Pétrolia est prête à forer Haldimand n° 4, à Gaspé, depuis janvier 2013.

Pétrole et eau potable: Gaspé s'impatiente

Pendant que le gouvernement Marois se lance dans la prospection pétrolière, le maire de Gaspé durcit le ton. «On est tannés de patcher les trous que le gouvernement ne peut pas remplir», a lancé Daniel Côté, impatient que Québec adopte un règlement sur l'eau potable.
Le maire réagissait au jugement de la Cour supérieure qui donne raison à Pétrolia et invalide le règlement de Gaspé sur les distances à maintenir entre les forages et les sources d'eau potable. Cette législation empêche le forage du puits d'exploration Haldimand n° 4.
Le règlement perdra force de loi quand le délai dont dispose la Ville pour interjeter appel expirera, le 12 mars. Le gouvernement doit agir d'ici là, croit Daniel Côté, et plus tôt s'il compte partir en campagne électorale entre-temps.
Le gouvernement dispose de plusieurs solutions, estime le maire. Québec peut adopter son règlement provincial sur l'eau potable, dont une première version a été publiée en mai.
«Si certaines parties ne font pas l'affaire des agriculteurs, on retire ce volet et on adopte le reste», propose M. Côté, qui a eu vent «d'irritants» dans le milieu agricole.
Le ministre de l'Environnement a également le pouvoir d'approuver le règlement de Gaspé et d'ainsi le valider, ajoute le maire. «Ce serait simple, rapide et efficace.»
Étendre le Moratoire
«Le gouvernement pourrait aussi nous rassurer en étendant à Haldimand le moratoire sur la fracturation [imposé dans les Basses Terres du Saint-Laurent].» M. Côté serait «peut-être capable» de vivre avec le forage Haldimand n° 4, situé à 350 mètres de maisons, si on lui donne cette garantie.
Si Québec n'agit pas, le maire Côté ne sait pas quelle suite il donnera au jugement. «[Un appel], ça nous tente pas pantoute d'en arriver là.» D'un autre côté, il dit ne pas vouloir «laisser tomber la population», qui pourrait se retrouver sans la protection d'un règlement sur l'eau potable.