Le rapport produit par le ministère de la Culture concernant le développement immobilier dans le boisé Woodfield remis au ministre de la Culture Maka Kotto soutient que le projet est beaucoup trop volumineux pour assurer la préservation du boisé qui participe au caractère paysager historique du cimetière.

Projet Woodfield: la CCNQ fait «fausse route», selon les opposants

La Commission de la capitale nationale (CCNQ) fait «fausse route» en jugeant de la valeur patrimoniale du boisé du cimetière Saint-Patrick sans tenir compte de son environnement, disent les opposants au projet Woodfield.
L'avis préliminaire de la CCNQ obtenu par Le Soleil qui évalue à «faible» la valeur patrimoniale du boisé où la construction de 74 condos a été autorisée par Québec ne fait pas l'affaire de tous.
«La faiblesse de leur interprétation est qu'ils prennent un élément isolé sans tenir compte qu'il fait partie d'un tout», déplore Johanne Elsener, présidente du groupe Héritage Québec. «On ne peut pas évaluer chaque section sans son rôle de composition avec les autres.»
Le professeur en sciences forestières de l'Université Laval Jean Bousquet s'explique aussi mal que l'analyse ait été faite sans tenir compte de «l'unité de paysage». «On ne peut pas analyser le boisé en disant simplement : il y a tant de mètres cubes de bois, il ne vaut pas plus que ça», plaide-t-il.
Il s'étonne que le boisé Woodfield «ne présente aucun caractère distinctif ou exceptionnel» pour la CCNQ. Dans le livre Nos champions, les arbres remarquables de la capitale, publié en collaboration avec la CCNQ, une visite du boisé est pourtant l'une des premières excursions suggérées, fait-il valoir.
«Moi, je me demande où la CCNQ a pêché son analyse que c'est un boisé ordinaire, alors même que ses propres études indiquent qu'il y a là une des plus importantes concentrations d'arbres remarquables à Québec», affirme M. Bousquet.
Division actuelle
À la CCNQ, le porte-parole Gilles Émond explique que l'organisme s'est basé sur la division actuelle des terrains pour élaborer son avis, à la demande du ministère de la Culture. «On fonctionne avec les faits, dit-il. Les faits, c'est qu'il y a eu des lotissements. Notre mission est d'aménager des parcs et d'embellir la capitale. [...] Le boisé Woodfield, on juge que ça n'a pas une grande valeur patrimoniale.»
Par ailleurs, la présidente d'Héritage Québec compte suivre avec attention le déroulement de la poursuite des propriétaires des immeubles Jardins de Coulonge pour invalider l'autorisation de construire dans le boisé. Le jugement permettra de voir si le Plan de conservation de Sillery pose une limite au pouvoir discrétionnaire du ministre de la Culture, soutient Johanne Elsener.