Port de Québec: des citoyens craignent un feu de réservoir

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil
Les rares citoyens s'étant déplacés pour assister à une séance d'information du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), mercredi soir, se sont inquiétés des risques d'incendie et de contamination liés à l'ajout de sept mégaréservoirs de produits pétroliers dans le port de Québec.
Érigés en 2007 et en 2008, ces réservoirs gérés par IMTT- Québec servent à l'entreposage de méthanol, d'essence, de diesel et de carburant pour les avions (jet fuel). Au moment de la construction, le promoteur avait obtenu une approbation préalable pour agrandir son terminal de vrac liquide auprès de l'Administration portuaire de Québec (APQ). Il n'avait toutefois pas demandé d'autorisation provinciale. Le processus actuel, une exception, puisque les travaux sont déjà réalisés, cherche à régulariser cette situation.
Dans son étude d'impact sur l'environnement, IMTT-Québec a recensé très peu d'effets négatifs réels ou potentiels. Il y a bien quelques dépassements des seuils d'odeur «pendant quelques minutes à de rares occasions», a expliqué le consultant Jacques Bérubé, mais rien qui puisse affecter la santé. Il a comparé le désagrément à celui ressenti quand on fait le plein d'essence. Il y a aussi eu quelques «déversements ponctuels» des produits manutentionnés, convient IMTT-Québec, mais dans des aires protégées et étanches. Tout est ramassé prestement et traité, incluant les eaux de pluie, assure la compagnie.
Quant aux risques d'accidents, ils seraient «extrêmement faibles». Le rayon dans lequel les effets d'une explosion ou d'un incendie majeur se feraient sentir n'inclut pas de résidences. Le seul scénario susceptible d'affecter le quartier Maizerets est celui où des vapeurs de méthanol seraient poussées vers les maisons par un vent nord-nord-ouest, lequel souffle environ 5% du temps. Y allant d'une autre image, M. Bérubé a comparé la concentration dans les premières habitations au renversement d'une bouteille de combustible à fondue dans la cuisine.
Six personnes présentes
La demi-douzaine de citoyens présents mercredi soir au Centre Mgr-Marcoux, dans Limoilou, n'étaient pas entièrement rassurés. Jean Lacoursière, d'Accès Saint-Laurent, s'est inquiété du sort des utilisateurs de la plage de la baie de Beauport advenant une catastrophe. Marc Dulude, vice-président directeur d'IMTT-Québec, a assuré que le plan d'urgence prévoyait des moyens de les évacuer. L'aménagement d'une nouvelle voie d'accès par l'avenue D'Estimauville, discutée depuis des années avec la Ville de Québec, faciliterait toutefois l'entrée des pompiers et la sortie des plaisanciers en cas d'urgence.
Marcel Paré a pour sa part fait valoir que l'APQ a autorisé la construction des réservoirs - que personne n'ambitionne de démanteler maintenant -, alors qu'elle est «juge et partie dans l'affaire» puisque IMTT-Québec est son locataire. «Oui, ce sont les mêmes produits qu'avant qu'il y a dans les réservoirs, mais si on augmente le tonnage, on augmente nécessairement les risques, et ça n'apparaît nulle part», a ajouté Mario Villeneuve.
La période de consultation du public par le BAPE se termine le 22 juin. Le ministre de l'Environnement décidera par la suite s'il est nécessaire de tenir une audience publique en bonne et due forme.