une période de tests menée depuis octobre devait se terminer ces dernières semaines. L'objectif est d'évaluer 10 duos de réceptacles, un pour les déchets et l'autre pour les matières recyclables. Les 10 prototypes en métal gris et bleu ont été installés sur la rue Saint-Joseph dans Saint-Roch.
Mais la Ville ajoute maintenant 12 mois de tests. «On a décidé de prolonger jusqu'au printemps 2015 pour avoir un suivi sur toute une année», a indiqué Marjorie Potvin, porte-parole de la Ville de Québec pour les dossiers d'environnement.
Ce prolongement permettra de tester les poubelles pendant l'été, ce qui n'était pas prévu dans la longueur initiale du projet, d'octobre 2013 au printemps 2014.
La Ville a aussi donné un contrat pour analyser le contenu des poubelles. Cette première étude de caractérisation permettra de savoir si les gens distinguent bien les matières recyclables des déchets. D'autres analyses seront menées ponctuellement ces prochains mois. «On en prévoit trois en tout, a précisé Mme Potvin. Ça nous permettra de faire une moyenne et d'avoir quelque chose de représentatif.»
Une saga d'une décennie
Le projet pilote coûte 120 000 $. Cette somme inclut les poubelles et les études sur leur contenu. Le prolongement, dit-on à la Ville, ne coûtera pas plus cher car il n'oblige pas l'ajout de réceptacles.
Si le modèle convient après le projet-pilote, 1400 duos de réceptacles seront implantés sur quatre ans à raison de 350 par an sur le territoire de l'arrondissement La Cité-Limoilou.
En octobre, la Ville prévoyait installer les nouveaux modèles d'ici 2016.
Mme Potvin a indiqué dimanche que pour l'instant, l'échéancier est inchangé malgré le prolongement. Mais chose certaine, tout indique que l'implantation complète des nouvelles poubelles ne sera pas terminée avant 2020.
Il s'agit d'une longue saga pour trouver le modèle idéal. La Ville de Québec y travaille depuis 2011 et plus de 200 contenants utilisés un peu partout dans le monde ont été étudiés.
En mars 2012, le ministère de la Culture avait rejeté un modèle soumis, basé sur celui de Toronto. Le Ministère le trouvait incompatible avec l'aspect historique du Vieux-Québec.
Exaspéré par les tergiversations du Ministère, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait même ironisé en lançant en mars 2012 le «concours» Dessine-moi une poubelle, demandant aux citoyens de lui soumettre leurs idées.
Commerçants concernés
À la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville, la directrice Catherine Raymond a appris par un appel du Soleil le prolongement du projet-pilote.
Elle admet que les commerçants de la rue Saint-Joseph ont signalé certains problèmes quant aux poubelles testées ces derniers mois. «Le format pas idéal. On trouve qu'elles ne contiennent pas beaucoup et qu'elles débordent souvent», a-t-elle indiqué. Elle souligne toutefois que les gens semblent bien distinguer les matières recyclables des déchets. «Les gens les utilisent, ça, on le sait», a-t-elle dit.
Les «vrais» matériaux pas encore testés
Les 10 prototypes de réceptacles pour les déchets et le recyclage installés sur la rue Saint-Joseph n'ont pas toujours bonne mine.
Une tournée du Soleil a permis de constater que pratiquement tous les duos de poubelles utilisées pour le projet-pilote qui se poursuit jusqu'au printemps 2015 ont été la cible de graffitis. Les socles de plusieurs poubelles sont oxydés ou tordus et certains devants des contenants sont détachés neuf mois après leur installation.
Mais il n'y a pas de quoi s'inquiéter, assure la porte-parole de la Ville de Québec, Marjorie Potvin. La raison : les matériaux testés ne sont tout simplement pas les vrais.
Fabriquer un moule pour tester les véritables matériaux des futures poubelles aurait coûté trop cher, a-t-elle expliqué.
«Présentement, les prototypes sont en métal, mais ceux qui seront produits par la suite seront en plastique et en aluminium. Donc ça ne rouillera pas», a-t-elle assuré.
«Pour la quantité qu'on a commandé pour les tests, on n'a pas fait produire de moule. Ce ne sont pas les matériaux finaux.»
De toute façon, a-t-elle poursuivi, le projet-pilote ne vise pas à tester les matériaux, mais surtout le design des poubelles et l'usage qu'en font les passants. «On teste la forme et on veut voir si les gens comprennent ce qui va au bon endroit», a-t-elle conclu.  
<p>La Ville de Montréal est aussi en quête de la poubelle idéale. Quelque 14 conteneurs à déchets d'une capacité de 300 à 5000 litres ont été installés mercredi pour un projet-pilote dans l'arrondissement de Ville-Marie, au centre-ville. </p>
La Ville de Montréal est aussi en quête de la poubelle idéale. Quelque 14 conteneurs à déchets d'une capacité de 300 à 5000 litres ont été installés mercredi pour un projet-pilote dans l'arrondissement de Ville-Marie, au centre-ville. Une bonne partie des poubelles est enfouie dans le sol, indiquait La Presse cette semaine. En permettant plus de stockage, ce type de poubelles réduit les odeurs et permet une collecte de déchets moins fréquente, ce qui pourrait se traduire par des économies. Si le projet s'avère concluant, l'arrondissement installera des réceptacles du genre sur tout son territoire. Dans l'arrondissement de Lachine, une trentaine de conteneurs du genre sont installés depuis 2009, précisait aussi l'article de La Presse.