Comme à l'automne 2012, des résidants de Limoilou ont trouvé de la poussière rouge sur leurs biens à l'extérieur.

Poussière rouge: un avis d'infraction pour Arrimage Québec

Le ministère de l'Environnement du Québec a transmis un avis d'infraction à Arrimage Québec pour avoir émis des contaminants dans l'environnement, soit de la poussière rouge dans le fleuve Saint-Laurent, deux jours avant que des citoyens de Limoilou ne se plaignent d'un voile de même couleur sur leurs maisons et leurs autos.
Le jeudi 9 janvier, deux enquêteurs du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) se sont rendus au quai 53 du port de Québec, dans le secteur de Beauport, après le signalement de dépôts poussiéreux sur des blocs de neige en bordure du fleuve.
Les enquêteurs ont établi que les résidus provenaient d'activités de transbordement d'Arrimage Québec, qui manipulait alors des boulettes de fer. «C'était clair que ça venait de là, ça partait du quai et ça s'étalait jusque sur la banquise. Il n'y a pas de doute là-dessus», a expliqué jeudi matin Frédéric Fournier, porte-parole régional du MDDEFP.
Un avis de non-conformité a donc été envoyé le mercredi 15 janvier à Arrimage Québec pour avoir émis un contaminant dans l'environnement et ne pas avoir avisé immédiatement le Ministère. Une enquête est en cours pour déterminer ce que contenait cette poussière et comment elle s'est répandue. L'entreprise s'expose à une sanction administrative pouvant aller jusqu'à 10 000 $.
Le MDDEFP ne peut faire de lien pour le moment entre cette traînée de poussière rouge et les dépôts semblables trouvés sur les rebords de fenêtres, les autos et la neige à plusieurs endroits du quartier Limoilou. À la suite d'une plainte déposée le samedi 11 janvier, des échantillons ont été récoltés et sont présentement sous analyse. Il faudra quelques semaines pour obtenir les résultats.
Arrimage Québec a nié lundi toute responsabilité dans ce nouvel épisode de poussière rouge. Sa vice-présidente aux communications, Johanne Lapointe, a affirmé que les capteurs de la compagnie installés en basse ville n'avaient pas permis de confirmer une dispersion. Elle a évoqué la visite du 9 janvier, mais pour dire qu'il s'agissait d'un événement mineur et que la poussière était gris-noir et non rouge.
«De loin et en couche plus épaisse, la poussière paraissait noire, mais de près elle était bel et bien de couleur rouge rouille», a précisé jeudi Frédéric Fournier.
Données d'Arrimage exigées
Dans son avis de non-conformité, le MDDEFP demande à Arrimage Québec de lui remettre derechef les données comptabilisées par ses capteurs de poussières à l'intérieur comme à l'extérieur des limites du port de Québec et exige un plan de mesures correctives. Le Ministère s'intéresse également aux lectures faites par ses propres équipements à la station de mesure de la qualité de l'air Des Sables.
Arrimage Québec a répondu par la bouche de ses avocats, jeudi. «Encore une fois, notre cliente est d'avis que la surveillance environnementale de ses activités de débardage, opérations et installations ne relève pas de la juridiction du MMDEFP, mais de celle du gouvernement fédéral, par l'entremise d'Environnement Canada et de l'Administration portuaire de Québec», peut-on lire dans la lettre adressée au Ministère.
Néanmoins, l'entreprise se dit prête à collaborer. Elle demande des précisions sur la nature du contaminant évoqué dans l'avis de non-conformité et sur les faits qui lui sont reprochés. Une fois ces informations en main, elle communiquera sa position.
Anick Métivier, porte-parole du Port de Québec, a pour sa part qualifié de «mineure et de courte durée» la dispersion du 9 janvier, qui n'était «pas en direction de la communauté». Il assure qu'Environnement Canada a été avisé de l'incident et que des fonctionnaires fédéraux se sont pointés sur place le jour même.
Si elle se désole d'avoir encore des poussières potentiellement toxiques autour de chez elle, Véronique Lalande, porte-parole du groupe Vigilance Port de Québec, s'est réjouie que d'autres citoyens dénoncent les situations qui leur apparaissent douteuses. «Tout le monde, le Port, le maire [de Québec], a dit que c'était réglé et que s'il y avait un autre événement, on durcirait le ton. Ben nous, on s'attend à ce que ça durcisse le ton», a-t-elle ajouté.