La Ville de Québec achète les installations du garage Automobiles St-Charles dont les actuels propriétaires seront responsables de faire le ménage.

Protection de l’eau potable: la Ville de Québec débloque 1,9 M$ pour fermer un garage

Jugeant les activités du garage Automobiles St-Charles dangereuses pour la principale prise d’eau potable de Québec, la mairie a débloqué 1,9 million $ «plus les taxes applicables» pour que les propriétaires mettent fin à leurs activités de mécanique et d’entreposage de véhicules accidentés.

«La rivière Saint-Charles circule très près du terrain», fait remarquer la conseillère en communication Isabelle Petit, au sujet du commerce planté au 513, rue Roussin. Et la station de pompage municipale, source d’eau potable de près de 300 000 citoyens des villes de Québec, L’Ancienne-Lorette et Wendake, se trouve à quelques kilomètres en aval.

«De plus, un cours d’eau longe le terrain et celui-ci se draine par la suite dans la rivière», ajoute Mme Petit, soulignant en outre que le garage «est en zone inondable réglementée». 

L’environnement en souffre : «Les activités sur ce terrain, soit l’entreposage de carcasses de voiture à ciel ouvert ou encore le démontage des pièces, génèrent des polluants importants [comme les hydrocarbures] se drainant vers la prise d’eau.»

Risque important

Le risque de contamination serait important. Sur le Web, l’entreprise se vante d’ailleurs d’avoir «plus de 1000 véhicules accidentés» en stock. Tous conservés derrière le garage et sur le lot voisin.

«En raison de la localisation du terrain et de la volonté de la Ville de protéger la qualité de l’eau dans ce bassin versant», les autorités ont donc décidé de mettre la main dessus. D’autant plus que les propriétaires voulaient s’en départir. 

La mairie n’avait pas prévu cet achat à court terme, mais la mise à vente a précipité la décision. «La propriété est occupée par une entreprise de recyclage automobile et de ferraille», note-t-on dans un document expliquant la transaction. «L’acquisition de ce site est une opportunité considérant que ce terrain a été jugé hautement prioritaire pour la protection de la prise d’eau de la rivière Saint-Charles.»

Voilà pourquoi la mairie a accepté de payer nettement plus que la valeur inscrite au rôle municipal, soit 561 000 $.

«Les parties se sont entendues sur la base d’un rapport d’évaluation réalisé par une firme externe pour l’immeuble et d’une expertise comptable externe pour la valeur de l’entreprise […], pour une somme totale de 1900 000 $, plus les taxes applicables», détaille-t-on dans le document récemment diffusé. Le montant est ainsi divisé : «Une somme de 1200 000 $, plus les taxes applicables, pour l’immeuble et une somme de 700 000 $, plus les taxes applicables, pour les dommages au locataire à la suite de la cessation des opérations et le nettoyage complet du site.»

Car les propriétaires sont responsables de faire le ménage. Au cours de l’hiver, «ils sortiront l’ensemble des voitures et ils démoliront le bâtiment», note Isabelle Petit. «En parallèle, la Ville caractérisera les sols en place. Ceci permettra d’évaluer le projet le plus pertinent à réaliser en fonction de la présence ou non de contaminants.»