Hydrocarbures Anticosti a reçu les autorisations nécessaires pour procéder à trois forages par fracturation hydraulique sur l'île d'Anticosti.

Pétrolia pourra forer sur Anticosti

Hydrocarbures Anticosti pourra procéder à trois forages par fracturation hydraulique sur l'île d'Anticosti. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques vient finalement de lui délivrer les autorisations requises.
Les fonctionnaires «feront ce qu'on leur dira» quant à la délivrance ou pas de ces certificats d'autorisation, avait déclaré le premier ministre Philippe Couillard en février après avoir vertement dénoncé le projet.
La délivrance de ces autorisations au consortium Hydrocarbures Anticosti, dont Pétrolia est l'opérateur, «fait suite à une analyse rigoureuse», assure le ministère du Développement durable.
Les forages par fracturation hydraulique s'effectueront conformément à toutes les exigences environnementales découlant notamment de la Loi sur la qualité de l'environnement et de ses règlements ad hoc, fait-il valoir.
Le Ministère note que des consultations publiques ont été tenues auprès des populations locales. Il enverra des représentants sur place lors des forages.
Ceux-ci ne s'effectueront toutefois que durant l'été 2017. L'entreprise a reporté sa campagne à l'an prochain en raison des délais relatifs à la délivrance des certificats d'autorisation, délais dont s'est plaint le pdg de Pétrolia, Alexandre Gagnon.
Excédé de voir le gouvernement dénoncer le projet et lui mettre, selon lui, un maximum de bâtons dans les roues, M. Gagnon a récemment quitté son poste de porte-parole d'Hydrocarbures Anticosti.
Couillard demeure opposé
Malgré la délivrance de ces certificats, le gouvernement de Philippe Couillard demeure opposé à toute éventuelle exploitation d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.
Depuis décembre, depuis le sommet sur les changements climatiques tenu à Paris, M. Couillard a multiplié les sorties pour se dissocier du contrat ratifié par le gouvernement de Pauline Marois tout juste avant les dernières élections générales.
Il est bon que les fonctionnaires responsables du dossier connaissent l'orientation gouvernementale, avait dit le premier ministre pour justifier sa déclaration sur le fait que ceux-ci feraient ce que le gouvernement veut - qu'ils ne délivreraient donc pas les certificats d'autorisation. Ils les ont finalement délivrés.
«Si je restais passif devant une telle agression envers un milieu naturel du Québec, on me blâmerait d'être au service de l'industrie pétrolière», avait laissé tomber M. Couillard, qui a dit craindre un saccage de cette île du golfe du Saint-Laurent.