La vidéo diffusée dans Internet montre un ruisseau où coule une eau vert fluorescent.

«Polluant» vert fluo: la vidéo dans Internet était une fausse alerte

Une vidéo diffusée sur Facebook la semaine dernière laissait croire qu'une entreprise de Baie-Comeau, Béton Comeau, laissait couler dans l'environnement un polluant de couleur vert fluo. Il s'agissait en quelque sorte d'une fausse alerte, mais l'entreprise n'était pas blanche comme neige pour autant.
La vidéo diffusée montre un ruisseau où coule une eau vert fluorescent. En remontant vers la source, le vidéaste constate que le tuyau provient de chez Béton Comeau, à l'intersection des routes 138 et 389. Plusieurs internautes se sont alors déchaînés, accusant l'entreprise de polluer l'environnement.
Le vert fluo était plutôt de la fluorescéine, un traceur utilisé par le ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la Lutte contre les changements climatiques dans ses inspections de conformité, a signalé le porte-parole du Ministère, Frédéric Fournier.
Le Ministère réalisait «une inspection de routine», a assuré M. Fournier. Toutefois, les tests ont permis de relever des matières en suspension dans le tuyau de rejet provenant de chez Béton Comeau. «Ce type de rejet n'est pas autorisé par le Ministère. On a donc demandé à l'entreprise d'arrêter immédiatement, ce qui a été fait», a soumis le porte-parole, qui ne connaissait cependant pas encore la nature des rejets.
«Ça peut être aussi banal que du sable qui trouble l'eau, mais ça n'a tout de même jamais été autorisé par le Ministère», a-t-il ajouté. L'entreprise devrait donc recevoir un avis de non-conformité en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement.
La fluorescéine, rapidement biodégradable, frappe toutefois l'oeil. «C'est particulier à voir, je comprends les réactions», a soutenu Frédéric Fournier, qui indique que certaines directions régionales du Ministère avisent citoyens et entreprises d'un secteur donné lorsqu'elles font des tests, mais elles ne sont pas obligées de le faire. M. Fournier a cependant convenu qu'une signalisation lors de pareils tests «éviterait d'alarmer les gens».
Chez Béton Comeau, le président-directeur général Normand Savard a préféré ne pas accorder d'entrevue. Il a néanmoins déclaré au Soleil qu'il examinerait le dossier avec ses procureurs et «peut-être que celui qui a publié ça va avoir des problèmes. On ne peut pas dire n'importe quoi sur Facebook ou ailleurs sur Internet», a lancé l'homme d'affaires.
Lien pour la vidéo : goo.gl/inV3rn
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